INFORMATIONS, DOCUMENTS & PROCEDURES

SANCTIONS A L'ENCONTRE DE L'IRAN

Nouvelle tendance : les hashtagEtats-Unis sanctionnent la recherche

 

3 septembre (Xinhua) -- Les Etats-Unis ont annoncé mardi avoir imposé des sanctions à l'encontre des institutions spatiales iraniennes sur fond de tensions.

Ces nouvelles sanctions, qui visent l'Agence spatiale iranienne et deux de ses instituts de recherche, sont les premières du genre imposées par Washington, alors que s'intensifient les tensions au Moyen-Orient.

http://french.xinhuanet.com/2019-09/04/c_138362739.htm

Sanctions / l'IRAN : mais où est le porte-avions USS Abraham Lincoln ?..

 

06/05/2019 : "...Les hashtagEtatsUnis ne cherchent pas la guerre avec le régime iranien mais nous sommes totalement préparés à répondre à toute attaque"... Le ministre américain de la Défense par intérim Patrick hashtagShanahan est allé lundi un peu plus loin en parlant d'un "redéploiement prudent" en "réponse à des indications d'une MENACE CREDIBLE de la part des forces du régime iranien"... John hashtagBolton a évoqué "un message clair et sans équivoque au régime iranien: nous répondrons de manière implacable à toute attaque contre les intérêts des Etats-Unis ou de NOS ALLIES (LV)"...

 

https://www.nouvelobs.com/monde/20190506.AFP5956/iran-washington-denonce-une-menace-credible-et-envoie-un-porte-avions.html

 

08/05/2019 : Sanctions / l'IRAN : "snap-back" ?

Un an après le retrait des hashtagEtatsUnis de l'accord et le rétablissement des sanctions américaines contre l'Iran, Hassan hashtagRouhani a annoncé que "Téhéran renonçait à certains de ses engagements, notamment la limitation de ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi. Il donne 60 jours aux autres signataires (hashtagAllemagne, hashtagChine, hashtagFrance, hashtagRoyaumeUni, hashtagRussie) pour se conformer à leurs engagements, notamment dans les secteurs bancaire et pétrolier..." L'accord du 2015 prévoit "un mécanisme de règlement des différends qui peut déboucher sur un retour automatique des sanctions du Conseil de sécurité de l'hashtagOnu à l'encontre de Téhéran ("hashtagsnapBack")..."

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/l-iran-s-expose-a-une-replique-s-il-deroge-a-l-accord-de-vienne-parly-b521a01c5417e9f6fca24dac2251f51b

Questions : - Qui et comment déclenchera "un" mécanisme pour pénaliser les Etats-Unis pour leur attitude et démarches méprisantes pour des accords internationaux et pour leur propre signature sur ces accords ? - Qui sanctionnera les autres signataires de l'
hashtagAccordde Vienne  pour leur... incapacité (?) de faire respecter l'Accord par TOUTES les parties et parce qu'ils n'ont pas été suffisamment prévoyants pour imaginer que « quelqu’un » d’autre que l’Iran sera la vraie menace pour l'Accord ?..
 

IRAN: UE, RUSSIE ET CHINE CONTRE-ATTAQUENT FACE AUX SANCTIONS AMÉRICAINES

17/05/2018 : Les Européens ont annoncé jeudi leur première réplique concrète aux tentatives des Etats-Unis de Donald Trump d'isoler économiquement l'Iran, dans le sillage des pions avancés par les Russes et les Chinois pour maintenir leurs liens avec Téhéran.

Le retrait américain de l'accord sur le programme nucléaire iranien, accompagné du retour des redoutées sanctions américaines, fait brusquement planer des risques financiers considérables sur les entreprises voulant investir en Iran depuis la signature de ce document historique en 2015.

"Nous devons maintenant agir", a déclaré le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker, à l'issue d'un sommet des dirigeants européens avec leurs homologues des Balkans à Sofia, éclipsé par le "front uni" que les Européens ont voulu afficher face à Washington.

"C'est la raison pour laquelle nous lançons le processus de la loi de blocage, le 'blocking status' de 1996, qui vise à neutraliser les effets extraterritoriaux des sanctions américaines", a-t-il déclaré devant la presse. "Nous devons le faire et nous le ferons demain matin à 10H30", a-t-il ajouté.

L'outil évoqué est un règlement européen datant de 1996, créé à l'origine pour contourner l'embargo sur Cuba et qu'il s'agit désormais d'adapter. Il permet aux entreprises et tribunaux européens de ne pas se soumettre à des sanctions prises par des pays tiers.

Le désaccord avec les Etats-Unis sur l'embargo cubain avait toutefois été résolu au niveau politique, et donc l'efficacité de ce règlement n'a jamais été éprouvée. Son effet pourrait être plus symbolique qu'économique, selon une source européenne.

- Chine en embuscade -

"Le cas iranien va probablement impliquer le renforcement de la Chine dans la région", s'est inquiétée jeudi une source diplomatique à Sofia, illustrant les craintes de voir les Russes et les Chinois tirer avantage de la situation.

L'annonce jeudi par l'armateur danois de navires pétroliers Maersk Tankers de la cessation de ses activités en Iran, semble présager de retraits en cascade d'entreprises européennes craignant de lourdes représailles américaines.

Les grandes entreprises allemandes restent pour l'heure sur la réserve. En première ligne, l'industriel Siemens qui s'était relancé en Iran après la levée des sanctions avec ses turbines à gaz, s'en tient à une position d'attente, tout comme Volkswagen, Daimler et le lessivier Henkel, également présents, à plus petite échelle.

Face au retrait probable du français Total d'un projet de développement du vaste champ gazier iranien Pars Sud, l'Iran a aussitôt prévenu qu'il serait remplacé par le géant énergétique chinois CNPC, partenaire de Total dans ce contrat de 4,8 milliards de dollars.

La Chine, assoiffée d'hydrocarbures et premier partenaire commercial de Téhéran, semble avoir l'intention de passer outre les sanctions américaines afin de muscler ses investissements en Iran. Au risque d'aggraver les relations avec Washington, déjà tendues depuis l'introduction de droits de douane par les USA sur l'acier et aluminium.

- Pas important des Russes -

L'Union économique eurasiatique, menée par Moscou et réunissant plusieurs ex-républiques soviétiques, a signé à Astana jeudi un accord préliminaire avec l'Iran. Réduisant d'ores et déjà les droits de douane sur certains produits pour trois ans, l'objectif est de créer à terme une zone de libre échange.

Si cet accord était en préparation depuis 2016, bien avant le retrait américain, il montre que la Russie, comme la Chine, ont l'intention de renforcer leurs relations commerciales avec Téhéran malgré le rétablissement des sanctions économiques de Washington.

La Russie a condamné l'annonce de Donald Trump et cherche avec les Européens à sauver l'accord. Son alliance avec Téhéran permet à ses entreprises d'être bien placées pour continuer à commercer avec l'Iran, d'autant que leurs concurrentes occidentales auront le plus grand mal à poursuivre leurs activités malgré d'importants investissements.

Les Russes, dont les relations avec l'Occident sont déjà au plus bas et qui ont l'habitude de faire des affaires dans un environnement de sanctions économiques, ne devraient pas craindre de contrecarrer Washington.

- "Pas parfait" -

L'accord conclu en juillet 2015 après des années d'âpres négociations entre l'Iran et le groupe 5+1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) avait permis de geler le programme nucléaire iranien jusqu'en 2025, en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales contre Téhéran.

"Nous allons œuvrer pour maintenir le cadre de l'accord de 2015 quelles que soient les décisions américaines", a plaidé jeudi le président français Emmanuel Macron, tout en estimant que cela n'excluait pas "des négociations sur un accord plus large indispensable" avec Téhéran.

"Tout le monde au sein de l'Union européenne s'accorde à dire que l'accord n'est pas parfait, mais que nous devrions rester malgré tout dans cet accord et mener des négociations supplémentaires avec l'Iran", a renchéri la chancelière allemande Angela Merkel, également à Sofia.

https://www.capital.fr/economie-politique/iran-ue-russie-et-chine-contre-attaquent-face-aux-sanctions-americaines-1288573

12/05/2018 : Manifestation des conservateurs à Téhéran contre le maintien de l'Iran dans l'accord de 2015 (Avec AFP et Reuters)

À l'initiative des conservateurs, des milliers d'Iraniens ont manifesté dans les rues de Téhéran, vendredi, contre le maintien de la République islamique dans l'accord sur le nucléaire et la politique d'ouverture du président Hassan Rohani.

Depuis l'annonce du retrait des États-Unis, la politique d'ouverture du président Hassan Rohani est mise à mal, et ce, alors que son ministre des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, entame samedi une tournée diplomatique pour tenter de sauver l'accord décrié.

Ahmad Khatami, un haut dignitaire du clergé et figure des conservateurs, a organisé la manifestation lors de la grande prière du vendredi, retransmise par la télévision publique iranienne. Il a notamment déclaré qu'il n'était pas possible de faire confiance aux pays européens ayant signé l'accord en juillet 2015.

L'ayatollah a également accusé les États-Unis de vouloir renverser le régime iranien. "Et ce retrait fait partie de cet objectif", a-t-il affirmé. "Quant aux signataires européens, on ne peut pas non plus leur faire confiance, on ne peut pas faire confiance aux ennemis de l'Iran."

Selon plusieurs experts, interrogés par l'AFP, le régime iranien se trouve dans une position délicate : il veut montrer sa fermeté face aux États-Unis et à Israël, mais en même temps il a besoin du soutien des Européens pour préserver l'accord et les maigres gains économiques.

"L'administration Rohani aurait intérêt à sauver ce qui peut l'être encore de cet accord, en discutant avec l'Europe, les Russes et les Chinois, et donc à essayer plus ou moins de maîtriser l'escalade en Syrie, et de ne pas aller trop loin dans les ripostes", a indiqué à l'AFP Karim Emile Bitar, directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques.

L'Iran a affirmé qu'il resterait dans l'accord si les Européens, la Russie et la Chine apportaient de solides garanties pour que les intérêts économiques de l'Iran soient assurés.

C'est dans ce sens que le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif entame samedi une tournée diplomatique délicate. Il se rendra successivement à Pékin, Moscou et Bruxelles, siège de l'Union européenne, pour des discussions sur cet accord de 2015 que continuent de défendre les autres signataires – la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Russie et la Chine.

http://www.france24.com/fr/20180511-iran-teheran-drapeaux-brules-manifestations-retrait-americain-accord-nucleaire-2015?ref=li

 

Dans l'article que je vous propose ci-après, ne serait-il pas comme un soupçon de jalousie à l’encontre des entreprises russes et leur positionnement en Iran sous sanctions américaines que nous pouvons entendre ?

 

Pour mémo : ces entreprises proviennent du pays qui lui-même (depuis 4 ans) est sous  sanctions américaines et européennes. En plus, un grand nombre de ces entreprises sont elles-mêmes sur les "listes noires".

 

La Russie et l'Iran comptent poursuivre "une coopération économique tous azimuts" : "Nous n'avons pas peur des sanctions"

 

"La Russie a beau condamner le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, elle reste moins exposée que les Européens aux conséquences économiques de sanctions américaines, qui pourraient même constituer une aubaine pour ses entreprises.

 

Alors que les Européens s'arrachent les cheveux pour préserver les relations économiques tissées avec l'Iran depuis l'accord en 2015, les entreprises russes se retrouvent dans une position avantageuse, selon des analystes."

 

"...Même lorsque l'Iran était sous sanctions, les Russes avaient continué d'y travailler de manière plus décomplexée. Ils sont habitués à évoluer avec des contraintes juridiques et économiques. Mécaniquement, les États-Unis contraignent l'Iran à se tourner davantage vers la Russie et la Chine..."

http://www.france24.com/fr/20180511-iran-russie-retrait-americain-accord-nucleaire-iranien-entreprises-russes-gagnantes

"...Les entreprises russes devront toutefois affronter la concurrence d'entreprises chinoises, qui financent déjà des projets à hauteur de plusieurs dizaines de milliards en Iran. Mais la Russie dispose d'un avantage dans cette lutte : la zone de libre-échange de l'Union économique eurasiatique, comprenant la Russie, la Biélorusse, l'Arménie, le Kazakhstan et le Kirghizstan... à laquelle Téhéran pourrait bientôt adhérer."
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20180511-inucleaire-iranien-retrait-americain-profiter-entreprises-russes

11/05/2018 : L'ancien négociateur américain de l'accord, Robert Malley : "les Européens doivent maintenant faire en sorte que l'Iran reste dans l'accords'ils veulent vraiment le sauver…

 

Du côté de Renault, ce sont 300 000 véhicules qui devaient être produits chaque année. En août 2017, le constructeur a signé un contrat géant de 660 millions d'euros dans le pays.

 

Airbus : Profitant de la fin des sanctions économiques, la compagnie nationale IranAir a commandé en 2016 une centaine d'appareils, pour un montant de 17,5 milliards d'euros. L'Iran a demandé à Airbus de préciser s'il poursuivait la vente de ces avions. "Airbus annoncera sa décision dans les prochains jours".

 

Total a signé un accord sur un investissement de 4,2 milliards d'euros  pour exploiter le gisement offshore de South Pars. Patrick Pouyanné a précisé que Total pourrait demander une "exemption spécifique" pour ce projet. Un tel dispositif a été accordé au groupe en 1996. Dans le cas où cette exemption ne serait pas accordée, Total devrait se "retirer".

http://www.france24.com/fr/20180511-iran-russie-retrait-americain-accord-nucleaire-iranien-entreprises-russes-gagnantes

Publié le 08 Mai 2018

RUBRIQUE : INTERNATIONAL, DÉVELOPPEMENT ET FRANCOPHONIE, NATION, INSTITUTIONS ET RÉFORME DE L'ETAT
Palais de l’Élysée, le 8 mai 2018

Déclaration conjointe du Président de la République Emmanuel Macron,

de la Première ministre Theresa May

et de la Chancelière Angela Merkel,

à la suite de la déclaration du Président Donald Trump sur l’Iran

C’est avec regret et préoccupation que nous, dirigeants de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, prenons note de la décision du Président Trump de procéder au retrait des Etats-Unis d’Amérique du Plan d’action global commun (ou Joint Comprehensive Plan of Action - JCPoA).

Ensemble, nous soulignons notre engagement continu en faveur du JCPoA. Cet accord revêt une importance particulière pour notre sécurité partagée. Nous rappelons que le JCPoA a été entériné à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies dans la résolution 2231. Cette résolution demeure le cadre international juridiquement contraignant pour la résolution des différends liés au programme nucléaire iranien. Nous appelons toutes les parties à continuer de souscrire à sa pleine mise en œuvre, et à agir dans un esprit de responsabilité.

Selon l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l’Iran continue à se conformer aux restrictions prévues par le JCPoA, en ligne avec ses obligations au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). La sécurité du monde en est renforcée. C’est pourquoi nous, les E3, resterons parties au JCPoA. Nos gouvernements restent déterminés à assurer la mise en œuvre de l’accord, et travailleront à cet effet avec les autres parties qui resteront engagées dans ce cadre collectif, y compris en assurant le maintien des bénéfices économiques liés à l’accord au profit de l’économie et la population iraniennes.

Nous exhortons les États-Unis à faire en sorte que les structures du JCPoA soient gardées intactes, et à éviter toute mesure qui empêcherait sa pleine mise en œuvre par les autres parties. Après avoir échangé en profondeur avec le gouvernement américain ces derniers mois, nous appelons les Etats-Unis à faire tout leur possible pour préserver les avancées en matière de non-prolifération nucléaire obtenues grâce au JCPoA, en permettant la poursuite de l’application de ses principales dispositions.

Nous encourageons l’Iran à faire preuve de retenue dans sa réponse à la décision américaine ; l’Iran doit continuer à respecter ses propres obligations selon les termes de l’accord, en se conformant pleinement et dans les temps aux exigences des inspections de l’AIEA. L’AIEA doit être en mesure de poursuivre la mise en œuvre de son programme de vérification et de contrôle à long terme, sans obstacle ou restriction. En retour, l’Iran doit continuer de bénéficier de la levée des sanctions, à laquelle il peut prétendre tant qu’il demeurera en conformité avec les termes de l’accord.

Il ne doit y avoir aucun doute : le programme nucléaire de l’Iran devra toujours rester pacifique et civil.Tout en prenant pour base le JCPoA, nous sommes aussi conscients que d’autres sujets majeurs de préoccupation doivent être pris en compte. Un cadre de long terme pour le programme nucléaire de l’Iran après l’expiration de certaines des dispositions du JCPoA, à partir de 2025, devra être défini. Alors que notre engagement en faveur de la sécurité de nos alliés et partenaires dans la région est indéfectible, nous devons également traiter de façon rigoureuse les préoccupations largement partagées liées au programme balistique de l’Iran et à ses activités régionales déstabilisatrices, en particulier en Syrie, en Irak et au Yémen. Nous avons déjà commencé des discussions constructives et mutuellement bénéfiques sur ces questions ; les E3 sont désireux de poursuivre ces échanges avec leurs partenaires clefs et les Etats concernés de la région.

Nos ministres des Affaires étrangères et nous-mêmes prendrons contact avec toutes les parties au JCPoA, pour identifier des perspectives positives.

 

Pensez-vous qu'il s'ajit d'un bras de fer USA/Iran ?

28/04/2018 : ... Mike Pompeo, dont Donald Trump a souligné qu'il "pensait comme lui", a indiqué à ses alliés que l'hypothèse la plus probable restait que le président américain annonce dans les prochains jours un retrait des Etats-Unis de l'accord de 2015... Le successeur de Rex Tillerson a déclaré... "Aucune décision n'a encore été prise, donc, l'équipe y travaille et je suis sûr que nous allons avoir de nombreuses discussions pour parvenir à ce que réclame le président". Le président américain a menacé de réimposer les sanctions contre l'Iran, à moins que ses alliés européens acceptent de l'amender.

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/a-peine-nomme-secretaire-d-etat-pompeo-part-au-proche-orient-1362190f943ca813d801e263144c9682

23/02/2018 : Faute de retombées économiques, l’Iran pourrait abandonner l’accord du nucléaire

Face à l'incertitude sur les sanctions contre la République islamique, de nombreuses institutions financières ne soutiennent toujours pas les investissements dans le pays

Un haut responsable iranien a déclaré jeudi que Téhéran pourrait choisir de se retirer de l’accord nucléaire conclu en 2015 avec six puissances mondiales (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) si les grandes banques internationales et les entreprises étrangères ne développaient pas davantage leurs échanges avec l’Iran, pointant la responsabilité des États-Unis.

Si l’accord a mis fin à de nombreuses sanctions liées aux activités nucléaires de Téhéran, d’autres sanctions sont toujours en vigueur malgré l’accord, notamment celles en raison de son soutien à des groupes terroristes comme le Hezbollah et de son programme de missiles balistiques.

Beaucoup de banques – surtout les établissements américains – craignent que des activités en Iran ne leur coûte cher, si les responsables occidentaux déterminent que leurs relations d’affaires contredisent aux exigences des sanctions existantes.

S’exprimant lors d’un think tank organisé par la Chatham House, à Londres, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’accord ne pouvait pas « survivre de cette manière », selon des propos rapportés par Reuters.

« Du point de vue iranien, l’accord n’est pas un succès », a-t-il déclaré. « L’Iran ne bénéficie pas pleinement de la levée des sanctions ».

Le président américain Donald Trump a appelé à plusieurs reprises à l’abandon ou à la modification de l’accord nucléaire et a déclaré que si certaines questions clés n’étaient pas abordées, notamment l’absence d’inspections internationales des sites nucléaires militaires iraniens et la levée de certaines restrictions nucléaires après 2025, les États-Unis pourraient se retirer et réimposer les sanctions levées en vertu de l’accord.

Araghchi a néanmoins déclaré que « l’accord ne survivrait pas de cette façon [la façon actuelle] », même si les États-Unis restaient engagés.

« Si cette politique de confusion et d’incertitudes liées au Plan global d’action commun (PGAC) continue, et si les entreprises et les banques ne travaillent pas avec l’Iran, nous ne pourrons pas rester engagés dans un accord qui ne nous avantage pas », a ajouté Araghchi selon Reuters. « C’est un fait. »

Il a estimé que les déclarations de Donald Trump « sont une violation de l’accord, du contenu même du texte ».

Araghchi a également rejeté l’opinion des États-Unis et d’Israël, selon lesquels l’accord ne restreignait pas l’Iran concernant ses activités nucléaires.

« Il n’y a pas de clause de temporisation dans le PGAC. Bien que l’administration américaine et Trump parlent d’une ‘clause de temporisation’ et que le PGAC n’a été signé que pour 10 ans, ce n’est pas vrai », a-t-il insisté. « L’engagement de l’Iran dans le PGAC de ne pas opter pour des armes nucléaires est permanent. »

Araghchi a rejeté la demande de Trump d’aborder d’autres questions dans le cadre de la poursuite de l’accord nucléaire – et notamment d’aborder la question du programme de missiles balistiques en plein essor du pays.

Un tel mouvement signifierait que les pays qui ont négocié le PGAC « perdront non seulement le PGAC, mais rendront d’autres problèmes plus compliqués et plus difficiles à résoudre. Si nous perdons le PGAC, nous serons confrontés à une nouvelle crise nucléaire qui serait très difficile à résoudre », a-t-il prévenu.

« Pour les Européens et la communauté internationale, quand on parle de maintenir le PGAC et de le sauver, ce n’est pas un choix entre le marché iranien ou américain, ce n’est pas un choix de coopération économique : c’est un choix entre sécurité ou insécurité », a-t-il ajouté.

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, Donald Trump n’a cessé de critiquer cet accord conclu sous l’administration Obama, « le pire » jamais négocié par les États-Unis selon lui. Il s’est cependant refusé jusqu’ici à y mettre fin, malgré ses « terribles lacunes ».

https://fr.timesofisrael.com/faute-de-retombees-economiques-liran-pourrait-abandonner-laccord-du-nucleaire/

08/02/2018 : Aéronautique : des commandes livrées au compte-gouttes à Téhéran

En an, Airbus n'a pu livrer 9 appareils compagnie nationale iranienne : A320 monocouloirs A330 bicouloirs.

Un an après la commande de 106 Airbus, le constructeur n'a pu livrer que 9 appareils à la compagnie nationale iranienne. En cause: la menace d'un retour des sanctions américaines.

Un an après la commande par Iran Air de 106 Airbus destinés à remplacer une flotte à bout de souffle après 30 ans d'embargo, les livraisons d'avions à Téhéran se font encore au compte-gouttes et l'épée de Damocles d'un possible veto américain reste suspendue au-dessus de ce contrat d'une valeur de 20 milliards de dollars. En un an, Airbus n'a pu livrer que 9 appareils à la compagnie nationale iranienne : des A320 monocouloirs et des A330 bicouloirs. Quant à la commande de 80 Boeing également passée en 2016, et qui avait été suivie d'une deuxième commande de 60 appareils en juin 2017, elle n'a pas encore débouché sur la moindre livraison.

 

Financement compliqué

En 2016, les autorités américaines avaient pourtant donné le feu vert à la reprise des ventes d'avions à l'Iran, suite à l'accord trouvé en juillet 2015 sur le nucléaire iranien. Mais la simple éventualité d'une remise en cause de cet accord par l'administration Trump a suffi à compliquer le financement des achats d'avions et à retarder les livraisons. Craignant un possible retour des sanctions contre l'Iran, les banques américaines, mais également européennes et asiatiques, renâclent à s'engager auprès des compagnies iraniennes avant d'être fixées sur les intentions de Washington. De leur côté, les autorités iraniennes rechignent à verser des acomptes pour des livraisons qui pourraient être annulées.

Cette incertitude ne pénalise pas seulement Airbus et Boeing, mais aussi le fabricant d'avions à hélices ATR et  Airbus Helicopters , qui ont également remporté de juteux contrats en Iran. Elle pourrait également expliquer l'abandon du projet d'accord entre l'Iran, le groupe Bouygues et le groupe ADP pour la modernisation de l'aéroport de Téhéran.

Malgré ces difficultés et ses retards, ni Airbus ni Boeing ne semblent toutefois prêts à renoncer. Avec un transport aérien en plein boom, illustré par l'émergence de plusieurs compagnies privées, une flotte de 250 avions civils au trois-quart obsolète et des besoins d'avions estimés à quelque 400 appareils sur 20 ans, l'Iran reste en effet l'un des marchés émergents les plus prometteurs qui soit.

https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/0301268111799-aeronautique-des-commandes-livrees-au-compte-gouttes-a-teheran-2151969.php#vCQC2HjGlaky1ov7.99

Le 08/02/2018 : La France est devenue le quatrième partenaire commercial de Téhéran

Les obstacles sont loin d'être levés mais l'intérêt des entreprises françaises pour le marché iranien demeure, malgré l'inconnue posée par la politique américaine.

La levée des sanctions depuis  l'accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015 a conduit la France à se positionner comme le quatrième partenaire commercial actuel de Téheran, derrière l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas. Sa part de marché est encore faible (1 % contre 4 % pour l'Allemagne), mais l'activité commerciale entre la France et l'Iran a doublé l'an dernier par rapport à 2016. Selon les derniers chiffres du Trésor, sur les dix premiers mois de 2017, les exportations françaises ont atteint 1,2 milliard d'euros tandis que les importations se sont établies à 2 milliards d'euros, essentiellement dans les hydrocarbures.

Les Français prennent notamment position sur les marchés des transports, de la santé et de l'aéronautique. Renault a ainsi profité de sa bonne implantation en Iran, qui est devenu le huitième marché du groupe, avec 162.000 ventes en 2017 (+49 %). Vinci attend les concessions pour rénover et exploiter les aéroports de Masshad et d'Ispahan. Un intermédiaire financier a vu son volume d'affaires progresser de 30 % l'an dernier. Mais parce que les structures de financement font gravement défaut, « il y a eu entre 300 et 400 millions d'exportations de la France vers l'Iran qui n'ont pas pu se faire en 2017 », estime-t-il.

 

L'inconnue américaine

L'incertitude concernant les sanctions américaines est le facteur le plus inhibant pour les entreprises. Le président Trump a donné un ultimatum aux Européens pour remédier « aux défauts » de l'accord sur le nucléaire de 2015 et le sauver avant le 12 mai prochain.

 

Le dollar, l'arme qui tient les entreprises à distance de l'Iran

Faute de quoi, tout peut arriver, à commencer par le rétablissement de sanctions extraterritoriales qui puniraient des entreprises non-américaines de commercer avec l'Iran. Ce serait « un vrai problème », a déclaré jeudi le patron de Total. « Nous devons trouver un moyen, au cas où le pire arrive... de protéger les sociétés européennes et leurs investissements », a souligné Patrick Pouyanné. « La situation est très paradoxale. Le Président Trump a causé beaucoup d'anxiété, mais depuis quelques semaines, nous voyons revenir des entreprises de taille conséquente dans le cadre de projets à mener en Iran », observe cependant Mahasti Razavi, avocat associé chez August Debouzy.

 

BPI lancera son offre en juin

Les difficultés de financement privé -faute de pouvoir utiliser le dollar- sont l'autre obstacle majeur. Les pouvoirs publics tentent d'utiliser BPI France pour combler le vide laissé par les banques françaises qui refusent de s'impliquer. La BPI (Banque publique d'investissement) est en train de mettre au point une assurance crédit publique qui viendra en complément d'une offre de financement bancaire via BPI Financement.

Il y a un flot d'affaires naturel de 1,5 milliard d'euros entre la France et l'Iran.

Elle va profiter d'une première allocation de 100 millions d'euros votée par le Parlement pour commencer à financer les projets des entreprises françaises. « Il y a un flot d'affaires naturel de 1,5 milliard d'euros entre la France et l'Iran », constatait jeudi Nicolas Dufourcq à la conférence euromoney à Paris sur l'Iran. L'activité d'assurance-crédit ne pèse pas sur le bilan de BPI France et n'est donc pas limitée. Pour ce qui est du financement, il faudra une seconde enveloppe des pouvoirs publics puis la levée d'un fonds dédié en euro au commerce avec l'Iran. Le PDG de BPI France a annoncé le lancement de l'offre de financement en juin prochain.

 

Poursuite des réformes à Téhéran

Les investisseurs étrangers  attendent encore beaucoup de progrès en Iran . Il faut que le pays améliore la solidité de son système bancaire comme sa transparence financière : il est encore sur la liste du Gafi pour financement du terrorisme et blanchiment d'argent.

Les entreprises étrangères se plaignent du double taux de change -celui établi par la Banque centrale d'Iran et le taux du marché -qui renchérit beaucoup le coût d'acquisition de biens pour les Iraniens. Les investisseurs souhaitent également des réformes du marché du travail et du système fiscal. Enfin, ils attendent la mise en place d'une structure pour arbitrer les différends commerciaux. « Il faut des règles plus claires sur la propriété et alléger les procédures de licences, souligne Alia Moubayed, de l'International Institute for Strategic Studies. Comme il faut des réformes structurelles, de la gouvernance d'entreprise et des investissements en infrastructures et logisitiques ». Autant de sujets, qui en plus de la question des missiles balistiques et des crises au Moyen-Orient, animeront les discussions de Jean-Yves Le Drian le 4 mars prochain à Téhéran, avant celle du président Macron en mai.

https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/0301271322034-la-france-est-devenue-le-quatrieme-partenaire-commercial-de-teheran-2151974.php#iV2Rikqf5RLQ5Yf2.99

18/10/2017 : Total respectera la loi internationale en Iran  

Total respectera la loi internationale quant à son accord gazier en Iran si les Etats-Unis venaient à rétablir les sanctions économiques contre ce pays, a déclaré  le PDG du groupe Patrick Pouyanné.Le groupe français avait pris la tête d'un consortium international pour signer en juillet un accord de 4,8 milliards de dollars avec Téhéran.

L'accord sur le nucléaire avec l'Iran est désormais remis en question par la décision du président américain Donald Trump de ne pas certifier le respect de cet accord par Téhéran, ce qui ouvre la porte à de nouvelles sanctions par le Congrès américain."La balle est désormais dans le camp du Congrès. Attendons de voir ce qu'ils décident", a temporisé M. Pouyanné devant des journalistes lors de la conférence Oil & Money, à Londres.

L'accord sur le nucléaire avec l'Iran est désormais remis en question par la décision du président américain Donald Trump de ne pas certifier le respect de cet accord par Téhéran, ce qui ouvre la porte à de nouvelles sanctions par le Congrès américain."La balle est désormais dans le camp du Congrès. Attendons de voir ce qu'ils décident", a temporisé M. Pouyanné devant des journalistes lors de la conférence Oil & Money, à Londres.

Selon lui, les soixante jours dont dispose le Congrès pour décider de relancer ou non les sanctions contre l'Iran laissent le temps nécessaire à Total, qui comptait démarrer la prochaine phase de son opération à la fin de l'année. "Tout cela est compatible, et nous laissera le temps de comprendre les implications légales de la décision du Congrès. Mais nous obéirons à la loi", a-t-il reconnu. "Je suis prêt à quitter (l'accord, ndlr). Nous sommes exposés à hauteur d'un milliard de dollars. C'est un montant important, mais c'est acceptable pour un groupe de notre taille", a-t-il affirmé.

Par ailleurs, M. Pouyanné n'a pas exclu un retour à la situation de 1997, quand des sanctions américaines avaient été prises contre l'Iran. "A l'époque, nous avions obtenu une exemption des Etats-Unis avec le soutien des Européens. Si c'est une issue possible, nous la prendrons, mais tout cela dépendra de la réaction du Congrès", a-t-il affirmé.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/10/18/97002-20171018FILWWW00153-total-respectera-la-loi-internationale-en-iran-pouyanne.php

SUISSE : Les exportations vers l'Iran croissent sans les banques

L'accord commercial Suisse-Iran commence à porter ses fruits. Les exportations ont crû de 20% de janvier à juillet. Toutefois, la plupart des banques helvétiques ne font toujours pas affaire dans la République islamique malgré la levée des sanctions contre Téhéran.

La Suisse a ratifié un accord de commerce avec l'Iran à la mi-mars. Signé en 2005, il n'était pas encore entré en vigueur depuis. Grâce à son adoption, les exportations helvétiques vers le marché iranien, hors métaux précieux, ont bondi de 24,7% à 294,9 millions de francs sur les sept premiers mois de 2017 - une première depuis des années.

«L'évolution positive des exportations de produits, sans compter les métaux précieux, se poursuit cette année», relève Fabian Maienfisch, porte-parole du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). L'an dernier, les exportations, à l'exclusion des métaux précieux, avaient grimpé de 11,1% à 496,1 millions de francs au regard de 2015.

Parallèlement à la communauté internationale, la Suisse a levé ses sanctions contre l'Iran début 2016. Depuis, aucune obligation de déclaration ou d'approbation n'est soumise pour les transferts monétaires de et vers les résidents iraniens et les organisations.

 
 

Plus de sécurité juridique

Le nouvel accord doit renforcer la protection de la propriété intellectuelle et améliorer la sécurité juridique des échanges commerciaux. Il permet également de réduire la discrimination potentielle des entreprises suisses. La création d'une commission économique mixte est, en outre, prévue.

Malgré une amélioration des conditions d'exportation, un écueil reste: les transferts monétaires vers et de l'Iran. Les banques suisses ne souhaitent pas engager de relations d'affaires avec ce pays. «Vu que les Etats-Unis maintiennent de nombreuses sanctions, les banques ne se sentent pas à l'aise pour renouveler les transactions avec l'Iran», note Fabio Sonderer, porte-parole d'UBS.

Credit Suisse avance la même explication. «Bien que la communauté internationale ait mis fin à une partie des sanctions imposées à l'Iran, certaines demeurent en vigueur avec des conséquences sur nos affaires internationales», souligne Tobias Plangg, porte-parole du numéro deux bancaire suisse. Une reprise des activités serait prématurée également pour la Banque cantonale de Zurich, selon sa porte-parole, Marilena Baiatu.

Lobbying auprès des Etats-Unis

Le Seco en est convaincu: la politique monétaire frileuse des banques suisses ne facilite pas le développement des affaires avec les entreprises locales. Pour comprendre les sanctions restantes et améliorer la sécurité juridique, les experts de la Confédération ont organisé de nombreuses séances d'information, précise Fabian Maienfisch.

Même l'agence du Trésor américain chargée des sanctions (Ofac) a été conviée lors d'un événement destiné aux acteurs de la finance. A-t-elle prêté une oreille attentive aux banques helvétiques? La question reste ouverte. «L'Ofac a pris connaissance des arguments suisses», indique le porte-parole du SECO. (ats/nxp)

« Le commerce entre le Canada et l'Iran commence à prendre forme » annonce la Radio Canada. Mais en lisant l’article, on a du mal à arriver au même résumé de la situation…

En fait (rien de nouveau !), les canadiens rencontrent les mêmes difficultés que les entreprises européennes. Sauf une qui ne facilite pas les démarches des entreprises canadiennes : les liens diplomatiques ne sont toujours pas rétablis entre Ottawa et Téhéran.

Pour le reste, c’est « comme d’hab » :

- les plus intéressés par le marché iranien sont les secteurs du pétrole et du gaz, du transport, de la pharmacologie, de la construction, de l'aérospatiale

- certains produits sont toujours interdits (Ex : du bois : bois d'œuvre, bois à pâte)

  • marchandises d'origine américaine
  • matériel à double usage et nucléaire

- toujours et encore : les problèmes avec les banques qui ne veulent (ont peur) d’accompagner leurs clients sur le marché iranien (ainsi que les assureurs)

L’extraterritorialité du droit américain détermine un bon nombre de ces difficultés pour les entreprises européennes, je ne sais pas si les entreprises canadiennes voient les choses de la même manière.

 

Résultat : depuis la levée d'une partie des sanctions économiques en février 2016 (cela fait plus d’un an !), 30 permis d'exportation ont été accordés à des entreprises canadiennes pour faire des affaires en Iran…

 

17/04/2017 : Le commerce entre le Canada et l'Iran commence à prendre forme, par Raphaël Bouvier-Auclair

…Chaque semaine, de cinq à sept demandes sont formulées au gouvernement fédéral par des entrepreneurs canadiens qui sont à la recherche d'informations pour percer le marché iranien.

Selon des renseignements obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information, les secteurs dans lesquels ces entreprises exercent leurs activités sont variés. Ainsi, des entreprises liées aux secteurs du pétrole et du gaz, du transport, de la pharmacologie, de la construction, de l'aérospatiale et de l'agriculture se sont renseignées auprès des autorités fédérales au cours de la dernière année…

En février 2016, le gouvernement Trudeau a annoncé la levée d'une partie des sanctions économiques, ce qui facilite le commerce.

Certains produits sont toujours strictement contrôlés et leur exportation doit être approuvée par des licences.

À ce jour, 30 permis d'exportation vers la République islamique ont été accordés. Le bureau du ministre du Commerce international affirme qu'il s'agit de biens de nature non stratégique. Il précise que cela concerne surtout des produits provenant des États-Unis, pour lesquels des approbations sont toujours nécessaires.

Certains produits contrôlés nécessitant toujours un permis:

En plus de certaines sanctions toujours en place, il est difficile d'effectuer des transferts bancaires.

Selon Thomas Juneau, professeur adjoint à l'Université d'Ottawa, le contexte géopolitique n'a rien pour rassurer les potentiels investisseurs.

Depuis 2012, l'ambassade canadienne à Téhéran est vide. Le gouvernement Trudeau s'est engagé à rétablir les liens diplomatiques, mais aucune échéance n'a été fixée par Ottawa.

La Chambre de commerce du Canada souhaiterait que d'ici la réouverture d'une ambassade, Ottawa se dote de représentants sur le terrain pour aider à développer la relation d'affaires.

Pour l'instant, l'option d'envoyer des délégués commerciaux n'est pas envisagée par le gouvernement fédéral.

*          *          *

16/01/2017 : Une PME craint de perdre un gros contrat faute d'ambassade du Canada en Iran, par Bahador Zabihiyan

Une PME montréalaise estime que l'absence d'ambassade canadienne en Iran pourrait lui faire perdre un contrat de plusieurs dizaines de millions, alors que les entreprises européennes et asiatiques peuvent compter sur leurs diplomates respectifs à Téhéran pour les aider à faire des affaires.

À l’usine AS Composite de Pointe-Claire, on fabrique des panneaux d'un genre particulier. Ils font 2 centimètres d’épaisseur, ils sont très légers et, surtout, très résistants... AS Composite exporte sa technologie brevetée, en mettant sur pied des co-entreprises. La compagnie en a déjà créé une en Algérie.

…Et depuis quelques mois, son entreprise peut en théorie exporter vers l’Iran… Mais les relations entre le Canada et l'Iran sont loin d'être au beau fixe…

Le chef d'entreprise craint de passer à côté d'un contrat de plusieurs dizaines de millions de dollars, car il est très difficile d'obtenir des visas pour inviter des clients potentiels à Pointe-Claire.

« Sans voir les machines, je ne pense pas que quelqu'un soit prêt à signer un chèque de quelques millions de dollars pour acheter des machines. »

Autre problème : les banques canadiennes ne veulent pas l'aider dans ses projets. Même chose du côté d'Exportation et développement Canada (EDC), qui offre des services d’assurance.

« On est presque à la limite de signer une entente finale, mais encore, le financement, c'est toujours un problème. Si les banques canadiennes ou EDC m’avaient soutenu, j’aurais déjà signé », déplore l'entrepreneur.

 

Affaires mondiales Canada ne donne pas de date en ce qui concerne une éventuelle réouverture des ambassades respectives, précisant toutefois que les relations diplomatiques ont été rétablies.

…Toutefois, le ministère indique que les entreprises canadiennes sont libres d'aller faire des affaires en République islamique, du moment qu'elles respectent les règlements internationaux.

 

A lire les articles :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1028271/commerce-canada-iran-commence-prendre-forme-levee-sanctions-economiques

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1010643/iran-canada-as-composite-auryce-ambassade

20.04.2016 : IRAN: EXPÉDIER DU PÉTROLE SANS TANKERS

L'Iran est prêt à inonder le marché mondial de son pétrole alors que le pays ne dispose pas d'assez de tankers pour expédier cet or noir.

…les livraisons de pétrole brut iranien ont augmenté en avril de 600.000 barils par jour ce qui a totalement compensé la baisse de la production de pétrole aux États-Unis.

Actuellement, des pétroliers iraniens se dirigent vers des lieux d'expéditions situés majoritairement en Asie. Cependant, il existe une condition importante qui mettrait prochainement fin à de telles démarches de l'Iran. Selon les informations de Reuters, plusieurs navires iraniens ne sont pas destinés à expédier du fret mais sont notamment utilisés en tant qu’entrepôts flottants.

L'Iran dispose de 50 à 60 tankers tandis que seulement une trentaine de navires stationnent près des terminaux de stockage de pétrole. En outre, environ 20 pétroliers devront être modernisés afin de correspondre aux standards actuels. 11 autres tankers sont actuellement déployés en Asie, précise Reuters.

Il n'y a rien d'étonnant à ce que l'Iran aspire également à augmenter ses livraisons de pétrole en Europe, cela l'oblige néanmoins à louer des tankers à d'autres pays. Il y a cependant un obstacle: presque personne ne veut prêter ses navires à l'Iran en raison des sanctions à son encontre. Il est aussi interdit de faire commerce avec le pays en dollars, l'implication de sociétés et banques américaines est également strictement proscrite.

En réalité, depuis la levée des sanctions anti-iraniennes, seulement huit tankers étrangers, transportant environ huit millions de barils de pétrole, ont expédié l'hydrocarbure dans des pays européens. A titre d'exemple, en 2012, l'Iran transportait la même quantité en 10 jours.

…Le fait que l'Arabie saoudite et le Bahreïn empêchent actuellement les pétroliers iraniens d'entrer dans leurs ports figure dans une note envoyée par une entreprise d'assurance de fret. Le texte indique notamment que si des navires ont visité un port iranien lors de leurs trois derniers amarrages, ils seront obligés d'obtenir une permission des autorités saoudiennes ou bahreïniennes pour entrer dans leurs eaux territoriales…

https://fr.sputniknews.com/international/201604201024397107-petrole-iran-sanctions-europe/

 

11.06.2016 : L'IRAN SIGNE DES CONTRATS PÉTROLIERS AVEC TROIS PAYS  EUROPÉENS

"L'Iran a signé des contrats sur la vente de pétrole avec des sociétés italienne (Saras), espagnole (Repsol) et grecque (Hellenic Petroleum)", a indiqué le responsable iranien, cité par l'agence IRNA.

"Nous avons immédiatement lancé des négociations sur la reprise des livraisons de pétrole après la levée des sanctions. Nous avons réussi à vite récupérer la plus grande partie de notre ancien marché en Europe et en Asie. Cette rapidité a surpris de nombreux analystes. Le marché européen a favorablement accueilli le pétrole iranien. A l'heure actuelle, l'Europe reçoit entre 600.000 et 700.000 barils de pétrole iranien par jour", a ajouté M.Kamsari.

…Les prix mondiaux du pétrole ont chuté de 115 dollars à moins de 30 dollars le baril entre juin 2014 et janvier 2016, atteignant leur plus bas niveau suite à la surabondance de l'offre mondiale d'or noir…

Texte intégral : https://fr.sputniknews.com/economie/201606111025756928-iran-petrole-contrats-en-europe/

Fév. 2016 : Sanctions américaines / IRAN

Sans entrer dans le détail, complexe, des sanctions américaines qui ont été levées, les points suivants doivent être conservés à l’esprit :

  1. L’allègement concerne essentiellement des sanctions américaines “secondaires” : il s’agit de sanctions qui étaient applicables à des personnes n’étant pas considérées comme “US Persons”, pour leurs activités impliquant l’Iran qui se déroulaient entièrement en dehors des Etats-Unis…
  2. L’allègement ne s’applique pas aux activités dans lesquelles sont impliquées des personnes dont le nom figure sur les listes de l’OFAC (SDN, FSE et NS-ISA).

NB : 400 noms ont été retirés au 16 janvier 2016, mais il reste encore plus de 200 noms sur les listes de l’OFAC6.

Les sanctions “secondaires” restent en vigueur et sont susceptibles de s’appliquer aux “non US Persons” pour toute opération dans laquelle une personne figurant sur ces listes est impliquée.

Attention : Les assureurs, courtiers et réassureurs non américains sont donc encore susceptibles d’être visés par des sanctions américaines s’ils souscrivent un risque ou règlent un sinistre impliquant une personne qui figure sur les listes de l’OFAC.

  1. L’allègement ne concerne que des sanctions qui étaient liées au programme nucléaire de l’Iran.

- Les programmes de sanction à l’encontre de l’Iran fondés sur d’autres motifs restent en vigueur (violation des droits de l’homme, prolifération des armes de destruction massive, …).

  1. Les institutions financières américaines restent soumises à l’interdiction de participer à des transactions financières impliquant l’Iran.

Attention : Les transactions en US dollars présentant un lien avec l’Iran ne peuvent toujours pas être compensées par les institutions financières américaines.

En conséquence, les courtiers et assureurs, qu’ils soient ou non américains, continuent à ne pas pouvoir collecter des primes ou régler des indemnités d’assurance en US dollars si le risque souscrit ou le sinistre ont un lien avec l’Iran.

http://www.hfw.com/Levee-des-sanctions-contre-l-Iran-ce-qu-il-faut-savoir-Fevrier-2016

26.01.2016, LE MONDE par Claire Guélaud : Avec la levée des sanctions, l’Iran, sorti de récession en 2014, pourrait voir sa croissance atteindre 4 % en 2016 et 4,2 % en 2017. La production industrielle progresserait de 5 % par an et ce, pour la plus grande satisfaction des Européens qui vont profiter à plein de la réouverture de ce marché de 80 millions d’habitants. C’est ce qu’estiment les économistes du groupe Euler Hermes dans une étude intitulée « Iran : Back in the Game ? ».

Après des années de fermeture, les besoins iraniens en infrastructures et l’appétit de consommation de la classe moyenne sont immenses. Les investissements directs étrangers (IDE), en hausse, devraient s’établir à 3,7 milliards de dollars en 2017 et bénéficier notamment au secteur de l’énergie, les gisements de gaz et de pétrole iraniens nécessitant de lourds investissements. L’autre secteur dopé par la réouverture du pays est l’automobile…

 

À vérifier si ces prédiction quand nous aurons les résultats du 2017 ! Possible monitoring intermédiaire : avec les résultats de 2016…

27.01.2016 : LE MONDE, par Louis Imbert : COMMENT LES ENTREPRISES FRANÇAISES VONT PROFITER DE L’OUVERTURE DE L’IRAN

Le président iranien, Hassan Rohani a atterri à l’aéroport du Bourget, mercredi 27 janvier (2016), pour une visite de deux jours – la première d’un président iranien en France depuis 1999 –, après un passage à Rome et au Vatican.

…L’Iran a cruellement besoin d’investissements étrangers pour relancer sa croissance – et pour se garantir contre un éventuel retour des sanctions, en liant son sort au plus grand nombre d’entreprises internationales possibles…

Certaines entreprises ont maintenu une présence symbolique en Iran, ce que les autorités ont apprécié. Renault a ainsi continué à exporter des pièces pour assembler la version locale de sa Logan. Total a maintenu un bureau de moins de dix employés, tous iraniens…

Les entreprises françaises abordent un marché avide de produits occidentaux, après des années de saturation chinoise. Les ménages, comme les entreprises, reportent depuis juillet 2015 achats et investissements, attendant le retour des marques internationales…

Le gouvernement iranien a déjà annoncé son intention d’acheter jusqu’à 127 appareils auprès d’Airbus. Des avions moyen-courriers comme des gros-porteurs.

Des contrats sont également attendus dans le ferroviaire et l’aéroportuaire.

Sont cités également les attentes et les perspectives pour Aéroports de Paris ingénierie, Bouygues et Vinci… Renault et PSA… Peugeot pourrait y revenir en co-entreprise avec le groupe local Iran Khodro, qui produirait à terme 200 000 véhicules par an, selon une source gouvernementale française.

Des contrats sont encore attendus dans l’agriculture, le secteur hospitalier et la pharmacie. Les produits pharmaceutiques, qui n’étaient pas soumis aux sanctions, représentent aujourd’hui le tiers des exportations directes françaises en Iran…

…Les Français avancent cependant très prudemment. D’abord en raison du dispositif de snap back prévu par l’accord, qui permet le rétablissement des sanctions en cas de manquement de l’Iran à ses obligations nucléaires…

La question du financement sera également longue à résoudre. Des transferts de fonds directs vers les banques iraniennes seront bientôt possibles en vingt-quatre heures, avec la reprise d’accords de correspondance bancaire (c’est beau de rêver…). Mais le crédit pose problème aux grandes banques françaises, qui ont des intérêts aux États-Unis, pays qui maintient un éventail de sanctions antérieures à la crise nucléaire et interdit les transactions en dollars avec l’Iran.

http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/01/27/comment-les-entreprises-francaises-vont-profiter-de-l-ouverture-de-l-iran_4854763_1656968.html

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