Bon usage des « sanctions économiques », les leçons de l’histoire

23 août 2018

Au Moyen Âge déjà, l'efficacité des sanctions économiques posait question, en témoignent les villes de la Hanse allemande. Tobias BOESTAD

 

« Guerre économique » : en quelques jours, le président américain Donald Trump a annoncé l’entrée en vigueur des sanctions économiques contre le régime iranien, le renforcement de celles contre la Russie, puis contre la Chine. Les réticences européennes laissent toutefois planer des doutes sur l’efficacité de semblables mesures qui, à force, risquent de se retourner contre qui en abuse. À la fin du Moyen Âge, les villes de la Hanse allemande en ont fait l’expérience.

Bruges et les « villes de la Hanse allemande »

La scène se passe au milieu du XIVe siècle, à Bruges. La ville, alors à son apogée, est le plus important marché d’Europe du Nord. Elle dispose d’un droit d’étape, c’est-à-dire que les marchands sont obligés d’y faire halte quelques jours et d’y payer des taxes avant de pouvoir poursuivre vers l’est ou vers l’ouest. On y trouve donc des Allemands, des Anglais, mais aussi des Français, des Espagnols, des Provençaux ou encore des Italiens. La concurrence y est féroce.

Les plaintes des marchands allemands à Bruges s’accumulent : ils accusent les officiers de la ville de ne pas tenir compte de leurs « privilèges » (en gros, les prérogatives et droits particuliers qui leur avaient théoriquement été garantis par contrat). Les Hanséates reprochent aux Flamands toutes sortes de lenteurs, de taxes indues et d’arrestations arbitraires. Préoccupées par « l’injustice et les nombreux obstacles imposés en Flandre aux marchands d’Allemagne et de la Hanse allemande », les villes allemandes préparent alors une contre-attaque. Le but : étouffer l’économie de la ville jusqu’à ce qu’elle accepte de se plier aux conditions des Hanséates.

Réunies à Lubeck le 20 janvier 1358, les « villes de la Hanse allemande » – qui se servent de ce titre pour la première fois – mettent en place un ensemble de sanctions économiques drastiques : aucun marchand allemand ne doit se rendre en Flandre jusqu’à nouvel ordre ; ceux qui s’y trouvent doivent vider les lieux ; nul ne doit commercer avec des Flamands ou acheter leurs draps – où que soit et à qui que ce soit. Quiconque violerait l’embargo serait exclu de la Hanse, et une amende est même prévue pour quiconque traiterait avec des contrebandiers de ce genre.

Banco ! Privée des blés de Prusse, Bruges est au bord de la famine, ravagée par la peste. En 1360, le comte de Flandre doit céder et les nouveaux privilèges qu’il concède aux Hanséates surpassent largement leurs prérogatives antérieures.

Mobiliser et coordonner

Dans les siècles qui suivent, l’embargo devient l’arme par excellence des villes hanséatiques, mais son efficacité est inégale et tend même à s’éroder avec le temps. Le terme de « sanctions économiques » donne l’impression qu’il n’y a qu’un seul perdant et qu’il l’a bien mérité. Or c’est faux, l’arme est à double tranchant : en sanctionnant, on se sanctionne, car on se prive de débouchés économiques potentiellement fructueux.

Aussi les mesures se heurtent-elles inévitablement au problème de la mobilisation : pour qu’un embargo soit efficace, tout le monde doit jouer le jeu. Cela se traduit par des menaces répétées à l’encontre des fraudeurs, d’autant qu’en l’absence de concurrence, le marchand qui ose braver l’interdiction a toutes les chances de vendre ses marchandises à très bon prix… En 1358, le Brêmois Tidemann Nanning est accusé d’avoir ignoré l’embargo contre la Flandre ; par conséquent, tous les marchands de Brême sont instantanément exclus du bénéfice des privilèges de la Hanse jusqu’à ce que la ville ait accepté de punir le contrevenant. Sauf que d’après la chronique de la ville de Brême, soucieuse de justifier l’inaction des autorités, le marchand aurait été secrètement prévenu par ses proches qu’il risquait la mort s’il y remettait les pieds…

S’il n’est pas toujours aisé de punir un particulier, la situation se complique encore quand ce sont les villes qui refusent de jouer le jeu. Celles de la Hanse allemande s’échelonnent des Pays-Bas à l’Estonie, autant vous dire qu’il n’est pas toujours facile de s’entendre sur des intérêts économiques communs. Pour susciter l’adhésion, exceptions et compromis sont souvent de mise. En 1405, la morue de Norvège est la seule marchandise non concernée par l’embargo général contre l’Angleterre  : or c’est le fonds de commerce de l’élite lubeckoise… Coincidence ? I think not…

Qui va à la chasse… perd sa place !

Pendant l’absence des « sanctionneurs », la concurrence fait son beurre, et au cours du xve siècle, les Hanséates doivent composer avec celle, toujours plus féroce, des marchands anglais et hollandais. Leur marge de manœuvre s’en trouve progressivement diminuée, car quitter le marché dans ces conditions, même momentanément, c’est en offrir les clés aux nouveaux venus. Devenus remplaçables, les Hanséates eux-mêmes ne sont plus à l’abri de sanctions, comme en Angleterre où les rois monnaient de plus en plus cher le renouvellement de leurs privilèges commerciaux à partir de la seconde moitié du XVe siècle.

À cette époque, princes et monarques ont le vent en poupe et se taillent des ensembles territoriaux d’une ampleur inédite. Au siècle précédent, les Hanséates pouvaient encore transférer leur comptoir brugeois d’une ville flamande à une autre pendant la durée du conflit ; en 1451, ils doivent composer avec le puissant duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui contrôle alors l’essentiel de la Flandre et des Pays-Bas. Comme le montrent les délibérations internes, il est devenu difficile de faire pression efficacement dans ces conditions, et si les villes hanséatiques maintiennent malgré tout leur embargo pendant six ans, son efficacité et sa popularité demeurent cette fois limitées.

Les « sanctions économiques » ne sont pas une solution miracle : elles dépendent des rapports de force et de la capacité de les mettre en œuvre pour faire plier rapidement leur cible. En tout cas, croyez-en l’expérience des consuls de Lubeck : comme « stratégie à long terme », ça ne marche pas trop.

https://www.nonfiction.fr/article-9516-actuel-moyen-age-du-bon-usage-des-sanctions-economiques.htm

Les éléments de l’histoire des sanctions

 

 

https://fr.sputniknews.com/international/201503211015278316/

 

Comment l'URSS se défendait contre les sanctions
21.03.2015
Il y a 35 ans, les USA avaient interdit de vendre à l'URSS tout produit de haute technologie à cause de la guerre en Afghanistan, privant le pays de gadgets et de savoir-faire.

Ce n'étaient pas les premières sanctions contre l'URSS.

 

Immédiatement après la Révolution d'octobre de 1917, quand les bolcheviks avaient refusé de payer la dette extérieure et commencé à nationaliser les entreprises appartenant, entre autres, aux étrangers, on avait interdit d'acheter toute marchandise soviétique à l'exception des céréales.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, dans le monde devenu bipolaire, les USA et leurs alliés ont tenté de faire pression sur l'URSS par divers moyens, y compris économiques. En 1949 a été fondé le Comité de coordination pour le contrôle multilatéral des exportations (CoCom), une organisation internationale chargée de contrôler les exportations vers l'URSS et les pays du bloc socialiste.

Ses membres ont établi les listes de produits interdits à l'export: les armes, les équipements de hautes technologies, les technologies énergétiques nucléaires et les produits industriels à double usage (civil et militaire).

Ces recommandations sont restées en vigueur jusqu'à l'effondrement de l'URSS. Elles avaient, de fait, valeur de sanctions. Elles étaient appliquées par les pays de l'Otan mais aussi le Japon et l'Australie. Néanmoins, certaines sociétés privées comme Toshiba Machine Company, ignoraient ces mesures et continuaient de fournir secrètement des équipements de pointe à l'Union soviétique sans le dévoiler à leurs partenaires ni leurs concurrents. De plus, les USA et leurs alliés cherchaient à nuire au secteur pétrolier et gazier de l'URSS. Pour cela, l'Otan avait déclaré un embargo sur la fourniture des tuyaux nécessaires pour fournir du gaz en Europe. Tout cela en 1962, quand les yeux du monde étaient rivés sur la crise des missiles de Cuba.


Puis le congrès américain a voté en 1974 de l'amendement Jackson-Vanik pour restreindre le commerce avec les pays violant les droits de l'homme. L'Union soviétique était également concernée. L'amendement n'a été abrogé à l'encontre de son État successeur — la Russie — qu'en 2012. Il reste aujourd'hui en vigueur contre la Biélorussie.


Mais les USA ne se sont pas arrêtés là. Quand l'URSS a envoyé ses troupes en Afghanistan, Jimmy Carter a décrété l'interdiction de vendre à l'Union soviétique toute technologie, entrée en vigueur il y a 35 ans, en mars 1980. De cette manière, l'URSS a été privée de nombreuses innovations utiles, comme l'ordinateur Apple II Plus, conçu par Steve Jobs avec Steve Wozniak.

 

En outre, dans le cadre de leur confrontation avec l'URSS, les USA ont refusé d'ouvrir un consulat à Kiev, ne soupçonnant pas ce qui se produirait en Ukraine des années plus tard.

 

Jimmy Carter a été suivi par Ronald Reagan, qui qualifiait ouvertement l'Union soviétique d'"empire du mal". C'est lui qui a tenté d'empêcher la construction du gazoduc Ourengoï-Pomary-Oujgorod reliant la Sibérie occidentale à l'Europe. Outre l'adoption de sanctions contre des compagnies européennes ayant financé la construction du gazoduc et fourni aux constructeurs le matériel nécessaire, Reagan a réussi à forcer les alliés européens à participer aux projets non rentables d'exploitation gazière en Norvège.

Étant donné que certaines compagnies frappées par les sanctions américaines étaient britanniques, Margaret Thatcher est intervenue personnellement et a réussi à régler le problème avec Reagan après de longues négociations. La construction du gazoduc a été achevée en 1984. C'est ainsi que l'appât du gain a pris le dessus sur les sanctions. Ce gazoduc existe toujours et continue de faire l'objet d'altercations permanentes entre Gazprom et les autorités ukrainiennes.

 

26 janvier 2016, par Patrick Allard 

Le recours aux sanctions économiques dans les relations internationales est très ancien. L’étude la plus citée dans la littérature consacrée aux sanctions économiques internationales* mentionne un conflit opposant  Athènes à Mégare vers 432 avant l’ère chrétienne.

 

Aujourd’hui, le recours aux mesures restrictives dans les relations internationales est courant :

- Les Nations-Unies ont à leur disposition 16 régimes de sanctions,

- l’UE 34,

- les États-Unis une trentaine et le Canada plus de 20.

- D’autres pays occidentaux (Suisse, Norvège, Australie, Nouvelle-Zélande) recourent également à ce type mesure.

- De nombreux autres pays, comme la Suisse, la Norvège, l’Australie, et bien d’autres appliquent des sanctions économiques « unilatérales » à l’encontre des États, des entités et des personnes physiques ou morales.

- La Russie elle-même a appliqué et applique encore de multiples mesures classiques de restrictions aux échanges (embargo sur les importations ou les exportations...

- L’Iran a pris des sanctions à l’encontre des ressortissants américains…

 

* Hufbauer, Gary Clyde, Jeffrey J. Schott, Kimberly Ann Elliott, and Barbara Oegg (2007), Economic Sanctions Reconsidered, Peterson Institute, 3ème édition.

http://www.cepii.fr/BLOG/bi/post.asp?IDcommunique=455

Le plus long embargo commercial de l'époque contemporaine…

L'embargo des États-Unis contre Cuba (décrit à Cuba par le terme espagnol el bloqueo qui signifie « le blocus ») est un embargo économique, commercial et financier à l'égard de Cuba par les États-Unis mis en place le 23 février 1962 à la suite de nationalisations expropriant des compagnies américaines.

Cependant, l'embargo ne concerne ni les produits alimentaires, ni les médicaments, depuis le début des années 2000. Dans les faits, les États-Unis sont les premiers fournisseurs de produits alimentaires de Cuba et assurent entre 35 et 45 % des importations de nourriture de l'île.

…l'UE est opposée à l'embargo car il affecte ses propres relations commerciales, elle soutient en revanche « un processus de transition progressif et pluraliste et qui permette d'améliorer le niveau de vie des Cubains »…

Plus de détails sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Embargo_des_%C3%89tats-Unis_contre_Cuba

28/06/2017

"...Les sanctions sont généralement adoptées pour que la population, souffrant d'une situation économique désastreuse, pousse d'une manière ou d'une autre le gouvernement à faire des concessions. Cependant, elles frappent en réalité le plus souvent ceux qu'elles sont censées défendre. Ainsi, ce sont essentiellement les Noirs qui ont été touchés par la pression internationale exercée sur l'Afrique du Sud durant le régime d'apartheid. Alors que les autorités s'en sortent généralement plutôt bien: les années de sanctions contre Saddam Hussein n'ont pas du tout conduit à la chute de son régime..."

 

"- ...en 1935 l'Italie a envahi l'Abyssinie (actuelle Éthiopie), la Société des Nations a décrété des sanctions contre le régime de Mussolini en interdisant l'importation de charbon et de pétrole. C'était une première tentative de pression politique par le biais de restrictions internationales. Et elle a lamentablement échoué: les Italiens ont simplement quitté la Société des Nations en signant des accords commerciaux à part avec les Anglais et les Français.

 

- Quelques années plus tard, les sanctions adoptées par Washington contre Tokyo, interdisant les livraisons de pétrole et d'essence, ont poussé le Japon, dépendant à 80% des importations pétrolières des USA, à entrer en guerre...

 

...2006 : Les Nord-coréens ont ainsi été privés de montres Rolex, de motos-neige, de jet-skis et de cognac Hennessy après l'adoption unanime de la résolution 1718 par le Conseil de sécurité des Nations unies, en réponse aux essais nucléaires de Pyongyang.

Chaque pays producteur de marchandises de luxe soutenant les sanctions a dressé sa liste des produits interdits à la vente en Corée du Nord. Au final, cette liste incluait les puissantes motos, les voitures de sport, les vêtements de haute couture, le marbré de bœuf, les services et les tapis coûteux, les appareils photo japonais, les iPods américains, les télévisions LED et la fourrure, les ordinateurs, les diamants, le vin et la bière, les cigares et le chocolat, les balles et les clubs de golf.

Selon l'idée de l'administration de George W. Bush à l'origine de ce projet, les restrictions devaient particulièrement toucher Kim Jong-il en personne. «Pendant qu'une grande partie de Nord-coréens souffre d'une pauvreté absolue, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il vit dans le luxe et la richesse, affirmait ainsi le rapport du comité pour le renseignement du congrès américain. Kim Jong-il est le principal acheteur de cognac Hennessy dans le monde, il en achète pour 720.000 dollars par an. Il possède également un parc de Mercedes classe S d'une valeur totale de 20 millions de dollars».

Les sanctions ont également touché les citoyens nord-coréens les plus loyaux au régime. «La plus grande récompense qu'un habitant nord-coréen puisse recevoir est un cadeau de Kim», a raconté un réfugié.

Cependant, les sanctions n'ont pas fonctionné. Pour deux raisons: premièrement, le renseignement américain et sud-coréen puisait ses idées sur les goûts raffinés du dirigeant nord-coréen principalement dans les témoignages des réfugiés, qui en rajoutaient souvent. Deuxièmement, un trou de la taille de la Chine a immédiatement été découvert dans la barrière de sanctions car bien que Pékin ait décrété sa propre liste de restrictions, la Chine n'empêchait pratiquement pas la livraison d'objets de luxe en Corée du Nord. Aux objections de Washington, de Séoul, de Tokyo et de Bruxelles, Pékin répondait généralement que les produits énumérés dans les listes occidentales n'appartenaient pas à la catégorie des marchandises de luxe.

Résultat des courses: les sanctions n'ont manifestement pas du tout affecté Kim Jong-il. En 2011 la radio Free Asia a constaté avec regret qu'en 2010 le dirigeant nord-coréen avait offert à ses amis et suppôts 160 Mercedes. En décembre 2011, Kim Jong-il est décédé et Kim Jong-un lui a succédé. Et même si les sanctions sur les objets de luxe restent en vigueur, il ne s'en porte pas plus mal, apparemment..."

https://fr.sputniknews.com/presse/201706271032008554-etranges-sanctions/

Published: August 1, 1994

http://www.nytimes.com/1994/08/01/opinion/iraq-sanctions-cannot-be-forever.html

Every two months, sanctions against Iraq are reviewed by the United Nations Security Council. Baghdad has begun scrupulously living up to its U.N. arms control obligations, which -- according to the terms laid down by the U.N. -- should entitle it to relief from the international embargo on its oil sales sometime next spring.

But the United States and Britain are refusing to acknowledge Saddam Hussein's compliance with the U.N.'s stated terms for lifting sanctions. They insist that other infractions -- such as persecution of the Kurds -- demand that Mr. Hussein continue to be punished. In effect, Britain and the U.S. are changing the rules.

Iraq paid a heavy price for defying a series of Security Council resolutions after it invaded Kuwait four years ago tomorrow. A U.S.-led coalition forcibly evicted its troops after pummeling its infrastructure. The U.N. imposed devastating economic sanctions, which remain in effect to this day.

Last November, after years of obstructionism, Baghdad abruptly began cooperating with U.N. arms inspectors. It is now close to meeting the Security Council's requirement that it destroy its stocks of biological, chemical and nuclear weapons and accept long-term international monitoring.

Rolf Ekeus, who heads the U.N. inspection commission, recently reported that the destruction of prohibited weapons will be complete in a few more weeks and an effective monitoring system will be functioning by fall. Six months later, if all goes smoothly, the commission could declare that Iraq has met all its arms control obligations under the U.N.'s cease-fire resolution. According to the terms of that resolution, the Security Council would then be expected to lift the oil embargo.

France, Russia and China, all permanent members of the Security Council, are eager to resume trading with Iraq. In the last review sessions, they wanted to acknowledge Baghdad's constructive behavior, while rightly demanding that Iraq formally acknowledge Kuwait's sovereignty and borders before they vote to lift oil sanctions.

The U.S., along with Britain, opposed any acknowledgment of progress. The Clinton Administration, which insists on retaining sanctions as long as Mr. Hussein remains in power, has been reduced to strained reinterpretations of the cease-fire resolution's clear language that Washington helped draft. The Administration's position is misguided, putting domestic political posturing ahead of the problem of containing Iraq's military power most effectively.

The resolution's direct linkage between arms control and oil sanctions is not simply a technicality. The U.N.'s main goal after the war with Iraq was to insure dismantling of its mass-destruction weapons. That required giving Iraq an incentive to cooperate. Sanctions require time to work, but also require clearly defined and limited goals. When designed to force specific actions, they can be quite effective. Indefinite, symbolic sanctions -- punishing a regime simply for being loathsome -- tend to lose their meaning and effectiveness over time.

Experts believe that U.N. monitoring can permanently deny Iraq mass-destruction weapons. The cash it earns from resumed oil sales would have to be used for other purposes, including reparations, U.N. administrative costs, humanitarian needs in Iraq and economic development.

Saddam Hussein will be a bloody dictator and a troublesome neighbor as long as he remains in power. But the U.S. has no serious plans to oust him, nor is there any obvious alternative. A military coup would not end repression. Civilian dissidents are divided. Fragmentation into Kurdish, Sunni and Shiite regions would invite Iranian, Turkish and Syrian meddling.

Washington's most realistic policy toward Iraq under these circumstances is containment. The best instrument for that is U.N. arms monitoring, not endlessly prolonging sanctions that have nearly done their work and will soon lose their meaning.

SANCTIONS : APPROCHES LINGUISTIQUE ET PEDAGOGIQUE

  1. Point de vue linguistique :

 

punition : nom féminin (latin punitio)

  • Action de punir, d'infliger un châtiment, une peine ; ce châtiment, cette peine : La punition des coupables. Punitions corporelles.
  • Peine infligée pour un manquement au règlement, en particulier à un élève, à un militaire : Comme punition il a eu une heure de colle.
  • Accident ou malheur qui paraît être la conséquence d'une faute : C'est ta punition de te voir ainsi isolé des autres.

Synonymes :  châtiment, condamnation, correction, pénalité, sanction

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/punition/65100

 

sanction : nom féminin (latin sanctio, de sancire, rendre irrévocable)

  • Acte par lequel un usage, un événement, une action sont entérinés, reçoivent une sorte de validité : Un mot qui a reçu la sanction de l'usage.
  • Conséquence naturelle d'un acte : L'échec est la sanction de la paresse.
  • Mesure répressive infligée par une autorité pour l'inexécution d'un ordre, l'inobservation d'un règlement, d'une loi : Prendre des sanctions contre des grévistes.
  • Conséquence juridique du non-respect d'une règle de droit.

http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/sanction/70812

 

  1. Raisonnement pédagogique :

 

1.2 Dans le langage courant, on a tendance à considérer sanction et punition comme synonymes. Il s’agit de faire respecter le pouvoir des adultes sur les enfants en ayant recours à des moyens disciplinaires pour supprimer les comportements non acceptables.

Or il existe une différence entre punition et sanction car on peut envisager la discipline sous deux angles radicalement différents :

  • la dimension répressive qui concrétise le pouvoir du fort (l’adulte) sur le faible (l’enfant) : on est alors dans le registre de la punition,
  • la dimension réparatrice qui est justifiée par des règles connues par tous (adultes et enfants) et acceptées par avance : on est alors dans le registre de la sanction.

Qu’est-ce qu’une punition ?

La punition est l’expression d’un rapport de force dans lequel le dominant (l’adulte) exerce son pouvoir sur le dominé (l’enfant). La punition s’exerce dans le cadre d’un pouvoir personnel et peut paraître arbitraire car elle dépend du bon vouloir de l’individu en position de supériorité (de son niveau d’agacement ou de fatigue, de sa préférence pour tel enfant avec lequel il sera plus souple, de son rejet de tel autre enfant qui sera systématiquement et sévèrement puni…).

Les punitions sont souvent vécues comme injustes par les punis car :

  • elles ne prennent pas appui sur des règles claires et partagées
  • elles ne s’appliquent pas de la même manière à chacun,
  • elle peuvent être disproportionnées avec la faute.

Par ailleurs, elles sont souvent inefficaces car elles ont tendance à être vécues non seulement comme injustifiées mais aussi comme évitables sur le principe du « pas vu, pas pris ». Les enfants essaient donc de développer des stratégies pour échapper aux punitions.

Qu’est-ce qu’une sanction ?

Par opposition à la punition, la sanction peut être définie comme « la conséquence prévue à l’avance d’une infraction ou d’un non-respect d’une règle ou d’une loi explicitement formulée et reconnue » (Jean-Pierre Carrier – Docteur en Sciences de l’Education).

Les comportements non acceptés considérés comme des infractions ainsi que les sanctions correspondantes sont donc définies au préalable.

Les réparations (symboliques – comme une lettre d’excuse ou matérielle – comme la réparation d’un objet cassé ou le nettoyage d’une bêtise) sont connues et adaptées au type et à la gravité de l’infraction.

La sanction ne peut pas être vécue comme injuste car elle est accessible à tous et s’applique de la même manière à chacun. C’est là que réside la différence entre punition et sanction.

http://www.educavox.fr/formation/analyse/quelle-est-la-difference-entre-punition-et-sanction

 

*          *          *

2.2

La sanction

C'est une réponse, de type privatif, à une transgression.

Elle peut servir de référence éducative dans le sens où elle place l'enfant ou la personne devant sa propre autoresponsabilisation.

Exemple : C'est bien moi qui choisis de transgresser et donc de courir le risque d'une sanction.

J'espère tirer un avantage ou du plaisir à transgresser, mais il y a un prix à payer à base de privation ou d'interdit, quand ma transgression sera découverte.

Le jeu consistera pour beaucoup d'enfants transgresseurs… à ne pas se faire prendre !

 

Introduire une dynamique sanctionnante dans une structure ou un collectif suppose 4 conditions :

* L'existence d'une référence : loi-règlement-consensus.

* La connaissance d'une réponse de caractère privatif ou interdictif, adapté à l'importance de la transgression.

* Un garant connu (enseignant ou directeur) chargé de rappeler la loi et les conséquences d'une transgression.

* Une transgression volontaire (s'il y a méconnaissance de la loi, cela s'appelle une erreur).

 

La punition

La punition est une sanction majorée par la subjectivité de celui qui la donne. C'est pour cela qu'elle est souvent vécue comme injuste.

La punition est une réaction (souvent émotionnelle) à un comportement perçu comme une transgression ou une faute.

Souvent la punition sera prise- non pour réparer, mais pour accentuer la culpabilité ou servir d'exemple, ce qui explique qu'une punition est une sanction majorée.(<<comme cela il ne recommencera pas…>>)

La punition est prise le plus souvent non en fonction de ce qui s'est passé, mais en fonction du retentissement, de la résonnance chez celui qui découvre la transgression.

 

http://pedagopsy.eu/salome4.html

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