"EMBARGO RUSSE" et autres mesures

https://www.rfi.fr/fr/europe/20210507-sanctions-la-russie-menace-les-quatre-grands-de-l-audit

Sanctions: la Russie menace les «Quatre Grands» de l’audit

07/05/2021 

Le Kremlin, résidence officielle et lieu de travail du président de la fédération de Russie, sur la place Rouge à Moscou.

La Russie pourrait interdire à certaines de ses entreprises de recourir aux services des « Quatre Grands » occidentaux de l’audit. Une mesure qui doit encore être précisée, mais qui pourrait à terme réduire la capacité de pression des États-Unis.

 

La nouvelle a circulé la semaine dernière dans certains journaux économiques, partagés entre interrogation et inquiétude : le gouvernement russe a décidé de limiter l’accès de certaines de ses entreprises aux firmes d’audit étrangères. Le décret N°622, daté du 19 avril, limite leur accès à des pans entiers du secteur de la finance ainsi qu’à l’ensemble de l’industrie de défense.

«Il s’agit de réduire l ’accès des grandes sociétés d’audit comme Deloitte, KPMG, EY et PwC aux audits des banques, des organismes de crédit, des fonds de pension privés, résume Ayaz Aliev, chercheur associé à l’université d’économie Plekhanov de Moscou, dans les colonnes du journal Vedomosti. C’est une décision douloureuse pour les auditeurs internationaux étrangers, qui vont perdre la majorité de leurs clients, de leurs revenus et des informations qu’ils avaient accumulées. »

Ces quatre sociétés, souvent appelées les « Quatre Grands » (Big Four) du fait de leur stature mondiale et des dizaines de milliards de dollars de chiffre d’affaires qu’elles accumulent chaque année, ont chacune une filiale en Russie. Pour une entreprise qui veut se déployer sur le marché global et emprunter à cette échelle, la validation de leurs comptes et de leurs pratiques financières est un sésame indispensable. L’expertise de ces leaders, qui siègent au Royaume-Uni, et à Amstelveen aux Pays-Bas pour KPMG, reste très largement reconnue, sinon incontournable.

 

« Pas près de fermer »
Aucune de ces filiales russes n’a donné suite à nos questions. Toutes font profil bas sur le sujet et ignorent les questionnements de la presse. Un associé, au sein de l’une de ces filiales, a tout de même accepté de répondre, sous condition d’anonymat. Comment a été accueillie l’annonce dans sa société ? « Très bien, il n’y a rien d’anormal là-dedans, assure-t-il. Pour se protéger des sanctions américaines, [le gouvernement russe] a autorisé ces entreprises à ne plus publier certaines informations, pour éviter que les Américains s’en servent. »


Cet auditeur étranger, basé en Russie de longue date, dit n’avoir aucune inquiétude. Il s’agit surtout, pour lui, d’éviter d’exposer de grandes entreprises russes à l’œil inquisiteur de Washington. Car si la transparence favorise les échanges financiers internationaux, sous l’impulsion de grandes institutions comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ces bonnes pratiques permettent d’en savoir beaucoup sur les entreprises et sur ceux qui contribuent à les financer.

L’annonce de ce décret survient en effet moins d’une semaine après celle, par les États-Unis, d’une nouvelle batterie de sanctions destinées à répondre à des « activités nuisibles » de la Russie, dont une vague de cyberattaques attribuées à Moscou. Parmi les 32 cibles de cette mesure, beaucoup d’individus et d’entreprises liés au renseignement et médias d’influence russes. Le décret américain menace tout acteur qui financerait l’une des entités concernées : les informations des sociétés financières russes sont donc précieuses pour repérer de tels échanges.

 

« C’est la troisième ou quatrième fois que ça arrive », relève notre auditeur international basé en Russie. Par le passé, les États-Unis et l’Union européenne ont déjà placé des sanctions sur des entreprises stratégiques russes, dont des banques, les géants de l’énergie et plusieurs fabricants de matériel militaire. A chaque fois, le porte-monnaie a été visé, principalement en réponse à l’invasion de la Crimée, en 2014.

Les investissements contre les sanctions
« Une telle mesure n’a pas d’intérêt pour la Russie, si ce n’est de faire des contre-sanctions », confirme Philippe Pelé Clamour, professeur adjoint à HEC Paris et fin connaisseur de la Russie. Pour lui, comme pour de nombreux autres observateurs, il va surtout falloir surveiller la façon dont ce décret est exécuté et dans quelle mesure il est assorti d’un régime d’exceptions. D’autant plus que la majorité des grandes entreprises ont bouclé leurs exercices d’audit pour cette année et que ce n’est qu’en 2022 que l’on pourra réellement voir des résultats.

L’annonce gouvernementale reste en réalité à traduire en mesures techniques, concrètes. « Le projet de loi n’a pas encore été élaboré, explique le ministère des Finances russe à RFI. Une proposition visant à introduire une réglementation appropriée est actuellement en discussion. » Les discussions se poursuivent au plus haut niveau, notamment sur la « faisabilité d’un tel projet ». Le champ des possibles reste largement ouvert, de mesures réellement contraignantes… à un simple effet d’annonce.

« S’il y avait peu d’exceptions à ce décret, les entreprises d’audit pourraient tout simplement reconfigurer leur business model, estime Philippe Pelé Clamour. L’audit n’est qu’une activité parmi d’autres et pas forcément la plus rentable. » En réalité, les « Quatre Grands » ne sont pas une cible pour Moscou, qui a tout intérêt à ce que ces filiales locales, très majoritairement dirigées par des ressortissants nationaux, poursuivent leurs activités et leur développement.

C’est d’ailleurs le sentiment de notre auditeur étranger, cité plus tôt : « Les Russes laissent les investisseurs étrangers investir en Russie. Ils utilisent les investissements contre les sanctions. » Les entreprises préfèrent en général éviter de se mêler du bras de fer stratégique entre Washington et Moscou. Plutôt que de choisir un camp, elles préféreront probablement accepter quelques transitions sur la transparence financière. L’important est de poursuivre les échanges. « Il y a le temps et la parole des Etats, rythmés par les élections, et puis il y a le temps long des entreprises », conclut Philippe Pelé Clamour.

 

RUSSIE / "Sanctions Agro" (pays visés : ceux qui ont adopté les sanctions à l'encontre de la Russie (crise Ukraine/Crimée)

En 2014 : la Russie a imposé l'embargo alimentaire contre les pays de l'UE, les Etats-Unis, l'Australie, le Canada et la Norvège...

 

Le 13 août 2015 / Liste élargie  : les États visés par cet embargo sont désormé les États-Unis, les membres de l’Union européenne, la Norvège, l’Australie,  le Canada,

+ 5 : l’Albanie, l’Islande, le Liechtenstein,  l’Ukraine et le Monténégro 

Il y a quelques mois, j'ai écrit "On dirait que dans l’esprit enfantin des humains, les lois, les interdictions, les prohibitions et les sanctions n'existent que pour… les contourner. Encore un jeu excitant et, bien évidemment, qui peut apporter gros.

Le fait que "tout le monde" ne peut pas gagner n’a jamais arrêté les « chasseurs des trésors » !"

et... bah ! je suis très en retard dans mon attitude "respet des régles" !

En fait, tout le monde ne jure que par Instex... qui est par exellence une demarche de "contournement" des sanctions américaines...

14/03/2019  : "La Russie gagne le jeu des sanctions"... même si les russes manquent cruellement du vrai parmesan...

C'est un résumé (certes, un peu simplet) de l'article qui suit.

Je trouve toujours très intéressant de suivre le périple des raisonnements des personnes très différentes : cela permet d'enrichir notre propre opinion sur le positionnement des tous les "acteurs". De répondre à nos "mais à quoi coptaient-ils en faisant cela ?" et " sérieux ? ».

Néanmoins, quelques remarques :

-l’auteur sous-estime (quand-même !) des nombreuses difficultés et pénuries dont fait la Russie ;

- parmi ces pénuries, je ne comptabilise pas « le problème du Parmesan » - on n’est pas en Italie ! – et ce fromage ne fait pas partie du panier d’un consommateur russe « moyen ».

A noter :

- « Le blé russe est en moyenne de moins bonne qualité que leurs homologues occidentaux (11,5% de protéines par rapport à 13,5% de blé américain)’, mais « la baisse des prix du blé en Russie semble constituer un compromis pour une qualité moindre… »

- « L'année dernière, l'Allemagne et les Pays-Bas ont vendu pour 650 millions de dollars d'équipement agricole à la Russie ».

14 mars 2019 : La Russie gagne le jeu des sanctions

 

/ OPINION de Judy Twigg, professeure de sciences politiques à la Virginia Commonwealth University... Elle consulte régulièrement la Banque mondiale, le gouvernement des États-Unis et d'autres agences...

(NB : traduction Google : original est en Anglais.)

https://nationalinterest.org/blog/skeptics/russia-winning-sanctions-game-47517

Ces sanctions étaient censées punir les élites de Moscou, mais elles ont au contraire stimulé le développement économique et le patriotisme.

Le débat actuel sur les sanctions contre la Russie porte sur le ciblage et la portée. Sommes-nous en train de punir les personnes dont nous voulons le plus changer le comportement? Les responsables de la création du chaos en Ukraine et en Crimée, des attaques téméraires contre Sergei Skripal et d’autres, et de l’ingérence aveugle dans les élections occidentales sont-ils douloureux? Pouvons-nous blesser les élites russes d'une manière que Poutine remarquera? En avons-nous assez fait?

Toutefois, dans au moins un secteur, les sanctions constituent un cas d'école aux conséquences inattendues: elles ont mis les agriculteurs russes dans la meilleure forme qu'ils aient jamais été. Des contre-sanctions visant les produits alimentaires occidentaux importés - mises en vigueur quelques jours à peine des sanctions initiales imposées à l'été 2014 - ont initialement poussé les consommateurs russes dans une situation désespérée, affamés par le manque d'alternatives immédiates aux délicieux fromages et aliments transformés européens. Mais les palais se sont rapidement adaptés et les effets de substitution aux importations ont permis à la Russie, d’ici à 2016, de devenir le premier exportateur de blé au monde. Alors que les États-Unis souffrent d'hémorragie de la part du marché agricole mondial générée par les tarifs douaniers et les guerres commerciales de l'ère Trump, la Russie comble activement et de manière décisive cet écart.Publicité

Au début de 2014, à la suite de l'annexion illégale de la Crimée par la Russie et de son implication continue dans les soulèvements séparatistes dans l'est de l'Ukraine, les États-Unis, l'Union européenne et plusieurs autres pays occidentaux ont imposé des sanctions. Tout au long de l'année 2014, ces mesures ont progressé, passant de la diplomatie (limites aux réunions et entretiens préalablement programmés) aux restrictions concernant des individus et des organisations spécifiques (interdictions de visa ciblées et gels d'avoirs), et enfin, en juillet et septembre, à des restrictions.sur les secteurs financier, de la défense et de l'énergie de la Russie. Ce dernier a limité l'accès aux marchés des capitaux et aux prêts à faible taux d'intérêt, a imposé un embargo sur les armes et l'interdiction d'exporter des biens à double usage vers des clients militaires et d'interdire l'exportation de technologies extractives innovantes (une autorisation spéciale est requise pour toutes les autres exportations liées à l'énergie) . Depuis 2014, les sanctions ont été maintenues et renforcées, mais elles sont restées dans ces catégories.

En août 2014, la Russie a pris des mesures compensatoires visant à interdire certains produits alimentaires importés des États-Unis et de l'UE. Les aliments concernés comprenaient le bœuf, la volaille, le poisson / fruits de mer, les fruits / légumes, les noix, le lait et les produits laitiers, le fromage et un large éventail d’aliments transformés et préparés. L'interdiction était large et concernait à la fois les produits de base et les articles de luxe. Il a touché de nombreux aliments pour lesquels la Russie dépendait le plus des importations, et son étendue géographique (la gamme de pays qu’elle couvre) a rendu difficile la compensation complète des pénuries en augmentant les importations en provenance de pays non sanctionnés.

L'impact

La Russie ressentait tout le spectre des sanctions de trois manières immédiates : une volatilité accrue sur les marchés des changes, entraînant une dépréciation importante du rouble et des pressions inflationnistes en résultant; accès restreint aux marchés financiers; et consommation et investissement déprimés. Les importations ont chuté au troisième trimestre de 2014. La forte chute des prix mondiaux du pétrole au quatrième trimestre de 2014 a probablement eu des effets encore plus profonds sur l'économie russe que les sanctions et les contre-sanctions. À la fin de 2014 et au début de 2015, les prix du pétrole avaient jusqu'ici chuté (passant de 100 dollars le baril au deuxième trimestre de 2014 à moins de 60 dollars à la fin de 2014 et encore plus au deuxième semestre de 2015), les recettes d'exportation de la Russie ayant été réduites d'un tiers. Et les sanctions financières ont signifié que la Russie ne pouvait pas atténuer la chute du prix du pétrole en empruntant de l'argent.

Dès le départ, les contre-sanctions ont touché chaque année 9,5 milliards de dollars de denrées alimentaires, couvrant près d'un dixième de la consommation alimentaire totale en Russie et un quart des importations de produits alimentaires. Avant les contre- sanctions, la production nationale couvrait moins de 40% des fruits consommés par la Russie, 80% du lait / des produits laitiers et 90% des légumes; La Russie était déjà un exportateur net de céréales, de pommes de terre et d’oléagineux. Les contre-sanctions interdisaient 60% des entrées de viande et de poisson et la moitié des importations de produits laitiers, de fruits et de légumes. Globalement, la part des importations dans la consommation alimentaire totale est passée de plus d'un tiers en 2014 à un peu plus de 20% au deuxième trimestre de 2017.

Les prix ont immédiatement augmenté. En février 2015, l'inflation alimentaire (en glissement annuel) était supérieure à 23%. Les ménages ont délaissé les aliments plus chers et autrefois importés (fruits, lait / produits laitiers, bœuf) vers des produits moins chers d'origine nationale (pommes de terre, pain, poulet) et ont adopté des stratégies de «magasinage intelligent» qualité à des prix plus bas (y compris une diminution de l'appétit des marques de prestige au profit des marques de confiance). Il ya peu de temps, l’environnement des consommateurs s’était en grande partie adapté et récupéré. En 2018, les augmentations des prix des produits alimentaires étaient bien inférieures à l'inflation globale.

Certains produits alimentaires interdits en provenance de l'UE se sont dirigés vers la Russie sous forme de réexportations d'autres pays. Au dernier trimestre de 2014, par exemple, les exportations de produits laitiers de l'UE vers la Biélorussie ont été multipliées par dix par rapport à l'année précédente, tandis que les exportations de fruits et de poisson ont doublé, ce qui ne représente probablement pas une poussée du marché intérieur biélorusse. Ces substitutions secondaires d'importations, même si elles ne représentent pas un pourcentage élevé du commerce alimentaire russe, ont exacerbé les tensions commerciales entre la Russie et la Biélorussie, ce qui a entraîné le rétablissement des contrôles douaniers entre les deux pays en décembre 2014, ainsi que la menace de restrictions à l'importation de lait. produits biélorusses jusqu'au printemps 2018. Probablement à juste titre, la Russie accuse le Bélarus d'être un vecteur volontaire pour les aliments interdits, contrefaits, de mauvaise qualité ou mal étiquetés.

L'industrie

Les contre-sanctions étaient un cadeau pour l'industrie agroalimentaire russe. Ils ont légitimé et catalysé une stratégie de substitution des importations dont l'objectif général était en place depuis la fin des années 2000: devenir autonome en matière d'alimentation. En d’autres termes, les sanctions ont ouvert la voie à Poutine pour surmonter un embarras de longue date qui remonte à l’effondrement du secteur dans les années 90. Le calendrier des contre-sanctions - annoncé quelques jours à peine après les sanctions - a amené de nombreux observateurs à se demander si les listes de produits interdits avaient été planifiées à l'avance, notamment en tant que mesure destinée à accroître la production nationale.

L'industrie alimentaire russe a saisi cette opportunité. De nombreux investisseurs qui ne s'étaient jamais préoccupés de l'agriculture se sont soudainement intéressés à l'agriculture. Les oligarques de haut niveau ont également compris le message, le secteur agricole devenant un élément de fierté nationale et de patriotisme pour certains. Viktor Vekselberg , par exemple, a commencé à investir dans la construction de serres urbaines. Le gouvernement a affecté 242 milliards de roubles (un peu moins de 4 milliards de dollars) au soutien à l' agriculturepour 2018-2020, l'accent a été mis sur le transport ferroviaire, les prêts bonifiés, les subventions globales aux régions, la compensation partielle des investissements en capital et le soutien ciblé aux producteurs laitiers. Une nouvelle exigence légale en matière de marchés publics accorde des préférences aux produits nationaux, pas seulement pour les produits alimentaires, mais dans tous les domaines, y compris les industries clés telles que les logiciels. Cette relance des achats du gouvernement, combinée aux contre-sanctions, a été relativement moins avantageuse pour les secteurs nationaux qui ne produisent pas d'alternatives de qualité aux importations, mais l'industrie alimentaire en a largement profité. Même des sous-secteurs non couverts par les contre-sanctions ont demandé à participer au jeu. En juin 2015, les fabricants de bonbons russes ont demandé que les contre-sanctions soient étendues au chocolat européen, dans l'espoir de conquérir le créneau du marché belge, français et allemand.En 2015, nous avons bien résumé la situation : «Nous sommes reconnaissants envers nos partenaires européens et américains qui nous ont fait regarder l’agriculture sous un nouvel angle et nous ont aidés à trouver de nouvelles réserves et de nouveaux potentiels.»

L'agroalimentaire a été l'un des rares points chauds de l'économie du pays, qui était par ailleurs morose, de 2014 à 2016, affichant une croissance moyenne de 3,2%. Dans les mots d' Andrey Guriev, le directeur général de PhosAgro, un producteur russe d’engrais phosphatés: «En un jour, le secteur agricole russe est devenu extrêmement rentable.» Et la croissance se poursuit. La Russie produit maintenant près de deux fois plus de céréales qu'elle n'en consomme et elle se suffit presque à elle-même en sucre et en produits carnés. La production nationale a complètement déplacé les importations de porc et de poulet. En 2016, la Russie était devenue le premier exportateur mondial de céréales, qui avait dépassé les ventes d'armes pour devenir le deuxième produit d'exportation de la Russie (après le pétrole et le gaz) à hauteur de près de 21 milliards de dollars. La région de la Terre noire située au centre et au sud de la Russie, à proximité des ports de la mer Noire, est bien placée pour approvisionner de gros importateurs de blé comme la Turquie et l’Égypte. Des investissements considérables ont été réalisés dans des installations de stockage et des terminaux d’exportation. Cette turbulence sur le marché alimentaire a attiré une nouvelle superpuissance; La Chine crée rapidement un marché pour le russegraines de soja et de tournesol, remplaçant les produits américains frappés par les tarifs de l’ère Trump. Et ça ne s'arrête pas là. La Russie dispose d'environ 50 millions d' acres de terres potentiellement productives, en plus des 79 millions de blé cultivés en 2017, et ses programmes de rotation des cultures (blé d'hiver, maïs, orge, etc.) sont bien protégés contre les intempéries et l'imprévisible. marchés. Les «décrets de mai» de Poutine l'année dernière ont notamment pour objectif de doubler les 25 milliards de dollars d'exportation de produits alimentaires de 2018 d'ici 2024.

La substitution des importations dans le secteur agroalimentaire n’a certainement pas été sans défi. La dépréciation du rouble a entraîné une hausse des prix des machines importées et de la technologie utilisée dans la production alimentaire, et le nombre de pièces de remplacement russes disponibles est limité, ce qui augmente les coûts de modernisation et d’agrandissement. Les taux d'intérêt élevés ont limité les possibilités d'accélération de l'investissement. Les programmes d’aide gouvernementale versent régulièrement les fonds en retard. La chute de la demande d'aliments relativement coûteux a réduit les avantages découlant du manque de concurrence occidentale. Les importations dominent toujours le paysage des produits de grande valeur, notamment le bœuf, les fruits et les légumes. Le blé russe est en moyenne de moins bonne qualitéque leurs homologues occidentaux (11,5% de protéines par rapport à 13,5% de blé américain). Mais l'impact de tous ces facteurs a diminué depuis 2016. L'année dernière, par exemple, l' Allemagne et les Pays-Bas ont vendu pour 650 millions de dollars d'équipement agricole à la Russie, et la baisse des prix du blé en Russie semble constituer un compromis pour une qualité moindre.

Les consommateurs russes se sont rapidement adaptés à la nouvelle gamme de produits sur les tablettes. Au fil du temps, les acheteurs ont compris que la qualité des produits de substitution aux aliments importés s’améliorait. Les deux tiers des consommateursinterrogés en août 2017 ont indiqué que la qualité des aliments faisant l'objet d'une interdiction d'importation ne s'était pas détériorée par rapport à l'année précédente. Sur fond de turbulence autour de la politique économique globale de Poutine, la plupart des Russes accusent toujours les sanctions occidentales - plutôt que leurs contre-sanctions russes - de restreindre la disponibilité et d'augmenter les prix des denrées importées. Cette attitude semble être robuste, même si les préoccupations populairesà propos de l'ensemble des sanctions est passé de 28% à 43% en 2018. Les consommateurs russes ont adopté le «nationalisme alimentaire» en réponse à l'environnement de sanctions; 94% des consommateurs urbains en 2015 et 90% en 2016 ont indiqué qu'ils préféraient acheter des produits alimentaires fabriqués en Russie, même lorsque des importations de qualité comparable et au même prix sont disponibles. «Cultivé en Russie» est un sentiment puissant.

Il y a juste un problème persistant

Le problème le plus visible dans la qualité des aliments occidentaux est le fromage. La situation est devenue désespérée: en août 2017, un Russe a été surpris en train de passeren contrebande cent kilogrammes de fromage en provenance de Finlande dans un compartiment de sa voiture déguisé en réservoir de carburant. De nombreux petits fabricants russes artisanaux ont vu le jour, mais aucun n’a atteint le niveau des fromages suisses, italiens et français, dont la fabrication prend souvent des décennies. Parmesanest particulièrement difficile: il utilise beaucoup de lait, ainsi que l’accès au crédit pour que les choses continuent à fonctionner pendant que le fromage vieillit. La Russie ne produit qu'environ 60% du lait cru nécessaire pour satisfaire la demande de fromage et d'autres produits laitiers; Certains fromagers nationaux utilisent à la place du lait en poudre importé, des protéines laitières séparées et même de l'huile de palme. À la mi-2015, environ un quart du fromage russe était considéré comme «faux» en raison de l'utilisation d'huile de palme, dont les importations avaient augmenté de 35,8% au premier trimestre de 2018 par rapport à l'année précédente, ce qui indique que la pratique se poursuit. Désespérée de trouver des sources de lait acceptables, une ferme en dehors de Moscou a importé fin 2016 un millier de chèvres françaises spécialement pour s'approvisionner en fromage.

Malgré ces difficultés, les contre-sanctions ont clairement créé une opportunité de marché autour du fromage. Le gouvernement régional de Moscou, par exemple, finance actuellement la moitié du coût de la modernisation des fermes laitières familiales et jusqu'à 20% des installations de fabrication de fromage. Chaque année depuis 2016, lors d'un grand festival de fromages organisé en dehors de Moscou, les agriculteurs ont présenté une vache laitière primée appelée «Sanctions», et un vendeur vend des t-shirts «Thanks for Sanctions». Et les journalistes se sont amusés avec des titres illustratifs "punny": "Sanctions présente les fromagers russes avec Gouda Opportunity "; « Guerre et fromage »; et "Les Russes trouvent du lactosérum autour des sanctions en copiant du fromage."

"Nous allons vous montrer"

En juillet de l'année dernière, Poutine a annoncé que les contre-sanctions resteraient en place au moins jusqu'en décembre 2019. Ce n'était pas une surprise. Pourquoi voudrait-il revenir en arrière, alors que ses agriculteurs autrefois languissants ont prospéré dans ces nouvelles conditions? Les sanctions ont créé une opportunité de reconstituer une industrie alimentaire russe handicapée et Poutine l'a saisie. Les récents tarifs américains ont encore élargi l’ouverture aux nouveaux marchés d’exportation. À l’avenir, l’administration Trump doit réfléchir à cela: les conséquences imprévues sont plus probables lorsqu’un adversaire intelligent cherche activement des moyens de les créer et de les exploiter. Indépendamment du fait que Trump considère la Russie comme un adversaire ou veuille maintenir des sanctions, il est difficile d’imaginer le renforcement d’un concurrent russe aux agriculteurs américains comme un résultat souhaité du régime de sanctions.

Judy Twigg est professeure de sciences politiques à la Virginia Commonwealth University, professeure auxiliaire à la Georgetown University et associée principale (non-résidente) au SCRS. Elle consulte régulièrement la Banque mondiale, le gouvernement des États-Unis et d'autres agences sur des questions de santé et de développement dans le monde.

27/02/2019 : NAVALNY POINTE LE DOUBLE JEU OCCIDENTAL AVEC LA RUSSIE

RAPHAEL BLOCH

 

Pour Alexei Navalny, les sanctions occidentales ont été prises de manière « chaotique » et « incompréhensible ». - AFP/Frederick FLORIN

 

Pour le leader de l'opposition russe, les sanctions prises par Londres et Washington ne ciblent pas le coeur du pouvoir russe, afin de « protéger leurs intérêts ».

Une forme de double jeu. Dans une interview au  « Financial Times »,le leader de l'opposition russe Alexei Navalny a dénoncé mardi « l'hypocrisie » des sanctions économiques adoptées par l'Occident contre le régime russe.

Les Etats-Unis et leurs alliés ont mis en place ces derniers mois une série de mesures visant des oligarques russes. Washington voulait notamment réagir aux  soupçons d'ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016.

 

Mieux cibler les responsables

Pour le militant russe de 42 ans, les mesures prises par les Etats-Unis et leurs alliés sont « inefficaces ». Elles ont été mises en place de manières « chaotique » et « incompréhensible », juge l'opposant moscovite, qui a déjà fait plusieurs séjours en prison.

Plus grave : cette stratégie est délibérée, selon Alexei Navalny. Certains pays, comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, en pointe sur le dossier russe, n'ont jamais voulu réellement « sanctionner Poutine et son clan ».

Washington et Londres auraient préféré « protéger leurs intérêts », ajoute le militant anti-corruption. Il en veut pour preuve le fait que le Royaume-Uni et les Etats-Unis n'ont pas ciblé les personnalités les plus proches du président russe.

« Le FBI et les services de renseignements britanniques savent pertinemment qui il faut cibler pour que les sanctions soient vraiment efficaces », précise Alexei Navalny au quotidien britannique. Ce qui n'est pas fait, ajoute-t-il, qualifiant cette politique « d'énorme échec ».

https://www.lesechos.fr/monde/europe/0600803303484-navalny-pointe-le-double-jeu-occidental-avec-la-russie-2248332.php

Une discrète forteresse financière... la hashtagRussie ?

 

22/02/2019 : La Russie mise sur le facteur financier dans son bras de fer avec les pays occidentaux, indique Bloomberg et souligne que depuis plusieurs années, "le gouvernement russe réduit ses

hashtagdépenses tout en augmentant son hashtagfondsSouverain... D'ailleurs, la Russie est actuellement l'un des trois pays du hashtagG20 à enregistrer un hashtagexcédentBudgétaire." "...Dans le même temps, Bloomberg indique que cette stratégie peut avoir des effets négatifs sur la hashtagcroissance économique. C'est pourquoi le gouvernement russe mise sur des hashtaginvestissements hashtagprivés et non sur des projets d'hashtaginfrastructures d'envergure financés par l'État, tels que ceux réalisés pour les Jeux olympiques de Sotchi."

https://fr.sputniknews.com/russie/201902221040120227-russie-construit-fortresse-financiere-bloomberg/

Marché russe / tendances : secteur défense

22/02/2019

1. LE mot d'ordre : "diversification" Le groupe hashtagKalachnikov s'est lancé depuis longtemps dans une phase de hashtagdiversification tous azimuts. Du célèbre fusil d'assaut hashtagAK47 aux hashtagvéhiculesElectriques, en passant par les hashtagdrones et les hashtagbateaux, ce fabricant d'hashtagarmes russe connaît une transformation sans précédent. 2. «Les hashtagsanctions antirusses se répercutent évidemment sur notre travail, compliquant la coopération avec nos clients potentiels. Dans le contexte des sanctions, non seulement les paiements, mais même les négociations deviennent un problème», a avoué le responsable. 3. "...Toujours est-il que la série 200 a un meilleur rapport qualité-prix" (Vladimir Dmitriev, PDG du groupe). Selon ce dernier, il s'agit même d'en fabriquer ailleurs, notamment dans une entreprise conjointe russo-indienne, dont la date du lancement n'est pas encore fixée. Les armes qui y seront produites pourront être hashtagexportées vers des pays tiers.

Source : https://fr.sputniknews.com/defense/201902221040123168-kalachnikov-fusil-assaut-drones-armes-feu-exportations/

 

Plus d'info sur les exportations du Groupe #Kalachnikov : Les forces spéciales saoudiennes optent pour les Kalachnikov russes : https://fr.sputniknews.com/defense/201811021038741660-kalachnikov-arabie-equipement/

et

Kalachnikov lance la production d’un fusil utilisant des munitions de l’Otan : "Le groupe Kalachnikov se propose de lancer dès cette année la fabrication en série d’un fusil d’assaut ultramoderne AK-308 utilisant la munition 7,62 × 51 millimètres OTAN, selon le PDG du groupe Vladimir Dmitriev..." https://fr.sputniknews.com/russie/201901241039763297-kalachnikov-fusil-assaut-munition-otan/

L’ECONOMIE RUSSE RESTERA FORTE FACE AUX DERNIERES SANCTIONS AMERICAINES

29/05/2018

(AOF) - Selon Pictet AM, l'impact des dernières sanctions prononcées en avril dernier par les États-Unis à l'encontre de la Russie (24 personnalités et 14 entreprises sont ciblées) devrait être moins lourd qu'en 2014 pour quatre raisons. Le découplage de l'évolution des prix du pétrole et du cours du rouble constitue la première raison. Les sanctions américaines de 2014 coïncidaient avec un déclin simultané des prix du pétrole et du cours du rouble. Cette fois, les prix du pétrole sont à la hausse alors que le cours du rouble est en baisse.

Il s'agit d'une situation exceptionnelle, signale la société de gestion.

La forte demande mondiale et la prolongation de l'accord de réduction des quotas de production par l'Opep ont entraîné une augmentation des prix du pétrole. Parallèlement, le rouble, déjà sous-évalué, a amorti les nouvelles sanctions. Alors qu'il s'est déprécié de 6,2 % par rapport au dollar, son taux de change pondéré des échanges commerciaux n'a perdu que 0,3 %.

En deuxième raison, Pictet AM évoque des pressions inflationnistes contenues. Les pressions inflationnistes à court-terme se sont certes accrues en Russie, mais devraient se dissiper selon ses estimations d'ici la fin de l'année et au début de 2019.

Bien que modérées, les pressions inflationnistes devraient avoir un impact sur la politique monétaire. Le cycle d'assouplissement actuel devrait donc marquer une pause, ce qui implique une baisse plus limitée des taux d'intérêt, estime le gérant.

Pictet AM prévoit un effet "Coupe du Monde" positif pour la Russie

Le taux actuel de 7,25% est conforme à ses estimations de valeur d'équilibre. Il laisse peu de marge de manœuvre pour une baisse des taux d'intérêt en 2018, compte tenu notamment de la nécessité de réduire les attentes d'inflation des ménages. Selon une enquête réalisée en mars par la banque centrale russe, ces attentes restent au-dessus de la limite visée de 7,80%, et pourraient augmenter en raison des sanctions.

Troisième raison, la force de l'économie russe. Les finances publiques de la Russie se portent très bien. En tant que créancier net vis-à-vis du reste du monde, le pays affiche aussi un large excédent de la balance

L'indicateur avancé du gérant laisse par ailleurs présager d'une forte croissance du PIB, emmenée par le secteur de l'énergie, mais aussi d'un marché de l'emploi plus solide et d'une augmentation de la production industrielle.

La quatrième raison est... la Coupe du Monde de football. En stimulant les dépenses, le Mondial du mois de juin devrait également contribuer à compenser les sanctions.

http://bourse.lefigaro.fr/fonds-trackers/actu-conseils/l-economie-russe-restera-forte-face-aux-dernieres-sanctions-americaines-assure-pictet-am-6492074

ZAP ! LES AMERICAINS PEUVENT DETRUIRE LES SOCIETES ETRANGERES COMME DES GREMLINS SUR UN ECRAN

28/05/2018

Les sanctions prises par l'Amérique contre les sociétés Rusal et ZTE ont un effet redoutable mais ne sont pas sans conséquences dangereuses

La guerre a été transformée par les drones...

En 1919, Woodrow Wilson considérait les sanctions économiques internationales comme un “remède mortel et silencieux”. Pendant les 70 années suivantes, l’Amérique a utilisé ce remède à environ 70 reprises, selon Gary Hufbauer du Peterson Institute. Elle a atteint ses objectifs géopolitiques dans seulement un tiers des cas, dit-il. Mais elle a réussi indubitablement à faire souffrir en bloquant les échanges commerciaux avec certains pays et en gelant des avoirs étrangers en Amérique.

Puis dans les années 1990, la mondialisation a affaibli l’hégémonie américaine. Les sociétés étrangères pouvaient commercer avec davantage de pays. Les multinationales considéraient les amendes comme un coût supportable pour continuer à faire des affaires. L’apogée a été atteint avec le programme “pétrole contre nourriture” en Irak, administré par l’ONU dans les années 1990. Plus de 2 000 sociétés ont été soupçonnées d’avoir effectué des versements illégaux au régime de Sadam Hussein.

Tout a changé après le 11 septembre 2001. Les autorités américaines ont compris qu’elles pouvaient utiliser les données et les flux financiers comme des armes, raconte un ancien fonctionnaire fédéral, Juan Zarate, dans ses mémoires, ‘Treasury’s War’. Le Patriot Act de 2001 a permis au Trésor américain de traiter des banques étrangères comme des menaces à l’intégrité financière et de les exclure du système de compensation des paiements en dollars. En 2001-2003, l’Amérique a obtenu le droit de surveiller Swift, un système de messagerie inter-banques jusque-là confidentiel. Soudain, elle pouvait pister ses ennemis. Et elle pouvait les rendre radioactifs aux yeux de la plupart des institutions financières, qui risquaient de tomber sous le coup d’une interdiction de compensation en dollars même indirectement, et même à de multiples degrés de séparation. Ce qui, lorsque vous dirigez une banque internationale, est fatal.

Entre 2002 et 2008, le Trésor américain s’est livré à des tests sur les petits poissons. Il a mis hors d’état de nuire Victor Bout, un marchand d’armes ; BDA, une banque de Macao en relation avec la Corée du Nord ; et Nauru, une île du pacifique spécialisée dans la finance exotique. Depuis 2008, les banques occidentales ont été mises rétroactivement à l’amende pour avoir violé les règles mais il ne leur est pas interdit de compenser en dollars. Plus récemment, de nouvelles sanctions ont été prises contre l’Iran et la Syrie, mais ces pays ont peu de liens avec l’économie mondiale.

Le mois dernier, les enjeux sont passés au niveau supérieur. Fin 2017, Rusal était l’un des plus grands producteurs d’aluminium au monde, avec une valorisation de 18 milliards de dollars. Le groupe est contrôlé par Oleg Deripaska, un oligarque proche de Vladimir Poutine. Zap ! En avril, Rusal a été épinglé dans un train de sanctions contre la Russie. Les liens de Rusal avec l’Amérique sont minimes. La société réalise 14 % de ses ventes dans ce pays, elle n’utilise généralement pas les banques américaines et elle est cotée à la bourse de Hong Kong et Moscou (une société parente, EN +, est cotée à Londres). Les conséquences ont cependant été dévastatrices. De nombreux actionnaires doivent vendre leurs titres. Rusal pourrait se trouver dans l’impossibilité de refinancer ses dettes en dollars. Les négociants étrangers qui achètent ses produits ont réduit leurs commandes, comme les transports maritimes Maersk. Le London Metal Exchange a limité ses échanges. Les agences de notation ne la notent plus. Les chambres de compensation européennes ne régleront pas ses titres. Ses actions ont chuté de 56 % et ses obligations 2023 se négocient à 45 cents sur le dollar. M. Deripaska se démène pour vendre ses actifs indirects dans Rusal afin de tenter de sauver son groupe.

Et ZTE ? À la fin de l’année dernière, il s’agissait de la quatrième entreprise mondiale d’équipements de télécommunications avec une valorisation de 17 milliards de dollars. Son actionnaire majoritaire est une société d’État chinoise. Le groupe ne fait que 15 % environ de ses ventes en Amérique. Zap ! Le 16 avril, le département américain du Commerce a interdit aux entreprises américaines de lui fournir des composants pendant une durée de sept ans. ZTE avait reconnu avoir commercé avec l’Iran et la Corée du Nord puis, en 2016 et 2017, elle a menti sur les mesures mises en place. La cotation des actions de ZTE a été suspendue. Les conséquences vont être sévères. La banque UBS estime que la fabrication de 80 % des produits de ZTE nécessite des composants américains, principalement des semi-conducteurs de pointe. Les banques et les entreprises occidentales craignent d’entrer en contact avec elle.

Les entreprises qui enfreignent la loi ou sont complices de gouvernements autocratiques ne méritent pas la sympathie. Mais trois conclusions inquiétantes sont à tirer de la première utilisation par les États-Unis de ces “armes intelligentes” contre de grandes entreprises étrangères. D’abord, n’importe laquelle peut être visée. Pas moins de 2 000, en dehors de l’Amérique, émettent par exemple des obligations en dollars. La dette totale en dollars due par les entreprises domiciliées en dehors de l’Amérique est supérieure à 5 000 milliards de dollars. Les chaînes d’approvisionnement sont transfrontalières. La plupart des entreprises dépendent donc d’une manière ou d’une autre de technologies américaines.

Deuxièmement, ces pouvoirs peuvent être mal utilisés, que ce soit dans des buts ouvertement politiques ou parce qu’ils sont mal calibrés. Le marché de l’aluminium est en pleine tourmente, à tel point que le Trésor américain, surpris par sa propre puissance, pourrait faire marche arrière.

Après ZTE, les investisseurs craignent que Huawei, un concurrent chinois, soit la prochaine cible. Ses ventes à l’international sont deux fois plus importantes que celles de General Electric. Il y a aussi les banques chinoises, qui ont accumulé d’énormes dettes et dépôts en dollars au fur et à mesure qu’elles se mondialisaient. L’année dernière, le Trésor américain a envisagé de sanctionner les banques chinoises CCB et Agricultural Bank, selon Bloomberg. Au total, l’encours de leurs dettes en dollars est de 344 milliards de dollars ; des sanctions pourraient provoquer un mouvement de panique.

Une mort lente

Troisième conclusion : des pays vont chercher et trouver comment échapper à la férule américaine. Les cas ZTE et Rusal leur donnent la marche à suivre pour survivre sans l’autorisation de l’Amérique. Il faut des semi-conducteurs. Une monnaie acceptée partout dans le monde. Des agences de notation. Des chambres de commerce et d’échange des denrées. Un pool national d’investisseurs et de sociétés de transport. La Chine est en train de travailler sur cette liste. Les nouvelles armes de l’Amérique démontrent sa puissance et, simultanément, accélèrent son déclin relatif.

https://www.lenouveleconomiste.fr/zap-les-americains-peuvent-detruire-les-societes-etrangeres-comme-des-gremlins-sur-un-ecran-63538/

© 2018 The Economist Newspaper Limited. All rights reserved. Source The Economist, traduction Le nouvel Economiste, publié sous licence. L’article en version originale : www.economist.com

12/03/2018 : Coûts et avantages des sanctions occidentales

Les sanctions occidentales contre Moscou ont coûté à la Russie jusqu’à 1,5 % de croissance par an. Mais l’embargo russe contre des produits agroalimentaires européens a permis de relancer le secteur localement.

…Ekoniva, la société d’investissement derrière cette exploitation laitière, ne cesse de s’étendre. Ses 50 000 vaches réparties dans tout le pays ont produit 300 millions de litres l’an passé…

Les sanctions occidentales ont fait mal mais leurs effets vont en diminuant : elles ont coûté près de 1,5 % de croissance en 2015 et seulement 0,5 % l’an passé, selon l’ancien ministre des finances, Alexeï Koudrine. « Mais l’embargo russe et toutes les mesures que nous avons prises parallèlement pour relancer notre industrie agroalimentaire ont permis la croissance de ce secteur de 4 à 5 % par an ! », se réjouit Denis Mantourov, ministre de l’industrie et du commerce. C’est l’un des architectes de la politique du Kremlin de « substitution aux importations » qui consiste à encourager les productions nationales en vue de remplacer les importations désormais interdites.

Plus l’embargo durera longtemps, plus les exportateurs étrangers peineront ensuite à reprendre les parts de marché perdues, estime-t-il. Denis Mantourov cite le cas de l’industrie des équipements pour le secteur pétrolier et gazier : avant l’embargo, 70 % des achats se faisaient auprès d’importateurs ; grâce aux effets des sanctions, cette proportion est tombée à moins de 50 %.

Le secteur énergétique a cependant été lourdement touché par les sanctions. Limitant l’accès aux banques occidentales, les mesures financières ont en effet gelé des projets de nouvelles exploitations énergétiques. « Cela a créé des casse-tête juridiques et a compliqué les investissements », témoigne Igor Yusufov, expert proche des milieux pétroliers. « Ce sont les mesures financières qui ont le plus d’effet sur toute l’économie : les petites entreprises ont peu été affectées car elles ont toujours eu recours aux banques russes mais les grosses entreprises, au cœur de notre économie, ont été pénalisées car elles avaient l’habitude de trouver en Occident des financements bien moins chers qu’en Russie… », rappelle Andrei Klepach, économiste en chef de VEB (banque publique). Tous deux insistent cependant sur un point : les sanctions occidentales sont désormais rentrées dans le quotidien des hommes d’affaires russes, habitués à ignorer ou à détourner les interdits.

https://www.la-croix.com/Journal/Couts-avantages-sanctions-occidentales-2018-03-12-1100919884

LA RUSSIE POURSUIT SON ADAPTATION AUX SANCTIONS: rapatriement des finances

20/02/2018 : Environ cinq milliards de dollars ont été rapatriés en Russie en janvier par crainte de nouvelles sanctions des États-Unis, selon les analystes de la banque Raffeisen. "Selon nos estimations, le flux de capitaux rapatriés en Russie en raison des sanctions en janvier pourrait être de cinq milliards de dollars", estiment les analystes de la filiale russe de la banque autrichienne dans une étude publiée mardi.

Comme le prévoyait une loi votée l'été dernier, les Etats-Unis ont publié fin janvier une liste de personnalités influentes et d'hommes d'affaires russes menacés de sanctions "dans un futur proche". Si les personnes citées ne sont finalement pas sanctionnées, cette "liste du Kremlin" faisait l'objet d'intenses spéculations dans les élites russes dans les semaines précédant sa publication, de peur d'un durcissement très net des mesures punitives qui visent Moscou depuis 2014 pour son implication présumée dans la crise ukrainienne.

L'étude de Raiffeisen se base sur des chiffres de la banque centrale russe selon lesquels près de 12,7 milliards de dollars ont été transférés vers la Russie en janvier, dont 11,6 milliards en provenance d'entreprises. Face à ces chiffres "exceptionnellement élevés", les analystes estiment qu'"une telle situation pourrait être causée par la crainte d'un certain nombre d'entrepreneurs russes (figurant sur la "liste du Kremlin") de se voir sanctionner personnellement".

D'autres banques avaient déjà évoqué dans les médias russes ce phénomène de rapatriement de capitaux par crainte des sanctions en début d'année. Mardi, le président russe Vladimir Poutine a prolongé jusqu'à fin février 2019 des mesures d'amnistie permettant aux Russes de rapatrier des biens et des capitaux détenus à l'étranger sans risquer de poursuites.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2018/02/20/97002-20180220FILWWW00113-russie-5-milliards-de-dollars-ont-ete-rapatries.php

22/12/ 2017 : Sanctions contre la Russie : Poutine appelle les entreprises à développer leurs technologies, par Florian Guénet

Face aux sanctions occidentales, Poutine a décidé de redonner de l’allant au “made in Russia”. Suite à l’annexion de la Crimée par les forces russes en 2014, l’Occident a décidé d’imposer certaines sanctions à Moscou. L’une des plus difficiles à gérer pour la Russie ? L’interdiction de vendre certaines technologies à des entreprises et à l’armée russe.

Face à ce ban, le Kremlin a décidé de réagir, invitant ainsi les entreprises russes à développer leurs propres technologies « made in Russia ».
Le ministre russe du développement économique, a également décidé de lancer un programme « pour la recherche et le développement de plusieurs projets économiques » qui s’axera autour du
remplacement de 77 technologies étrangères.

L’une de ces technologies concerne les transistors ultra-haute fréquence, principalement utilisés par des entreprises américaines (Cree, Microsemi ou encore Integra) et Japonnaise (Electric et Fujitsu). Ce programme vise également à faire de la Russie le numéro en matière de production de fibre optique et commutateur de réseau, marché pour le moment dominé par les firmes américaines Gooch & Housego et Schneider Electric.

La plupart de ces technologies seront cependant développées par des instituts de recherche et entreprises privées basées à Saint Pétersbourg ou Moscou. Ces établissements étant déjà ciblés, il n’y aura que peu de place pour la concurrence. Dans un premier temps, cette nouvelle gamme de production aura ainsi une visée purement nationale, mais à terme, la Russie espère s’imposer sur le marché mondial des nouvelles technologies.

https://buzz.lanouvelletribune.info/2017/12/sanctions-contre-russie-poutine-appelle-entreprises-developper-technologie/

*          *          *

22/12/2017 : Le rôle de gendarme du monde ne fait «absolument pas partie» des projets de la Russie

Lors d'une réunion avec les hauts responsables militaires russes, Vladimir Poutine a assuré qu'il n'engagerait pas son pays dans une épuisante course aux armements. Il a fait savoir que les dépenses militaires russes diminueraient progressivement.

Lors de la réunion annuelle du conseil du ministère de la Défense nationale, le 22 décembre, le président russe Vladimir Poutine a affirmé que Moscou ne cherchait pas à s'impliquer dans une course aux armements mondiale «injustifiée». Il a ajouté que la Russie prendrait, par conséquent, «des décisions intelligentes», afin de renforcer les capacités défensives de la Fédération. «Nous n'avons pas besoin de bases innombrables à travers le monde et n'allons pas jouer le rôle de gendarme du monde», a argumenté Vladimir Poutine. «Cela coûte cher et cela ne fait absolument pas partie de nos projets», a-t-il ajouté.

Autre promesse formulée par le chef de l'État russe aux hauts responsables militaires : les dépenses militaires de la Russie diminueront progressivement.*

«Nous allons sans aucun doute assurer les capacités défensives de notre pays», a poursuivi Vladimir Poutine, tout en insistant sur le caractère «pacifique» de la politique extérieure russe.

Ces déclarations interviennent alors que les relations entre la Russie et l'Occident, et notamment Washington, restent difficiles… Lors de cette même réunion, Vladimir Poutine a également pointé du doigt le caractère «agressif» de la nouvelle stratégie sécuritaire américaine présentée par Donald Trump.

https://francais.rt.com/international/46758-role-gendarme-monde-ne-fait-pas-partie-projets-russie

J'ai toujours dit que c'est facile de faire du conseil sur le marché russe (tendances, perspectives, etc.). Il suffit de :

- écouter les intervention du Président Poutine

Par exemple, le 14/05/2017 : « Les idées d'ouverture et de libre-échange sont de plus en plus sauvent rejetées aujourd'hui, notamment par ceux qui les soutenaient encore récemment. Les déséquilibres dans le développement social et économique et la crise de l'ancien modèle de mondialisation ont des répercussions négatives sur les relations internationales, ainsi que sur la sécurité internationale » (intervention lors au sommet « Nouvelle route de la soie »)

- et de lire après qq documents, comme, par exemple, le Décret N°208 sur la sécurité économique : http://kremlin.ru/acts/bank/41921  (seulement en russe)

15.05.2017 : Affiner les mécanismes de riposte aux sanctions

La nouvelle stratégie de sécurité économique adoptée par le Vladimir Poutine prévoit le «perfectionnement» des mesures de réciprocité face aux sanctions étrangères.

Les autorités russes envisagent de mettre au point de nouveaux mécanismes de riposte aux sanctions étrangères. Cette initiative, qui figure parmi de nombreuses autres, s'inscrit dans la nouvelle stratégie de sécurité économique nationale signée ce lundi par le Président Vladimir Poutine.

Le document, qui fixe les principaux axes de la politique économique russe jusqu'en 2030, prévoit notamment le «perfectionnement des mécanismes d'adoption des mesures de réciprocité en cas de mise en place de sanctions ou d'autres pratiques discriminatoires par des États étrangers à l'égard de personnes physiques ou morales russes ou de branches de l'économie russe.»

Parmi les autres priorités figure également une initiative visant à améliorer la gestion par l'État des entreprises publiques et à «optimiser les flux liés aux migrations de travail en fonction des besoins de l'économie nationale.»

Autre priorité, « la démarcation des frontières de la zone économique spéciale russe (dont le plateau continental arctique ainsi que des plans d'eau) et la défense des droits et des intérêts des acteurs économiques russes opérant dans la zone. »

L'État envisage également de poursuivre la lutte contre le détournement de fonds publics, la corruption ainsi que les secteurs gris et criminel de l'économie. https://fr.sputniknews.com/international/201705151031382214-russie-sanctions-riposte/

Oukaz N°208 sur la Sécurité Économique (en russe)

http://publication.pravo.gov.ru/Document/View/0001201705150001?index=0&rangeSize=1

 

Et juste la veille de la publication de l'Oukaz (le document date du 13/05/2017), Président Poutine a déjà répondu aux question encore non-posées :

Le 14 mai 2017 : Vladimir Poutine est intervenu au sommet «Nouvelle route de la soie» à Pékin. Lors de son allocution, le Président russe a nommé les causes de défis internationaux tels que le terrorisme et les migrations clandestines, et évoqué les moyens de les surmonter.

« Les idées d'ouverture et de libre-échange sont de plus en plus sauvent rejetées aujourd'hui, notamment par ceux qui les soutenaient encore récemment. Les déséquilibres dans le développement social et économique et la crise de l'ancien modèle de mondialisation ont des répercussions négatives sur les relations internationales, ainsi que sur la sécurité internationale », a indiqué le Président russe.

M. Poutine a également souligné que la pauvreté, les inégalités sociales et l'écart de développement entre les pays de la région créaient un terreau fertile pour le terrorisme, l'extrémisme et les migrations clandestines.

« Nous ne règlerons pas ces défis si on ne surmonte pas la stagnation et l'immobilisme dans le développement économique mondial », a conclu le chef de l'État russe.

https://fr.sputniknews.com/international/201705141031375396-poutine-causes-economiques-terrorisme-migrations-clandestines/

16.10.2016 Poutine a fait remarquer que même si la Russie avait introduit les restrictions économiques « consciemment » et qu'il s'agissait d'une « réponse asymétrique », elles n'avaient pas été introduites uniquement en réponse aux sanctions occidentales et seulement dans les domaines où c'était bénéfique pour la Russie.

A la question de savoir si l'assouplissement des contre-mesures de la part de la Russie était possible, le leader russe a répondu de manière très claire: « qu'ils ne comptent pas là-dessus ».

Et de poursuivre :

« Je vais essayer de développer mon idée. Je ne considère pas que nos contre-mesures soient des sanctions, ce sont des contre-mesures introduites afin de protéger notre marché, » a expliqué M.Poutine.

En outre, le chef de l'État russe a fait savoir que la Russie n'envisageait pas de prendre de nouvelles mesures à l'égard des pays de l'Occident en réponse aux sanctions :

« Nous ne projetons rien pour l'instant, aucune contre-mesure. Il faut voir comment nos partenaires agiront, nous prendrons la décision après », a-t-il souligné.

Le président russe a expliqué que suite aux sanctions qui touchent le domaine de la production industrielle, de la production à double usage et des financements, la Russie a choisi de ne pas « faire la même chose en réponse » :

« Donc, nous l'avons fait dans un domaine qui leur pose des problèmes, ils perdent des milliards, vous le voyez. Ce n'est pas nous qui le disons, ce sont des experts occidentaux, les représentants des domaines respectifs de la production. »

Et de conclure qu'aucune mesure ne serait prise dans le but de « punir quelqu'un pour se punir en retour ».

https://fr.sputniknews.com/international/201610161028220311-contre-mesures-poutine/

 

30.03.2017 La Russie n'arrêtera pas les livraisons de moteurs pour les vaisseaux spatiaux américains en tant que mesure de rétorsion en réponse aux sanctions économiques antirusses imposées par Washington, a déclaré jeudi le président russe Vladimir Poutine lors du Forum arctique à Arkhangelsk.

© SPUTNIK. YURI STRELETC

Selon lui, la livraison de moteurs profite tant à la Russie qu'aux États-Unis.

Les autorités russes « n'entreprennent jamais de démarches qui nuisent aux activités commerciales et entravent les relations internationales », a-t-il souligné.

…En raison des restrictions concernant la coopération militaro-technique avec la Russie imposées par le Congrès américain en 2014, les États-Unis envisagent de renoncer, d'ici à 2019, à l'acquisition de propulseurs de fusées russes RD-180, utilisés pour le lanceur américain Atlas 5 de United Launch Allianсе (ULA). Les livraisons de RD-181, dont sont équipés les nouveaux lanceurs Antares à destination de l'ISS, ne s'effectuent que dans le domaine civil…

Leonid Grigoriev 
Chief Adviser to Head of the Analytical Center

SANCTIONS, IN SOME SENSE, ARE FOREVER

24 december 2015 | TV Channel "TVC"

The Chief Adviser to the Head of the Analytical Center Leonid Grigoriev is convinced that Russia will have to live under sanctions for a long time to come. And at this point it is no easy task estimating which countries are going to suffer more as a result. The expert believes it is important to realize that sanctions will affect not only the Russian economy, they will also impact the economies of the EU and the US.

The sanctions imposed on Russia affect not only the country but the economic growth in both Europe and the US in general. ‘The overall global economic growth has slowed down, but nobody is talking about that, we are going to be the first,’ Mr Grigoriev said, speaking live on the 'Sobytiya. 25-yy Tchas’ (Events. 25th Hour) show on TV Tsentr.

The expert believes sanctions are slowing down international trade and bringing about suspension of a broad range of projects. Trade is slowing down due to political reasons, some firms are suspending sales while others cannot get western loans. ‘Sanctions are a blow to the economic growth - first of all in Europe and in Russia as well. They have put the brakes on us,’ he believes.

‘We have to count on our ability to adapt and modernize,' the expert says, pointing out that in one form or another sanctions are here to stay for a ‘very long time.’

Russia’s response to the sanctions can be very unpleasant, the expert prognosticates. ‘In terms of unexpected, extremely inconvenient and highly intellectual inventions that directly affect our partners we have broken all history records in the past year and a half,’ Mr Grigoriev noted.

http://ac.gov.ru/en/commentary/07445.html

HISTORIQUE : aspects juridiques des sanctions

LA RUSSIE CONTESTERA LES SANCTIONS EN JUSTICE

26 juin 2014 ALEXEÏ LOSSANRBTH

Le quatrième forum juridique international, considéré comme le principal rassemblement d'Europe de l'Est dans le domaine du droit, a eu lieu du 18 au 21 juin à Saint-Pétersbourg. Lors de cette édition, une grande partie des discussions était consacrée aux sanctions décrétées à l'encontre de la Russie par le Canada, les États-Unis, l'Union européenne, le Japon et l'Australie. Il en ressort que les autorités russes s'apprêtent à contester prochainement la légalité de ces sanctions.

La question des sanctions

Comme l'a dévoilé Dmitri Medvedev à l'issue du forum, l'Etat russe a recruté plusieurs grands groupes internationaux spécialisés dans les questions juridiques afin de défendre les intérêts de la Russie devant les tribunaux de différentes institutions, notamment en ce qui concerne la mise en place de sanctions contre les entreprises russes aux États-Unis et dans l'Union européenne. « Si d'un côté, les sanctions sont nuisibles, d'un autre côté, elles donnent du travail aux juristes », a affirmé le premier ministre russe. Selon M. Medvedev, des sanctions unilatérales sur la base de motivations politiques ne sont pas légitimes du point de vue du droit international classique. N'étant pas fondées sur le droit international, la portée juridique de ces sanctions est donc nulle. Le chef du gouvernement russe a par ailleurs souligné que cette même conclusion s'appliquait aux sanctions visant d'autres pays, notamment la Syrie, l'Iran et la Corée du Nord. De fait, d'après Dmitri Medvedev, la décision de certains Etats d'introduire des sanctions sans l'accord du Conseil de sécurité l'ONU est une violation du droit international.

« Des discussions concernant la possibilité de nouvelles mesures contre la Russie se déroulent en permanence, mais nous n'en voyons pas encore les effets concrets. Qui plus est, on pourrait s'attendre à de nouvelles sanctions dans le cas d'une importante dégradation de la situation dans le Sud-Est de l'Ukraine, mais cela n'arrivera pas, le conflit ayant pris une tournure suffisamment stable et portée sur le long-terme », explique Vassili Oukharski, analyste en macroéconomie pour le groupe UFS IC. D'après M. Oukharski,« dans le cas d'une intensification des sanctions à l'égard de la Russie, il est possible de faire appel auprès des tribunaux internationaux, la question étant de savoir quel effet cela aura concrètement. »...

http://fr.rbth.com/economie/2014/06/26/la_russie_contestera_les_sanctions_en_justice_29725

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