« Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », saison 2019

Episode 5, 2019 « La multiplication des sanctions rend la conformité incontournable »

Forum MOCI, juin 2019 

Personne ne peut y échapper. La conformité au droit américain s'impose à tous. A Cuba, comme en Iran, en Syrie, au Soudan ou en Libye, les entreprises du monde entier sont soumises aux lois d’extraterritorialité des États-Unis (loi Helms-Burton contre Cuba...).

« C’est le musée des horreurs. Les États-Unis gèrent la conformité dans le monde », a dénoncé ainsi Fabien Buhler, le président de la société de commerce Devexport, en ouvrant la table ronde « Risque de conformité : les bonnes pratiques pour éviter l’impact des sanctions internationales (Iran, Russie, Ukraine, Cuba, etc.) », lors du 10e Forum Moci Risques et Opportunités du 28 juin à Paris.

« Un demi-siècle après la création de l’Organisation des Nations Unies, les règles de l’Onu sont bafouées », a poursuivi cet expert du commerce international, qui a illustré ses propos sur l’unilatéralisme américain à travers plusieurs exemples. Ainsi, une société française vendant aux Émirats arabes unis des produits fabriqués en Inde a été sanctionnée parce que le bateau transportant la marchandise a fait escale en Iran.

Les banques frileuses depuis l’affaire BNP Paribas

Avec les États-Unis, le diable est dans les détails. Le pays de l’Oncle Sam joue sur du velours, car aucune société ne peut faire l’impasse sur son grand marché, le premier au monde. Y compris les banques.

Ainsi, le géant BNP Paribas a bien été puni d’avoir contourné l’embargo décrété par Washington sur l’Iran, le Soudan et la Libye. Pour ne pas se voir retiré sa licence outre-Atlantique, le groupe tricolore a dû se résoudre à payer une amende de plus de 9 milliards de dollars. Plusieurs autres banques françaises et européennes ont été sanctionnées par la suite.

Du coup, les banques sont devenues frileuses et appliquent la conformité - ou complianceen anglais-  jusqu’à l’extrême. « Elles ont tendance à l’over compliance », a confirmé Fabien Buhler.

Il a raconté, devant les hommes d’affaires réunis par Le Moci, une autre histoire particulièrement édifiante : celle d’une banque qui avait rejeté le paiement d’une livraison de matières premières à Cuba, adossée, pourtant, à un financement international qu'elle avait validé. L’exportateur français a dû recourir à la Banque de France et au médiateur du crédit pour avoir gain de cause. Si sa banque a finalement accepté de mener à terme les dossiers en cours, elle a, toutefois, refusé d’en ouvrir de nouveaux.

La loi américaine de 1972, arme de guerre commerciale

Dans le cas de l’Iran, l’initiative européenne Instex, en réaction à l’embargo américain sur ce pays, peine a voir le jour de façon opérationnelle, les banques refusant d’y souscrire. Allemands, Français et Britanniques pensaient, pourtant, avoir trouvé la parade à l’interdit américain. Instex avait été créée en janvier dernier. Cette société devait, sans utiliser le dollar, proposer un système de compensation permettant d’échanger des produits hors sanctions (médicaments, denrées alimentaires). Mais les banques n’ont pas suivi, de peur d’être poursuivies par la justice américaine.

Pour imposer ses règles, Washington s’appuie sur une loi de 1977, le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), dont l'usage par les Etats-Unis s'est amplifié dans les années 2000 et est devenue sous Donald Trump « une loi de guerre commerciale », selon Thomas Perathoner, directeur Marketing France de Bureau van Dijk, spécialiste mondial des informations financières et commerciales.

Dans les faits, le FCPA permet aux États-Unis de traquer les malversations d'une entreprise dans le monde entier, dès lors que ses transactions transitent par le circuit financier américain. Une chose est sûre : « dans les deux  tiers des cas, ce sont les Européens qui sont les victimes », a pointé Thomas Perathoner.

Quel schéma logistique adopter ?

La conformité touche des domaines assez divers. « C’est de la douane, avec de l’Export Control, de la lutte contre la corruption et le terrorisme, c'est aussi du respect de l’environnement et de l’éthique », énumérait Alexandre Cuvelier, président de la société de conseil en compliance Archilog.

Selon ce spécialiste, la question à se poser est celle du schéma logistique à adapter à un environnement instable. En l’occurrence, rien n’est simple. On peut se montrer vigilant, adopter des systèmes de contrôle que l’on pense efficaces, bien que lourds, et être confronté, quand même, à des conséquences inattendues et négatives. Il faut donc aussi savoir dire non à une opération.

Pour illustrer à son tour ses propos, Alexandre Cuvelier a relaté l’histoire suivante : à la demande d’une société américaine produisant au Mexique pour le marché américain et en Pologne pour le marché européen, Archilog a réalisé une étude d’impact en prévision de sanctions commerciales que menaçaient de prendre les États-Unis contre le Mexique – sanctions qui n’ont finalement pas été prises.

La solution trouvée était alors d’importer de Pologne aux États-Unis et de livrer l’Europe à partir du Mexique. Si elle avait été appliquée, le bilan en aurait été catastrophique à plusieurs titres : d’abord, en termes de coût de transport et d’environnement, donc de marges ; ensuite, d’emploi ; sans compter, enfin, la débauche d’énergie et le temps passé à mettre en place le nouveau circuit commercial.

Être conforme est obligatoire même pour les PME

En matière de compliance, les États-Unis ne sont pas seuls à prendre des mesures. Ainsi, l’Onu, à travers les résolutions du Conseil de sécurité, l’Union européenne ou encore ses États membres peuvent agir dans ce sens. Mieux vaut donc examiner à deux fois les risques et bien connaître le destinataire économique final de l'opération.

A cet égard, à côté de prestataires d'informations et de conseils spécialisés, des sources d'information fiables et gratuites existes sur les pays et entités sous sanction.

La carte interactive de la Douane française donne un aperçu des restrictions commerciales prises à l’encontre de certains pays.

La Direction générale du Trésor a aussi listé sur son site www.tresor.economie.gouv.frdes sanctions à l’encontre de 28 pays et entités. Les cinq mesures qui peuvent être prises sont le gel d’avoirs (personnes physiques ou morales), les embargos sectoriels et militaires, les interdictions touchant les équipements de répression interne et les pays.

« Vous n’avez pas le choix. Vous devez vous adapter, car le coût serait sans doute plus important si vous étiez éjecté du marché », a répondu Thomas Perathoner à un entrepreneur qui l’interrogeait lors du forum Moci sur la nécessité pour une PME de respecter les règles de conformité. « La meilleure solution, c’est la prévention. Ça coûte moins financièrement que de faire du curatif », a renchéri Alexandre Cuvelier.

A cet égard, Thomas Perathoner s'est réjouit que le secteur privé en France commence à prendre au sérieux les lois anti-corruption. La loi Sapin 2 de 2017, relative à la transparence, la lutte contre la corruption, la modernisation de la vie économique, l’incite de plus en plus à se doter de codes de bonne conduite et de responsables de la compliance, ce qui est positif. Pour une entreprise, estimait-il, « cette politique peut se transformer en atout compétitif, car c’est l’image de la société qui en ressort renforcée ».

 pour réduire ses dépenses en particulier. Mais dès qu’une société a décidé de s’engager dans une démarche proactive, elle n’a d’autre choix que de maîtriser son environnement réglementaire.

Dans ce cas, le screening de l’entreprise peut s’imposer. Encore une fois, le diable est dans les détails. Une entreprise s’est vue quasiment interdire d’exporter des stations d’épuration d’eau en Iran pendant six mois parce que sa documentation mentionnait « centrifugeuses ».

De même, il faut que l’utilisation finale d’un produit corresponde à l’emploi déclaré. Il convient donc de vérifier si une licence d’exportation est requise, s’il y a un risque de détournement à des fins autres – militaire, chimique, nucléaire, biologique – si un certificat d’utilisation finale doit être fourni ou encore si le produit risque d’être transféré à un tiers.

Évidemment, de façon générale, les lois en vigueur et règlementations en matière de contrôle des exportations, quand les pays de destination sont autorisés, doivent être consultées. Attention notamment à ce que certains produits ne figurent pas dans les listes de biens à double usage. Dans un monde global, la compliance est devenue ainsi une obligation. Mais aussi un atout pour ceux qui s’adaptent.

Episode 4, 2019 « Les guerres commerciales sont coûteuses, inutiles et nuisent à l’économie américaine »

Guerre commerciale : Nike, Adidas et autres veulent un « cessez-le-feu » entre Etats-Unis et Chine
21 mai 2019 : Selon les équipementiers sportifs, le consommateur américain sera la première victime de ce conflit.

 

Les équipementiers sportifs et les enseignes de distribution de chaussures s’inquiètent de cette guerre commerciale et tirent la sonnette d’alarme. Donald Trump veut appliquer 25 % de droits de douane sur un ensemble de marchandises importé de Chine, telles que des baskets ou des jouets… Une mesure qui intervient après une première salve visant les matériaux industriels et les composants.

 

Matt Priest, patron de la Footwear Distributors & Retailers of America, a dénoncé les effets néfastes de ces tensions. « Le président a affirmé que les guerres commerciales sont faciles à gagner, mais ce que notre industrie a toujours su est en train de se réaliser : les guerres commerciales sont coûteuses, inutiles et nuisent à l’économie américaine. L’industrie de la chaussure appelle l’Administration Trump à faire preuve de véritable leadership et à déclarer un cessez-le-feu à ce conflit auto-infligé », a-t-il lancé.

 

Des paroles qui ont du poids puisque la FDRA regroupe de grands équipementiers et enseignes tels que Nike, Adidas, Converse, Doc Martens, Puma, Foot Locker ou encore Walmart, le numéro un mondial de la distribution. Pour ces marques, c’est le consommateur américain qui sera la première victime de ce conflit.

Il faut plusieurs années pour modifier un circuit d’approvisionnement

Selon la chaîne d’information CNBC, les Etats-Unis ont importé en 2018 pour 10,23 milliards d'euros de chaussures fabriquées en Chine. Or, selon les calculs de la FDRA, une paire de baskets en toile vendue 44 euros pourrait atteindre 58 euros dans les prochains mois. Au total, le surcoût supporté par les Américains pour acheter des baskets serait équivalent à 6,2 milliards d’euros sur une année.

Mais surtout, la Chine reste est un élément clé de la chaîne d’approvisionnement des fabricants de chaussures américains avec 72 % des produits importés en 2017.

 

Chez Nike, près d’un tiers des chaussures et des vêtements ont été fabriqués en Chine au cours de l’exercice 2018. La marque à la virgule rappelle à l’administration Trump qu’il faut plusieurs années pour modifier les circuits d’approvisionnement. « Les entreprises ne peuvent pas simplement déplacer des usines pour s’adapter à ces changements ».

La chaîne de distribution Walmart a aussi prévenu que les prix pourraient augmenter sensiblement dans d’autres secteurs comme les vêtements ou les articles de voyage.

http://www.leparisien.fr/economie/guerre-commerciale-nike-adidas-et-autres-veulent-un-cessez-le-feu-entre-etats-unis-et-chine-21-05-2019-8076432.php

Episode 3, 2019 « L'Administration américaine contre les consommateurs... américains »

Ça, c'est la Guerre ! États-Unis / Chine : des MILLIERS de produits menacés. L'Administration américaine contre les consommateurs... américains 

 

  • - La Chine "a annoncé le 13 mai son intention d'augmenter ses tarifs sur 60 milliards de dollars de marchandises américaines à partir du 1er juin. ...Bœuf, céréales, sucre, légumes congelés, articles de beauté, produits chimiques, pneus, gaz, bois..."

 

  • Les Etats-Unis :

L'Administration Trump ne faisant pas les choses à moitié, le 13 mai est aussi le jour qu’ont choisi les États-Unis pour présenter une nouvelle liste de produits qui seraient susceptibles d’entrer dans une nouvelle salve de sanctions éventuelles, portant cette fois ci sur 300 milliards de dollars supplémentaires de marchandises importées de Chine.

 

Les Américains ont dépensé 1 milliard de $ en 2017 pour "les téléphones cellulaires (44,5 milliards), les ordinateurs portables (37,2 milliards) et les jouets (12,2 milliards)." 

 

NB : Exemptions pour certains produits pharmaceutiques et médicaux et "stratégiques" (terres rares et autres minerais). 

 

"…une très grande hétérogénéité des domaines concernés" : l’alimentation (lait, fromage, sucre, chocolat, fruits et légumes...), la mode/décoration, la porcelaine, les verres de table, les bijoux, les instruments de musique, les raquettes de badminton, les stylos, les peignes, les équipement, les produits et alliages à base d’acier, de fer, d’aluminium, des machines (boulangerie, bière, impression textile, sciage, machines à laver…) ou encore les batteries de stockage cadmium-nickel ou de lithium-ion…

 

NB : Exemptions pour certains produits pharmaceutiques et médicaux et "stratégiques" (terres rares et autres minerais). 

 

"…une très grande hétérogénéité des domaines concernés" : l’alimentation (lait, fromage, sucre, chocolat, fruits et légumes...), la mode/décoration, la porcelaine, les verres de table, les bijoux, les instruments de musique, les raquettes de badminton, les stylos, les peignes, les équipement, les produits et alliages à base d’acier, de fer, d’aluminium, des machines (boulangerie, bière, impression textile, sciage, machines à laver…) ou encore les batteries de stockage cadmium-nickel ou de lithium-ion…

 

Le calendrier sera le suivant :

-10 juin 2019: date limite pour le dépôt des demandes de comparution et résumé du témoignage attendu à l'audience publique.

-17 juin 2019: Date limite de soumission des commentaires écrits.

-17 juin 2019: le Comité de la Section 301 organisera une audience publique.

Source : 

https://www.lemoci.com/lettre-confidentielle/etats-unis-chine-des-milliers-de-produits-frappes-de-surtaxes-douanieres/ 

Episode 2, 2019 « Les batailles dans les airs se gagnent "pieds sur terre" »

Le point de vue

26 avril 2019 : Politique de sanctions américaines : vers une nouvelle guerre commerciale ?

par Sylvie Matelly


Washington a récemment intensifié ses mesures de rétorsion envers les régimes cubain et iranien afin de les isoler sur le plan international, et par là même menace les pays qui commercent avec eux. La politique extérieure de Donald Trump est de plus en plus agressive et renforce les tensions commerciales avec ses partenaires. Quelles sont les perspectives économiques de telles sanctions ? Les autres pays ont-ils voix au chapitre ? Le point sur la situation avec Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’IRIS.


Les États-Unis multiplient les sanctions économiques envers Cuba et l’Iran, et par ricochet leurs partenaires commerciaux, grâce à des lois extraterritoriales. De telles mesures sont-elles légales du point de vue du droit international ?


Les sanctions sont des mesures qui sont normalement prises par les Nations unies dans le cadre du Conseil de sécurité. Si elles sont adoptées, la transposition de ces sanctions par tous les pays – y compris les États-Unis – est tout à fait légale et légitime. Un certain nombre de sanctions économiques sont, par ailleurs, prises de manière unilatérale par un certain nombre d’acteurs étatiques, dont les États-Unis.


La pratique de telles sanctions unilatérales n’est pas généralisée dans le monde et seuls quelques pays imposent cela : Européens et Américains, plus rarement, Chinois, Russes, Japonais ou autres. Les plus petits pays ne peuvent par définition pas prendre un tel risque, des rétorsions pourraient leur être fatales.


Dans ce contexte, ces sanctions unilatérales, donc les sanctions américaines, sont-elles illégales ? En tant que telles, pas forcément. Tous les pays ont le droit de se protéger d’un acte qu’ils jugent comme une agression ou un danger pour leur sécurité nationale et c’est souvent ainsi que sont présentées ces sanctions. De ce point de vue, les éventuels dépôts de plaintes auprès de l’Organe de règlement des différends (ORD) sont quasiment inutiles et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) n’est pas à même d’apprécier la légalité de ces sanctions.

C’est plus la question de leur légitimé qui est posée pour ce qui concerne les sanctions en tant que telles.


Pour autant, l’interprétation très large du périmètre de ces sanctions par les autorités américaines autour de la question de l’extraterritorialité est discutable. Contrairement à une idée reçue, toutes les lois américaines n’ont pas une portée extraterritoriale. Les sanctions primaires votées par le Congrès sont censées ne s’appliquer qu’aux citoyens étasuniens ; les sanctions secondaires, imposées par le président des États-Unis, peuvent, elles, avoir une portée extraterritoriale s’il le décide.


Cela veut donc dire que les États-Unis s’autorisent à imposer à tout le monde et menacer de fait toutes les entreprises ou tous les individus qui ont des intérêts aux États-Unis d’une manière ou d’une autre. C’est du chantage pur et simple et la légalité de telles pratiques est très discutable, c’est certain. Le dollar étant la monnaie internationale la plus employée et l’économie américaine étant au cœur de l’économie mondiale, leur pouvoir est immense. En effet, à partir du moment où vous commercez en dollar, vous êtes liés aux États-Unis et dépendants de ce pays. Il est aujourd’hui indispensable de rectifier le tir, en développant des mécanismes, des modèles, en orientant une globalisation pour qu’elle soit plus multipolaire qu’elle ne l’est et en limitant ce pouvoir absolu américain.


Face à de telles pratiques, l’Union européenne a-t-elle les moyens de répliquer ? Les organisations internationales peuvent-elles réguler un tel comportement ?


Les organisations internationales sont complètement hors sujet. D’abord parce qu’à part les Nations unies, il n’y a aucune organisation internationale qui s’occupe de sanctions internationales, et deuxièmement parce que l’on voit bien la position assez radicale du président américain aujourd’hui : si l’OMC ou toute autre institution commence à venir le gêner dans sa politique, les États-Unis en sortiront et ce type de chantage n’est pas le seul fait du président Trump, d’autres avant lui (George W. Bush ou même Bill Clinton) tardaient à honorer le versement de leur quote-part à ces organisations en cas de désaccords. Les organisations internationales sont elles aussi très dépendantes des financements américains, membre le plus riche. Elles peuvent donc peu de chose.


L’Union européenne (UE) a-t-elle les moyens de répondre ? Si elle ne le peut pas, qui en a les moyens ? L’UE est la deuxième puissance économique au monde, devant la Chine, derrière les États-Unis bien sûr. C’est un partenaire de premier plan pour les États-Unis. Lorsque la loi Helms-Burton a été mise en place par les États-Unis en 1996, les Européens ont voté ce qu’on appelle aujourd’hui le « règlement de blocage » et les Américains n’ont pas mis à exécution leurs menaces à l’encontre des Européens. Cela prouve que l’UE est une force économique et qu’elle a un poids politique quand elle le souhaite.


Mais pour s’opposer et avoir une stratégie commune, parce que c’est la seule chose qui peut fonctionner – la France ou l’Allemagne, seules, n’en ont pas les moyens –, il faut être uni et partager le même diagnostic et la même volonté politique. Or - on s’en est aperçu très récemment avec la volonté des Européens de négocier un accord commercial avec les États-Unis -, les pays membres de l’UE ont des intérêts très différents à coopérer ou au contraire à s’opposer fermement aux États-Unis. Il y a un certain nombre de pays, Allemagne en tête, qui sont prêts à coopérer avec les États-Unis, quel qu’en soit le prix, y compris celui de renoncer à une certaine souveraineté, parce que les intérêts économiques en jeu sont beaucoup plus importants. C’est bien là le maillon faible de l’UE. On peut imaginer des tas de mesures : une plus grande coopération avec d’autres pays comme le Japon, la Chine, la Corée du Sud, le Canada, etc., sur certains dossiers, réfléchir à des mesures de contournement du dollar (étendre le mécanisme de troc par exemple, lois de blocage, rétorsions européennes, etc.). Mais la question sous-jacente est celle d’une volonté commune, et c’est là le point le plus important.

Ces sanctions américaines touchent à la fois les pays visés et leurs partenaires commerciaux, notamment la Chine qui dépend du pétrole iranien. Sommes-nous à l’aube d’une guerre commerciale à grande échelle ?


Nous sommes déjà dans une forme de guerre commerciale et même de guerre économique. Les États-Unis y sont tout puissants, incontournables et divisés, aucun pays ne peut influer sur la trajectoire qu’ils sont en train de prendre. Ils ont identifié, probablement avant n’importe qui, qu’une mutation structurelle était en cours. Cette mutation est multidimensionnelle, à la fois sociale et sociétale, technologique et politique. Elle fera des gagnants, toujours plus riches et prospères et des exclus, toujours plus marginaux. Ils n’envisagent à aucun moment de ne pas en être les grands vainqueurs comme ce fut le cas par le passé, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale ou encore de la guerre froide. C’est dans ce sens qu’il faut interpréter et comprendre leur(s) politique(s).


Le président Trump est quant à lui convaincu que c’est lui et son équipe qui sont les mieux à même de relever ce défi et ils visent une réélection en 2020 pour poursuivre le travail engagé. Nul doute que pour y parvenir, ils vont durcir encore plus le ton ; c’est en ce sens que l’on peut interpréter les annonces faites récemment. Dans l’espoir d’être réélu, Donald Trump se radicalisera encore plus et il sera probablement soutenu par le camp des républicains dans cette voie. John McCain décédé, trouvera-t-il de nouveaux opposants au sein de son camp ? Rien n’est moins sûr !

http://www.iris-france.org/136209-politique-de-sanctions-americaines-vers-une-nouvelle-guerre-commerciale/

Episode 1, 2019 « Les batailles dans les airs se gagnent "pieds sur terre" »

19 avril 2019 : Guerre commerciale UE – USA : Boeing au cœur d’une nouvelle tension

Les deux puissances économiques seraient depuis 2004 en arbitrage devant l’organisation mondiale du Commerce pour des accusations réciproques de subventions illégales aux deux géants de l’aéronautique commerciale. Depuis, alors que l’UE semble s’être conformée aux recommandations, les USA eux ne semblent pas être prêts à lâcher du lest, obligeant les européens à engager des contremesures.

 

Des « contremesures » sur les produits américains

Ce mercredi, la commission européenne sur son compte twitter partageait ; « Nous lançons une consultation publique sur les contre-mesures pour les produits américains à la suite de l’alerte de l’OMC sur les subventions de Boeing ». Une consultation qui selon la presse internationale durerait jusqu’au 31 Mai prochain et concernerait essentiellement en une hausse des taxes sur des produits phares sur les marchés européens. Le litige entre les deux puissances serait vieux de plusieurs années. Les compagnies Airbus de gestion européenne et Boeing de gestion américaine, bénéficierait depuis des décennies d’allègement fiscal, et de subventions de la part de leur ‘’pères’’ respectifs, mais selon l’OMC cet état de chose ne respectait pas les règles de « commerce équitable » que les deux puissances avaient accepté de ratifier.

Cependant bien l’UE, bon élève avait fait des efforts dans ce sens, le gouvernement américain tout à son ‘’America First’’ aurait selon un récent rapport de l’Organisation, continué à soutenir fiscalement et financièrement Boeing, en proie d’ailleurs à de terribles revers commerciaux depuis le crash de deux de ces modèles récents d’avions commerciaux…

L’Union des 28 aurait donc décidé ; malgré le vote sans la France, ce lundi de la reprise de relations commerciales plus formelles avec les USA ; de prendre à l’encontre des USA des mesures de représailles importantes si les USA ne revenait à de meilleurs sentiments. « Nous devons continuer à défendre des règles du jeu équitables pour notre industrie (…) L’UE reste ouverte à des discussions avec les Etats-Unis, pour autant qu’elles se déroulent sans conditions préalables et visent un résultat équitable » déclarait en substance, Cecilia Malmström, la commissaire européenne au Commerce.

https://lanouvelletribune.info/2019/04/guerre-commerciale-ue-usa-boeing-au-coeur-dune-nouvelle-tension/

« Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », saison 2018

« Episode spéciale : APRES LE G(?) », saison 2018

12/06/2018 Un député fédéral propose des sanctions contre les actifs financiers de Trump

Alors que la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis menace de s’envenimer, un député fédéral a suggéré au gouvernement mardi de frapper le président américain Donald Trump personnellement, c’est-à-dire en ciblant ses multiples actifs financiers.

«Contrairement aux précédents présidents américains, Donald Trump s’est rendu vulnérable en ne se départissant pas de ses intérêts d’affaires. Pour appliquer davantage de pression, le gouvernement a-t-il envisagé des sanctions ciblant la Trump Organization plutôt que le peuple américain», a lancé l’ancien néodémocrate Erin Weir durant la période de questions.

Depuis qu'il a été élu président des États-Unis, Donald Trump a conservé toutes ses parts de la Trump Organization, un empire international d’environ 500 entreprises, et possède des actifs financiers d’une valeur d’environ 3,1 milliards $, selon une recension effectuée en février par le magazine Forbes.

La tension a monté d’un cran mardi dans l’affrontement commercial entre Ottawa et Washington, alors que le président américain a menacé de faire payer cher aux Canadiens les propos du premier ministre Justin Trudeau.

Ce dernier a expliqué, en conférence de presse samedi dernier au terme du sommet du G7, que les surtaxes douanières imposées par les États-Unis sur l’acier et l’aluminium canadiens étaient insultantes.

Si le Canada a répliqué à ces tarifs en imposant des surtaxes équivalentes aux Américains, ceux-ci menacent maintenant de cibler l’industrie automobile canadienne.

Puisque le fédéral a aussi répliqué aux tarifs américains avec des sanctions sur certains produits sélectionnés pour nuire à Trump dans les États et districts qui lui sont favorables, il est maintenant temps de viser le président de manière plus personnelle, selon Erin Weir.

Le gouvernement n’a pas commenté directement la proposition de sanctions économiques, une mesure habituellement réservée aux ressortissants de régimes tels que la Russie, l’Iran, la Corée du Nord ou le Venezuela.

«Nous sommes maintenant en période de consultations et nous écoutons les idées de tous les Canadiens sur ce qui devrait se trouver sur notre liste de contre-mesures», a réagi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, esquivant la question d’Erin Weir…

http://www.tvanouvelles.ca/2018/06/12/un-depute-federal-propose-des-sanctions-contre-les-actifs-financiers-de-trump

Bruxelles riposte mollement à Washington

01/06/2018

La Commission européenne a porté plainte vendredi contre les surtaxes américaines sur l’acier et l’aluminium auprès de l’OMC. Mais elle compte aussi s’allier aux entreprises, aux travailleurs et aux consommateurs américains qui vont pâtir des surtaxes pour faire pression sur l’administration Trump

«Les États-Unis se trompent d’ennemi. Le problème de surcapacité d’acier sur le marché mondial est bien réel, mais la responsabilité ne revient pas à l’Union européenne.» C’est en ces termes que, dépitée et presque en s’excusant, que Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du Commerce, a annoncé vendredi que la Commission venait de porter plainte contre les surtaxes américaines sur l’acier et l’aluminium européens, entrées en vigueur le même jour.

Autre riposte: dans une vingtaine de jours, la Commission aura fini d’évaluer les conséquences des sanctions américaines. Elle frapperait alors à son tour et en conséquence les produits américains entrant en Europe d’une surtaxe. Une liste qui paraît anecdotique (beurre de cacahuètes, jeans Levi’s, jus d’orange, whisky Jack Daniel’s et motos Harley-Davidson) a déjà été déposée auprès de l’OMC.

«Entre alliés traditionnels»

Mais par-dessus tout, Cecilia Malmström a plaidé pour reprendre le dialogue «entre alliés traditionnels» pour sanctionner le vrai coupable de l’excès d’acier: la Chine, en l’occurrence. Pour ménager les États-Unis, la commissaire a annoncé avoir introduit une plainte à l’OMC contre la Chine. Motif: Pékin oblige les entreprises européennes à partager leurs technologies.

La réponse européenne ne s’arrête pas là. En imposant des tarifs sur l’acier et l’aluminium européens, mais aussi canadiens et mexicains – les trois représentent 44% de toutes les importations d’acier au premier trimestre 2018 –, l’administration Trump a fait beaucoup de mécontents aux États-Unis mêmes. Plus particulièrement les entreprises qui importent les métaux pour la transformation. Selon un diplomate européen, Bruxelles compte en faire des alliées tactiques. Et les entreprises candidates sont nombreuses.

Perte de compétitivité américaine

À commencer par les membres de la Coalition of American Metal Manufacturers and Users. Cette association affirme que le prix de l’acier a déjà augmenté de 12% depuis mars. Selon elle, le fossé entre les prix américain, européen et asiatique se creuse, faisant perdre la compétitivité des entreprises américaines. L’Alliance of Automobile Manufacturers abonde, affirmant que les constructeurs ne pourront jamais passer la totalité du surcoût aux consommateurs.

Le Financial Times de vendredi donne l’exemple de Deere. Le constructeur d’équipements lourds utilisés dans les grands travaux se plaint aussi de la hausse des prix. Mais il espère y faire face grâce à un programme de réduction des coûts.

200 000 emplois perdus en 2002

Pour sa part, Alcoa, le géant américain de l’aluminium, compte demander une exemption à Washington. Ses deux fourneaux sont basés au Canada; dès lors, il devra s’acquitter des surtaxes à l’importation de sa propre production.

 «L’administration Trump vient d’ouvrir la voie aux mesures de rétorsion qui pénaliseront les exportations agricoles», se plaint Farmers for Free Trade, une association dont les membres sont présents sur le marché international, cité toujours dans le quotidien économique. Selon elle, l’agriculture américaine payera le prix fort et licenciera sans doute des dizaines de milliers d’ouvriers.

En 2002, environ 200 000 emplois avaient été détruits lorsque le président d’alors, George Bush, avait introduit une surtaxe sur l’acier. Condamnée à l’OMC, la mesure avait été levée après vingt et un mois.


Poison commercial

Bruxelles a les moyens de riposter aux attaques commerciales américaines. Mais les États-membres veulent-ils vraiment d’un conflit ouvert avec Washington?

Donald Trump dispose d’un allié sournois dans sa guérilla commerciale sur l’acier avec l’Union européenne: la défiance. La bataille, en effet, est inégale. Même si les négociations commerciales sont une compétence indiscutée de la Commission, seule à représenter les intérêts des Etats-membres dans les instances internationales, la politique refait toujours son apparition dans les moments de tension. Et qui dit politique, au niveau de l’UE, dit toujours risque de divergence, voire de collision, entre Bruxelles et les 27 autres capitales en ces temps de fièvre souverainiste et d’europhobie croissante

Double bataille

Le plus probable, à court terme, est bien sûr que les Européens se montreront unis face au forcing américain, surtout dans l’enceinte de l’Organisation mondiale du commerce. Mais les responsables communautaires savent que les procédures de l’OMC exigent de la patience et que Donald Trump continuera à ouvrir d’autres fronts, en particulier sur l’Iran et les sanctions extraterritoriales. Ils savent aussi que la proximité des élections européennes de 2019 promet de renforcer la rhétorique protectionniste. D’autant que les gouvernements les plus pro-Trump au sein de l’UE, comme ceux au pouvoir en Hongrie ou en Pologne, affichent de bons résultats économiques et n’ont pas – contrairement à l’Allemagne, à la France ou à l’Italie – d’industries métallurgiques exportatrices susceptibles de souffrir immédiatement des taxes imposées outre-Atlantique.

Une double bataille s’engage donc: commerciale et communautaire. Le nationalisme économique insufflé par Washington est, que Bruxelles l’admette ou non, un puissant poison.

https://www.letemps.ch/economie/bruxelles-riposte-mollement-washington?utm_source=Newsletters&utm_campaign=8d1d5ef109-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_56c41a402e-8d1d5ef109-109991953

Mars 2018

General Producer

 
Donald TRUMP

Episode 1 "Les Etats-Unis contre tous"

03/03/2018 : « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner ». Cette déclaration d’une superbe présomption et d’une abyssale bêtise est de Donald Trump. Il l’a tweeté hier matin.

Il est assez évident que certains pays, comme la Chine, profitent à outrance du marché américain. Mais Trump a placé indistinctement tous les pays dans le même sac. Résultat : les dirigeants du monde entier dénoncent les États-Unis. Même à l’intérieur des États-Unis, de nombreux dirigeants dénoncent la guerre commerciale que Trump veut entreprendre.

1 Quel est le plan du président ?

La guerre commerciale dans l’acier et l’aluminium ne serait que le premier coup de canon de la guerre commerciale globale que Trump veut lancer. Trois scénarios sont sur la table : 1) des tarifs punitifs pour tous ; 2) des tarifs punitifs pour tous et encore plus pour certains pays ; 3) des quotas pour tous.

2 Les guerres commerciales sont-elles bonnes et faciles ?

Déjà, la présence du mot « guerre » dans l’expression aurait dû éveiller les soupçons de Trump. Il faut être particulièrement malade pour supposer qu’une guerre est une bonne chose, qu’elle soit commerciale ou non. Ensuite, affirmer qu’une guerre est facile à gagner est le genre de pari qui caractérise les ignorants.

Rappelons que les États-Unis ont toutes les peines du monde à sanctionner économiquement un petit pays comme la Corée du Nord. La Russie, qui depuis 2014 est frappée de sanctions économiques américaines et européennes, s’en tire plutôt assez bien.

3 Avec quels pays Trump entrerait-il en guerre commerciale ?

Trump voudrait engager une guerre commerciale sur l’acier et l’aluminium avec, entre autres, le Canada, le Mexique, la Corée du Sud, le Japon, le Brésil, l’Union européenne et la Chine. Il entrerait ainsi en guerre commerciale avec 60 % de la planète économique. Partout, les réactions sont très dures. En particulier, Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne, a annoncé qu’il allait élaborer des mesures de rétorsion contre les États-Unis.

4 Pourquoi les guerres commerciales sont-elles dangereuses ?

Le protectionnisme exagéré est souvent vu comme une des principales causes des deux guerres mondiales. En effet, quand les marchés sont trop fermés, les grandes puissances ont tendance à vouloir les envahir grâce à des conquêtes militaires, ne serait-ce que pour garantir leur approvisionnement en ressources naturelles.

Par ailleurs, la mondialisation a amené divers pays à se spécialiser dans des domaines où ils réussissent mieux que les autres. Une guerre commerciale mondiale remettrait en question cette spécialisation. Bien que cette remise en question puisse être justifiable dans certains cas, elle serait déstabilisatrice si elle était globale.

5 Quels seraient les effets d’une guerre commerciale pour les États-Unis ?

Les Américains souffriraient beaucoup d’une guerre commerciale, même si cette guerre ne touchait que l’acier et l’aluminium. Tous les produits fabriqués à partir d’acier ou d’aluminium pourraient être frappés. Par exemple, la compagnie Toyota vient d’avertir les consommateurs américains que leurs autos coûteraient beaucoup plus cher en cas de guerre commerciale.

Les pays frappés par des surtaxes américaines pourraient décider de ne plus acheter d’avions américains. Des usines américaines à hauts salaires fermeraient. À la fin, le paysage économique américain changerait. L’économie américaine deviendrait moins spécialisée et plus générale. Elle serait probablement moins puissante. Mais elle réussirait à absorber les nouveaux travailleurs américains, issus en grande partie de l’immigration latino-américaine. Ceux-ci sont moins éduqués que les travailleurs de la génération précédente. Ils ont donc besoin d’emplois moins spécialisés.

http://www.journaldemontreal.com/2018/03/03/trump-aime-les-guerres

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02/03/2018 : TRUMP LANCE LA GUERRE COMMERCIALE

Le président américain a annoncé la 01/03/2018 des mesures antidumping sur l’acier et l’aluminium. Il vise surtout les exportations chinoises, mais n’épargne pas les autres pays producteurs, y compris la Suisse. Les réactions fusent, mais il assure que «les guerres commerciales sont faciles à gagner»

Dans une interview au Temps la semaine passée, le directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevedo, mettait en garde: «Une guerre commerciale serait catastrophique pour tout le monde et personne n’en sortirait gagnant.» Les prémices d’une telle guerre sont maintenant posées.

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi soir que des surtaxes de 25% sur les produits d’acier et 10% sur les produits d’aluminium seront promulguées dans une semaine, et que «celles-ci seront appliquées pendant longtemps».

Le 02/03/2018, il s'est réjoui des réactions préoccupées des partenaires commerciaux des États-Unis. «Quand un pays (les États-Unis) perd des milliards de dollars en commerçant avec virtuellement tous les pays avec lesquels il fait des affaires, les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner», a twitté le président américain.

«Par exemple, quand on a un déficit de 100 milliards de dollars avec un pays et qu'il fait le malin, on arrête de faire des affaires et on gagne gros. C'est facile», a ajouté Donald Trump.

 

When a country (USA) is losing many billions of dollars on trade with virtually every country it does business with, trade wars are good, and easy to win. Example, when we are down $100 billion with a certain country and they get cute, don’t trade anymore-we win big. It’s easy!

11:50 AM - Mar 2, 2018

 

La Suisse touchée

Craignant une bagarre dont on ne sait pas quand elle sera terminée, Wall Street a dévissé jeudi soir de plus de 2%. Vendredi matin, les bourses asiatiques ont suivi la dégringolade. Le Nikkei, par exemple, perdait 2,5% à la clôture. Dans un marché hautement volatile et incertain depuis une dizaine de jours, la décision américaine équivaut à jeter de l’huile sur le feu.

Les réactions n’ont pas tardé. Bien que ces mesures visent avant tout la Chine, elles n’épargneront pas les exportateurs japonais, sud-coréens, canadiens, européens, ni bien sûr la Suisse. La Confédération exporte de l’acier spécialisé et de très haute qualité, nécessaire dans les technologies de pointe aux États-Unis.

Bras de fer

«Au lieu d’apporter une solution, la décision américaine ne peut qu’aggraver les choses», a prévenu jeudi soir Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. L’UE a déjà annoncé qu’elle engagera un bras de fer avec les États-Unis auprès de l’OMC, gardienne du libre-échange et du multilatéralisme commercial. Elle a promis de réagir «fermement et proportionnellement pour défendre (ses) intérêts». L’Allemagne, qui a une forte industrie sidérurgique, s’est dite particulièrement inquiète des mesures de sauvegarde américaines. Pour le Canada, les mesures américaines sont «inacceptables».

Mais c’est surtout avec la Chine que les États-Unis de Trump cherchent la bagarre. Washington accuse le gouvernement chinois de subventionner la production d’acier et d’aluminium, de provoquer une surproduction mondiale et de dumping. Lors de sa campagne électorale en 2006, le candidat Trump n’avait jamais caché son intention de sanctionner les Chinois, qui selon lui sont responsables de la mort lente de la «ceinture de rouille» dans le Midwest et volent les emplois américains.

Le Midwest avait voté Trump

En annonçant les mesures antidumping, le président Donald Trump respecte avant tout une de ses promesses électorales. Le Midwest l’avait effectivement élu avec force lors du scrutin présidentiel de novembre 2016.

Il y a sans doute une part de vérité dans les accusations américaines contre la Chine. Cette dernière ne nie pas les faits, et lors des forums multilatéraux elle s’est engagée à réduire sa surcapacité. Le dialogue n’est pas rompu, mais les États-Unis n’en ont pas tenu compte.

Une balle dans le pied

Les producteurs chinois vont en pâtir: leurs produits frappés des droits de douane antidumping seront moins compétitifs sur le marché américain. Mais, comble de l’ironie, les consommateurs américains en feront aussi les frais en payant plus cher les produits d’acier. Donald Trump s’est tiré une balle dans le pied.

L’industrie automobile américaine, par exemple, est une première victime toute désignée. Les constructeurs sont confrontés à un essoufflement du marché: la vente de voitures neuves a diminué de 2% en 2017. La tendance devrait se poursuivre en 2018. Avec le renchérissement de l’acier et de l’aluminium, elle ne pourrait que s’aggraver.

https://www.letemps.ch/economie/donald-trump-lance-guerre-commerciale

 

 

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Donald Trump attaque ses partenaires commerciaux

C’est l’indignation générale après l’annonce de surtaxes américaines sur l’acier et l’aluminium. Bruxelles prépare des mesures de rétorsion. Le président américain lance bel et bien la guerre commerciale

Face au tollé qui s’est élevé parmi ses principaux partenaires commerciaux à l’annonce jeudi soir des surtaxes américaines sur l’acier et sur l’aluminium importés aux États-Unis, le président américain Donald Trump n’a pas bronché. «Lorsqu’un pays, les États-Unis, perd des milliards de dollars dans les échanges avec ses partenaires, il y a du bon dans les guerres commerciales et il est facile de les remporter», a-t-il twitté vendredi matin. La veille, sans donner de détails, il avait affirmé que l’acier importé serait taxé à 25% et l’aluminium à 10%. Ces mesures seront promulguées la semaine prochaine et resteront en vigueur pendant une longue période, selon le président américain.

La guerre commerciale que Donald Trump avait annoncée contre la Chine lorsqu’il était candidat à la présidence américaine est ainsi lancée. Mais le défendeur d’«America First» frappe tous ses principaux partenaires commerciaux, dont l’Union européenne (UE), le Japon, le Canada et, bien sûr, la Chine. La Suisse, qui exporte de l’acier de très haute qualité, ne sera pas épargnée non plus.

 

Mesures de rétorsion

Bruxelles n’exclut pas des mesures de rétorsion. «Au lieu d’apporter une solution, cette décision ne fait qu’aggraver les choses, a prévenu jeudi Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que notre industrie est frappée par des mesures injustes.» Selon Eurofer, l’association européenne des producteurs d’acier, les surtaxes concernent des exportations de 35 millions de tonnes par année pour une valeur de 30 milliards d’euros. «Le président Trump a choisi l’option la plus disruptive parmi celles qui lui ont été recommandées par son secrétaire d’État au Commerce», a réagi vendredi le président d’Eurofer.

Pour le Canada, les surtaxes américaines sont «inacceptables». D’autant plus que ce sont les États-Unis qui affichent un surplus de 2 milliards dans le commerce de l’acier. Le Japon s’est aussi offusqué: les voitures japonaises fabriquées aux États-Unis coûteront plus cher.

C’est la Chine que le président américain a dans son viseur, même si les exportations chinoises vers les États-Unis sont moindres que celles de l’UE, du Canada, du Brésil et du Mexique. Pékin a gardé son calme vendredi. «La Chine demande aux États-Unis de refréner l’usage de mesures protectionnistes et de respecter les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)», a déclaré une porte-parole gouvernementale. En janvier, l’administration américaine avait déjà sévi contre la Chine, en imposant des mesures antidumping contre les panneaux solaires et les grandes machines à laver.

 

Un vrai problème chinois

Il y a pourtant un vrai problème d’acier chinois. L’Empire du Milieu assure la moitié de la production mondiale. Ses capacités, subventionnées par l’Etat chinois, provoquent une chute des prix. Pékin reconnaît le problème et affirme avoir réduit de 50 millions de tonnes les capacités de production en 2017.

D’ici à la semaine prochaine, Donald Trump pourrait appliquer les mesures de sauvegarde uniquement à la Chine. Selon l’OMC, qui ne veut pas commenter l’annonce du président, «les règles actuelles de l’OMC permettent de cibler un seul pays au nom de la sécurité nationale». Les marchés, qui traversent une période de forte volatilité, n’ont pas aimé voir surgir le spectre d’une guerre commerciale. Jeudi soir, les bourses américaines avaient dévissé jusqu’à 1,7%. L’Asie et l’Europe ont suivi vendredi.

D’après de nombreux analystes, une guerre commerciale représente l’un des risques majeurs pouvant faire dérailler l’économie mondiale, qui se trouve actuellement, après plusieurs années de crise, en phase de croissance. Dans une interview au Temps la semaine passée, le directeur de l’OMC, Roberto Azevêdo, mettait en garde: «Une guerre commerciale serait catastrophique pour tout le monde. Personne n’en sortirait gagnant.» Vendredi, il s’est déclaré «préoccupé par l’annonce américaine» et a affirmé que «les risques d’escalade sont réels».

 

La Suisse s’inquiète

Petit acteur dans l’industrie de l’acier et de l’aluminium, la Suisse ne sera tout de même pas épargnée par les mesures de sauvegarde annoncées par le président Donald Trump. En 2017, elle avait exporté pour près de 62 millions de francs de ces métaux. Il s’agit surtout de produits finis à haute valeur ajoutée, destinés à la haute technologie.

«Les autorités suisses suivent de près les mesures de défense commerciale annoncées par les États-Unis, a déclaré un porte-parole du Secrétariat d’État à l’économie (Seco). En tant qu’économie orientée vers l’exportation, nous regrettons cette évolution et continuons de soutenir l’ouverture des marchés internationaux.» Les effets des mesures sur les exportations suisses vers les États-Unis sont en cours d’analyse à Berne.

Ce n’est pas la première fois que la Suisse est concernée par des mesures de sauvegarde américaines. En 2002, et c’était une première, Berne avait déposé une plainte contre les États-Unis, en même temps que l’Union européenne et d’autre pays. L’OMC avait alors donné raison aux plaignants.

https://www.letemps.ch/

Episode 2 "L'UE prépare des contre-mesures"

https://www.challenges.fr/

02.03.2018 : Taxation des importations: Bruxelles montre les muscles face à Trump

L'Union européenne envisage d'appliquer des tarifs douaniers de 25% sur environ 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) d'importations en provenance des États-Unis si Donald Trump met à exécution son projet d'imposer des droits de douane américains sur l'acier et l'aluminium.

 

L'Union européenne prépare des mesures de rétorsion sur des entreprises américaines après l'annonce par le président américain Donald Trump de taxer fortement les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis. "L'UE prépare des contre-mesures concernant les droits d'importation de produits américains, notamment Harley-Davidson, Bourbon et les jeans Levi's", selon des propos rapportés par la porte-parole du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker vendredi devant des journalistes allemands.

Bruxelles envisage d'appliquer des tarifs douaniers de 25% sur environ 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) d'importations en provenance des États-Unis si Donald Trump met à exécution son projet. La Commission européenne a dit qu'elle réagirait "avec fermeté" au projet du président américain d'imposer des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium.

Jean-Claude Juncker a déclaré vendredi que l'UE n'aurait pas d'autre choix que de répondre de la même manière si les États-Unis instauraient effectivement ces tarifs douaniers sur les importations d'acier et d'aluminium en provenance d'Europe. "Si les Américains imposent des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium, nous devons traiter les produits américains de la même manière", a déclaré Jean-Claude Juncker à la télévision publique allemande.

Washington pourra-t-il appliquer des mesures de sauvegarde?

La Commission européenne a dit qu'elle se joindrait à d'autres pays pour contester devant l'Organisation mondiale du Commerce d'éventuels droits de douane imposés par les États-Unis et qu'elle envisagerait des mesures de sauvegarde à l'instar de celles adoptées en 2002. Une contre-mesure supplémentaire à l'étude ciblerait spécifiquement les États-Unis pour "rééquilibrer" les échanges entres les deux blocs, ont dit les sources.

Les exportations européennes d'acier et d'aluminium aux États-Unis ont représenté respectivement 5,3 milliards d'euros (6,53 milliards de dollars) et 1,1 milliard d'euros en 2017. Pour certaines qualités d'acier, les États-Unis ne peuvent pas démontrer une quelconque augmentation des importations l'année dernière, ont dit les sources, ce qui signifie que Washington ne serait pas autorisé à leur appliquer des mesures de sauvegarde.

Les exportations européennes de ces types d'acier représentaient 2,8 milliards d'euros (3,5 milliards de dollars). Si les tarifs douaniers américains concernaient tous les types d'aciers européens, l'UE appliquerait des droits de 25% sur l'équivalent de 2,8 milliards d'euros de produits en provenance des États-Unis.

Un tiers de ces produits seraient certains types d'acier, un autre tiers des produits manufacturés et un dernier tiers des produits agricoles. La liste des produits doit être présentée la semaine prochaine aux pays membres, qui devront donner leur accord.

https://www.challenges.fr

Episode 3, 2018 : "Trump, juste et intelligent..."

https://fr.express.live/ 04/03/2018 : Donald Trump va un pas plus loin: il veut taxer les constructeurs de voitures européens

Elodie Debiere

Le président américain a répliqué aux contre-mesures que l'Union européenne veut mettre en place concernant plusieurs produits américains. Si l'UE ose répliquer à son idée d'instaurer des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium alors il taxera les fabricants de voitures européens.

 

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

When a country Taxes our products coming in at, say, 50%, and we Tax the same product coming into our country at ZERO, not fair or smart. We will soon be starting RECIPROCAL TAXES so that we will charge the same thing as they charge us. $800 Billion Trade Deficit-have no choice!

2:57 PM - Mar 2, 2018

 

Le président américain semble prêt à se lancer dans une guerre commerciale avec les partenaires commerciaux des États-Unis. Tout a commencé ce jeudi quand il a déclaré vouloir instaurer des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium pour protéger l'industrie sidérurgique de son pays. Il a également menacé ses partenaires commerciaux de taxes réciproques. "Quand un pays taxe nos produits à 50% et que nous taxons le même produit venant chez nous à 0%, ce n'est pas juste ni intelligent. Nous voulons instaurer des taxes réciproques pour que nous demandions la même chose qu'ils nous demandent. Avec un déficit de 800 milliards de dollars, nous n'avons pas le choix!" a tweeté Donald Trump. Toutes ces mesures ont irrité les partenaires des États-Unis, dont l'Union européenne. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a directement réagi en prévenant que l'Union européenne ne resterait "pas les bras croisés pendant que notre industrie est frappée par des mesures injustes". Des contre-mesures concernant des produits américains ont été évoquées. On parle notamment de Harley-Davidson, la marque de whisky Bourbon et les jeans Levi's.

 

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

If the E.U. wants to further increase their already massive tariffs and barriers on U.S. companies doing business there, we will simply apply a Tax on their Cars which freely pour into the U.S. They make it impossible for our cars (and more) to sell there. Big trade imbalance!

6:53 PM - Mar 3, 2018

 

Des taxes sur les voitures

En entendant cela, Donald Trump est encore monté d'un cran: il a menacé de taxer les fabricants de voitures européens si l'Europe osait répliquer à ses mesures. Il a tweeté que "si l'Union européenne veut augmenter les taxes ainsi que les barrières, déjà énormes, sur les sociétés américaines qui font du business là, nous appliquerons simplement des taxes sur leurs voitures qui rentrent gratuitement aux États-Unis. Ils rendent la vente de nos voitures ( et d'autres choses encore) impossible. C'est un gros déséquilibre commercial!". Mais n'est pas la première fois que le président américain attaque l'Europe qui pour lui entrave l'importation des produits qui viennent des États-Unis. Il a d'ailleurs dénoncé la politique laxiste de ses prédécesseurs au niveau des échanges commerciaux avec les autres pays.

Un impact négatif pour les consommateurs

Mais si les États-Unis se lancent réellement dans une guerre avec leurs partenaires commerciaux, il n'y aura que des perdants. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) s'est déclarée préoccupée par la situation et estime qu'une guerre commerciale "ne serait dans l'intérêt de personne". Et pour le Fonds monétaire International (FMI): "Les restrictions à l'importation annoncées par le président américain sont de nature à causer des dégâts non seulement hors des États-Unis mais encore à l'économie américaine elle-même, y compris à ses secteurs manufacturier et de la construction qui sont de gros utilisateurs d'aluminium et d'acier". Le problème est qu'il est probable que les producteurs d’acier et d’aluminium aux États-Unis soient incapables de fournir au pied levé tous les constructeurs. Et pour le constructeur de voitures japonais Toyota, cette mesure risque bien de faire augmenter le prix des voitures: "La décision du gouvernement d'imposer d'importantes taxes sur l'acier et l'aluminium va avoir un impact négatif sur les constructeurs d'automobiles, les fournisseurs et les consommateurs en augmentant considérablement les coûts et donc les prix des voitures et camions vendus en Amérique".

https://fr.express.live/

Épisode 4, 2018 : « Chacun pour soi, Dieu pour tous »

02/03/18 

Belgique : Charles Michel : "Le protectionnisme est une erreur. Dans le commerce international, nous avons besoin de plus de collaboration. Je ne parle pas d'un libre échange naïf, mais de règles valables pour tout le monde. Ce type de démarche unilatérale n'est jamais bon. Tous les pays qui ont fait le choix du protectionnisme en ont toujours payé la facture.

France : Bruno Le Maire : Une "guerre commerciale" entre l'Europe et les Etats-Unis "ne fera que des perdants", de telles mesures, si elles étaient confirmées, ne seraient "pas acceptables", auraient "un impact majeur" sur l'économie européenne et appelleraient "une réponse forte, coordonnée et unie de l'UE".

Le ministre réunira "dans les prochains jours" les acteurs du secteur de l'acier français, affirmant que ces taxes "auraient un impact majeur sur l'économie européenne et sur des entreprises françaises comme Vallourec, Arcelor ou Ugitech".

"Toutes les options sont sur la table", a déclaré M. Le Maire, évoquant "un recours devant l'Organisation mondiale du commerce ou des contre-mesures pour limiter les importations américaines en Europe".

"Il existe dans certains pays des pratiques de dumping et des subventions massives qui faussent le commerce mondial", a cependant ajouté le ministre, visant implicitement la Chine. "Les autorités américaines le savent parfaitement, c'est ce sujet-là qui doit être traité et pas un autre", a jugé M. Le Maire.

 

LV : On traite – de préférence – « les mouches à part et la viande à part »… Pourquoi faire des reproches aux chinois quand il y a une « discussion sérieuse » avec Trump ?..

Canada : François-Philippe Champagne, ministre canadien du Commerce international : "Tout tarif ou quota qui serait imposé à notre industrie canadienne de l'acier et de l'aluminium serait inacceptable"

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères : "Les Etats-Unis affichent un surplus de deux milliards de dollars dans le commerce de l'acier avec le Canada".

Syndicat nord-américain : De son côté, le syndicat nord-américain des sidérurgistes United Steelworkers (USW), principalement actif aux Etats-Unis et au Canada, exige que les producteurs d'acier et d'aluminium canadiens soient exclus des mesures annoncées par Donald Trump.

"Clairement, le Canada n'est pas l'un de ces +mauvais acteurs+ impliqués dans le commerce injuste et le dumping de l'aluminium et de l'acier vers les Etats-Unis", précise le syndicat.

Chine : "La Chine demande aux Etats-Unis de refréner leur recours à des mesures protectionnistes et de respecter les règles du commerce multilatéral"… Elle n'a cependant pas évoqué de possibles représailles ou contre-mesures de la part de Pékin.

 

Russie : Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin : "De nombreuses capitales européennes ont déjà exprimé leur extrême préoccupation par rapport à cette décision. Nous partageons cette préoccupation". "Nous allons attentivement analyser la situation en ce qui concerne nos relations commerciales avec Washington".

Union européenne : Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne : "Nous regrettons fortement" cette décision américaine. "Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que notre industrie est frappée par des mesures injustes".

L'UE compte entamer le plus tôt possible des consultations sur le règlement des différends avec les Etats-Unis à Genève (le siège de l’OMC).

Allemagne : Steffen Seibert,  le porte-parole de la chancelière : "Le gouvernement rejette de telles taxes douanières" qui ne permettent pas de régler le problème des surcapacités mondiales dans la sidérurgie et qui vont "fortement affecter les flux commerciaux de l'acier et de l'aluminium.

"Le protectionnisme et les droits de douane ne sont pas la solution", a-t-il jugé, estimant qu'une "guerre commerciale" ne serait "dans l'intérêt de personne et en particulier pas dans l'intérêt de l'économie américaine".

"Si l'Europe n'agit pas, notre sidérurgie va payer l'addition pour le protectionnisme américain", Hans Jürgen Kerkhoff, le président de Stahl.

Royaume-Uni : "Nous avons été clairs sur le fait que nous sommes particulièrement inquiets de toute mesure qui pourrait avoir des conséquences sur l'acier du Royaume-Uni et ses industries d'aluminium", a réagi dans un communiqué l'ambassade britannique à Washington, tout en assurant être en discussion avec les Américains.

http://trends.levif.be/economie/politique-economique/taxes-americaines-le-protectionnisme-est-une-erreur-reagit-charles-michel/article-normal-807703.html?utm_source=Newsletter-02/03/2018&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBTECZ&M_BT=23276395010478

Épisode 5, 2018 : « Dent pour dent et les canettes de bière »

5 mars 2018 : L’Union européenne et la Chine mettent en garde les Etats-Unis contre les conséquences néfastes de leur projet de surtaxer l’acier et l’aluminium à l’importation. La surenchère verbale s’intensifie

Tous les regards sont tournés cette semaine vers Washington. Donald Trump doit confirmer et détailler son projet de surtaxe qui devrait frapper l’acier et l’aluminium à l’importation. Jeudi dernier, en annonçant sur son compte Twitter une surcharge de respectivement 25% et 10% sur les deux métaux, le président américain a augmenté les risques d’une guerre commerciale, qui, selon la plupart des analyses, serait catastrophique pour l’économie mondiale.

Quelques indications ont tout de même filtré ces dernières 48 heures. Wilbur Ross, le secrétaire d’Etat au Commerce, a précisé samedi que les mesures de sauvegarde frapperont indistinctement tous les pays, y compris les pays «amis» dont le Canada et l’Union européenne (UE). La Chine a fait savoir qu’elle ne resterait pas les bras croisés. Pour sa part, l’Union européenne (UE) a rétorqué qu’elle avait déjà préparé sa liste de produits américains, allant du whisky bourbon aux jeans, en passant par les motos Harley-Davidson et le jus d’orange californien, qui seraient à leur tour frappés d’une surtaxe.

 

Surenchère de Trump

Dent pour dent, le président américain a fait de la surenchère et menacé cette fois de taxer également les voitures européennes entrant aux Etats-Unis. Si Washington mettait ses menaces à exécution, le coup serait particulièrement dur pour les constructeurs allemands. VW, Daimler et BWW ont exporté près de 500 000 voitures l’an dernier aux Etats-Unis, alors que leur production sur place s’élève à près de 800 000 unités.

L’administration Trump a aussi pris du recul durant le week-end et a tenté de trouver une réponse aux nombreuses entreprises américaines selon qui les mesures annoncées par le président consisteraient à se tirer une balle dans le pied. En effet, constructeurs automobiles, fabricants de bière, commerçants et industriels rejettent l’initiative du président.

Par exemple, la MillerCoors a fait comprendre que le marché américain ne pouvait pas satisfaire la demande de feuilles d’aluminium nécessaires pour fabriquer des canettes de bière. «Nous achetons tout ce que nous pouvons, mais il n’y en a pas assez, a tweeté l’entreprise. Les travailleurs et consommateurs américains vont souffrir de cette décision irréfléchie.»

 

Canettes de bière

Réponse de Peter Navarro, conseiller du président en matière de commerce: l’administration américaine mettra en place une procédure qui permettra aux entreprises de demander une exemption des droits de douane sur les produits en acier et en aluminium qu’elles ne peuvent pas obtenir dans le pays. La veille, il avait insisté sur le fait que les surtaxes n’affecteront pas les entreprises américaines. «Il n’y a pas d’effet en aval ici», avait-il répondu sur les risques d’impact négatif sur les emplois.

Les marchés sont aussi dans l’expectative. Au lendemain de l’annonce du président Trump, toutes les places financières mondiales cédaient entre 1 et 2,5%. Lundi, les cours faisant du surplace même si, dans le détail, de nombreuses entreprises américaines comme Boeing et Caterpillar, ou encore les multinationales des métaux Glencore (Suisse) ou Vale (Brésil) ont subi des pertes. Aux Etats-Unis, le Dow Jones Industrial Average a cédé près de 1000 points en deux jours.

 

Machine arrière

A contrario, il y a aussi ceux qui se frottent les mains. Steelworks, l’association qui regroupe les aciéries américaines, s’attend à ce que «le président officialise les mesures annoncées la semaine passée». Les importations d’acier ont augmenté de 15% en 2017 par rapport à l’année précédente et occupent désormais 27% du marché national. Conséquences: «Un quart des capacités de production n’est pas utilisé, ce qui représente des milliers d’emplois sacrifiés», selon Steelworks.

https://www.letemps.ch/economie/guerre-commerciale-se-precise?utm_source=Newsletters&utm_campaign=9303ccd94a-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_56c41a402e-9303ccd94a-109991953

Épisode 6, 2018 : « Le beurre de cacahuète et la listes des amis de Donald Trump »

07 mars 2018 : Le beurre de cacahuète, le jus d'orange et le bourbon américains pourraient être taxés par l'UE

Le jus d'orange américain pourrait être bien plus taxé à l'entrée du marché commun de l'Union européenne.@ AFP

L'Union européenne a averti Donald Trump que les guerres commerciales étaient "mauvaises et faciles à perdre". 

La réponse n'a pas vraiment tardé. Moins d'une semaine après les menaces de Donald Trump de taxer lourdement les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis, la Commission européenne a indiqué qu'elle pourrait taxer en réponse le beurre de cacahuète, le jus d'orange et le bourbon, entres autres produits américains. Le premier vice-Président de la Commission européenne avait évoqué cette riposte, mardi, sur Europe 1.

Des produits en acier, industriels et agricoles également sur la liste. "Une liste provisoire est en discussion" et sera "bientôt rendue publique", a indiqué Cecilia Malmström lors d'une conférence de presse. "Il y a sur cette liste des produits en acier, industriels et agricoles. Certains types de bourbon en font partie ainsi que d'autres articles comme le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d'orange", a-t-elle précisé.

"Pas de gagnants dans une guerre commerciale". "Il n'y a pas de gagnants dans une guerre commerciale", a affirmé Cecilia Malmström, qui "espère toujours que l'Europe sera exemptée" des mesures annoncées la semaine passée par le président américain: des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium. "Cela nuirait aux relations transatlantiques", a insisté la Suédoise, qui comme prévu n'a pas fait d'annonces concrètes mais a uniquement présenté les mesures que l'UE est prête à prendre le cas échéant.

Trump maintient sa position. Donald Trump a réaffirmé mardi ses intentions, accusant même l'Union européenne de n'avoir "pas bien traité les Etats-Unis" en matière commerciale. Ce protectionnisme affiché a d'ailleurs poussé son principal conseiller économique, Gary Cohn, à claquer la porte de la Maison Blanche.

http://www.europe1.fr/international/le-beurre-de-cacahuete-le-jus-dorange-et-le-bourbon-americains-pourraient-etre-taxes-par-lue-3593030

 

08/03/2018 Taxes sur l'acier et l'aluminium: Donald Trump désigne ses "amis" et ses "ennemis"

 

Jim Watson - AFP

Le président américain a indiqué ce jeudi que les taxes à l'importation d'acier et d'aluminium que les États-Unis s'apprêtent à adopter ne concerneraient pas ses "vrais amis", et qu'elles seraient "équitables".

Le président américain Donald Trump a nettement adouci le ton jeudi en matière de politique commerciale, promettant flexibilité et coopération avec les "vrais amis" des États-Unis dans l'imposition à venir de taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium. Il s'est aussi engagé à présenter des mesures "très équitables", à être "très flexible" ce jeudi, avant de lister ses "amis" et ses "ennemis".

"Nous devons protéger et bâtir nos industries de l'acier et de l'aluminium tout en faisant preuve d'une grande flexibilité et de coopération avec ceux qui sont des vrais amis et nous traitent de manière équitable à la fois dans le commerce et la défense", a tweeté le président américain, précisant qu'il rencontrerait les responsables du secteur jeudi après-midi à la Maison Blanche.

 

Looking forward to 3:30 P.M. meeting today at the White House. We have to protect & build our Steel and Aluminum Industries while at the same time showing great flexibility and cooperation toward those that are real friends and treat us fairly on both trade and the military.

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 8 mars 2018

 

Le président américain a annoncé il y a une semaine son intention d'imposer à hauteur de 25% de taxes sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, ravivant le spectre d'une guerre commerciale entre les États-Unis et nombre de ses alliés à commencer par le Canada, son premier partenaire commercial et premier fournisseur d'acier. La promulgation formelle de ces taxes pourrait intervenir dès jeudi, selon les médias américains.

 

> Qui sont ses amis?

Visiblement: le Mexique, le Canada et l'Australie. "Nous avons de très bonnes relations avec l'Australie, nous avons un excédent commercial avec l'Australie, un pays formidable, un partenaire depuis longtemps. Nous allons faire quelque chose avec eux", a déclaré Donald Trump devant des journalistes ce jeudi. "Nous ferons quelque chose avec d'autres pays", a-t-il ajouté.

Le président américain a par ailleurs confirmé que sa décision concernant le Mexique et le Canada dépendrait in fine de l'issue des négociations en cours sur l'Accord de libre-échange nord-américain qui unit les États-Unis et ces deux pays. "Si nous trouvons un accord, il est très probable que nous n'imposerons pas de taxes à ces deux pays", a-t-il déclaré.

Face à la levée de boucliers dans le monde entier, la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders avait fait savoir dès mercredi qu'il pourrait y avoir des "dérogations" pour le Mexique et le Canada. Selon le Washington Post citant des hauts responsables de l'administration américaine, le Canada et le Mexique seraient exemptés de ces taxes durant 30 jours. Cette dérogation pourrait être prolongée en cas de progrès dans la renégociation de l'Aléna, a-t-il ajouté.

 

> Qui sont ses ennemis?

Sans le dire aussi crûment, Donald Trump semble considérer que le premier exportateur de la zone euro ne fait pas partie des ses "amis". Évoquant à la fois les questions commerciales et de défense, il a pointé du doigt l'Allemagne. "Nous avons des amis et aussi des ennemis qui ont énormément profité de nous depuis des années sur le commerce et la défense", a-t-il déclaré. "Si on regarde l'Otan, l'Allemagne paie 1% et nous payons 4,2% d'un PIB beaucoup plus important. Ce n'est pas juste", a-t-il ajouté au sujet de la part de richesse consacrée aux dépenses militaires.

 

> Un ton radouci en quelques jours

Il y a tout juste une semaine, Donald Trump annonçait son intention d'imposer à hauteur de 25% toutes les importations d'acier et de 10% celles d'aluminium. L'assouplissement du ton du président républicain de ce jeudi intervient alors qu'une centaine d'élus républicains de la Chambre des représentants lui ont fait parvenir une lettre lui demandant de ne pas imposer des taxes uniformes. Ils y ont exprimé leur "profonde préoccupation" quant aux conséquences de telles taxes sur les entreprises américaines et ont recommandé des mesures plus "ciblées".

Donald Trump avait aussi été appelé à la modération dans sa politique commerciale par son conseiller Gary Cohn qui, faute de se faire entendre, a fini par annoncer sa démission mardi.

Sur le plan extérieur, Washington s'est attiré les foudres de l'Union européenne qui a martelé qu'une guerre commerciale serait nuisible à toutes les parties y compris aux États-Unis. "Il est désormais temps pour les responsables politiques des deux côtés de l'Atlantique d'agir de façon responsable", a exhorté le président du Conseil européen Donald Tusk, précisant que le contentieux serait au programme du prochain sommet européen à Bruxelles les 22 et 23 mars.

 

> L'Europe espère mais prépare sa riposte

La commissaire au Commerce extérieur Cecilia Malmström a de son côté détaillé les mesures en préparation par Bruxelles, à commencer par une liste de produits américains qui pourraient être taxés afin de compenser en valeur le dommage causé à l'industrie européenne. Cette liste, encore en discussion, comprend "des produits en acier, industriels et agricoles", et notamment "certains types de bourbon" ainsi que "le beurre de cacahuète, les airelles et le jus d'orange", a précisé Cecilia Malmström.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait déjà révélé que des marques symboliques comme Harley-Davidson et Levi's, ainsi que le bourbon, étaient dans le collimateur de Bruxelles. Les Européens exportent environ 5 milliards d'euros d'acier et 1 milliard d'euros d'aluminium chaque année vers les États-Unis.

Du côté des autres partenaires commerciaux, Pékin a indiqué jeudi qu'il adopterait une "réponse appropriée et nécessaire" face à d'éventuelles sanctions commerciales américaines. "Dans notre époque mondialisée, ceux qui recourent à la guerre commerciale choisissent le mauvais remède, ils ne feront que pénaliser les autres tout en se pénalisant eux-mêmes", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi. Le déficit commercial des États-Unis avec le géant asiatique s'est établi à 21 milliards de dollars en février, soit un doublement sur un an.

http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/donald-trump-a-deja-assoupli-sa-position-sur-l-acier-et-l-aluminium-1391550.html

Épisode 7 : « Un juge autorisera peut-être…»

09/03/18 "Trump va-t-il s'arrêter là ou est-ce la première salve d'une offensive plus large ?"

Les taxes à l'importation d'acier et d'aluminium, imaginées par Donald Trump, pourraient être la première salve d'une attaque en règle contre le multilatéralisme commercial. Nous avons posé trois questions à André Sapir, professeur d'économie à l'ULB.

L'Europe va-t-elle prendre rapidement des mesures pour contrer les taxes américaines à l'importation d'acier et d'aluminium ?

Je serais extrêmement étonné que l'Europe prenne des mesures de rétorsion unilatérales. Il faut avoir la sagesse d'éviter les réactions épidermiques qui nous conduiraient vers une escalade sans fin. Ce n'est pas simple car on ne peut pas, non plus, simplement se taire face à des dispositions qui nuisent à notre industrie et qui sapent le principe d'un marché ouvert et réglementé.

Je pense que l'Europe veillera à rester dans la légalité. Elle fait un peu de musculation avec cette liste de produits américains dont l'importation pourrait être taxée mais, à mon avis, elle optera plutôt pour une procédure devant l'Organisation mondiale du commerce, dans l'espoir que les taxes américaines à l'importation d'acier et d'aluminium soient jugées illégales. Cela prendra deux à trois ans mais, à la fin, un juge autorisera peut-être des mesures de rétorsion.

D'ici là, sommes-nous donc démunis face aux États-Unis ?

Non, je vois deux pistes de réactions possibles.

- La 1ère consisterait à prendre des mesures de sauvegarde de notre industrie, contre la hausse des importations. Avec les barrières douanières, les pays exporteront moins vers les États-Unis et une partie de leur production pourrait être déviée vers l'Europe. Cela léserait l'industrie européenne et pourrait faire l'objet d'une enquête. Si celle-ci aboutit, nous pourrions instaurer des taxes à l'importation.

- La seconde piste consisterait à lancer des investigations contre une série de produits américains dont l'importation ferait du tort à l'économie européenne. Si ces effets sont validés, on peut alors mettre en place des droits de douane. On reste dans la légalité mais on entre quand même dans une escalade.

Doit-on s'attendre à ce que face au protectionnisme américain, l'Europe décide de se tourner plus vers l'Asie et la Chine ?

Je ne le pense pas. Les tarifs douaniers annoncés sont certes déplaisants mais ils visent des exportations de l'ordre de 3,5 milliards d'euros. Un volume minime à l'égard du total de nos échanges commerciaux avec les États-Unis. On ne va pas déclencher une guerre commerciale pour cela. Rappelons que les États-Unis sont la première destination des exportations européennes…

http://trends.levif.be/economie/politique-economique/trump-va-t-il-s-arreter-la-ou-est-ce-la-premiere-salve-d-une-offensive-plus-large/article-normal-809647.html?utm_source=Newsletter-09/03/2018&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBTECZ&M_BT=23276395010478

Épisode 8, 2018 : « C’est signé... »

Photo : Le président américain Donald Trump montre le document qu'il vient de signer instaurant des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium, le 8 mars 2018 à la Maison Blanche, à Washington.

09/03/2018 : La Commission européenne s'est dit prête à utiliser des "mesures de rééquilibrage" pour protester contre les taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis.

Malgré les protestations et les multiples mises en garde, le texte est signé. Et il pourrait bien provoquer un important conflit commercial. Le président américain Donald Trump a mis ses menaces à exécution et imposé jeudi des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis.  

Ces taxes, de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, mais qui exemptent pour l'heure le Canada et le Mexique -ses deux voisins et principaux partenaires- entreront en vigueur dans 15 jours, et marquent un important virage protectionniste de la politique commerciale américaine. "Je tiens une promesse que j'ai faite en campagne et que j'ai faite pendant une grande partie de ma vie", s'est justifié le président américain. 

La Maison Blanche a précisé que tous les pays concernés pourraient entamer des discussions avec les États-Unis pour négocier, eux aussi, une éventuelle exemption. "Nous allons faire preuve de beaucoup de flexibilité", a assuré l'hôte de la Maison Blanche.  

La France et l'Allemagne protestent de concert

Pas de quoi rassurer les pays partenaires des États-Unis, Union Européenne en tête, qui ont tous dénoncé une attaque contre le libre-échange. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a fait savoir que la France "regrettait" les annonces américaines. "Une guerre commerciale ne fera que des perdants. Avec nos partenaires européens, nous allons évaluer les conséquences sur nos industries et les réponses à apporter", a-t-il ajouté.  

Plus tard dans la journée, le président Emmanuel Macron s'est entretenu au téléphone avec Donald Trump, et lui a fait part de ses "vives préoccupations au sujet des droits de douane", évoquant le risque d'une "guerre commerciale, dont tous les pays concernés sortiraient perdants". 

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel s'est exprimée personnellement sur le sujet, exprimant lors d'une conférence de presse son "inquiétude", et jugeant que "le mieux serait que nous soyons exemptés" de ces taxes sur l'acier et l'aluminium comme le demande la Commission européenne. Elle a néanmoins souligné que cela ne devait pas empêcher "l'Europe de réagir", tout en assurant: "nous recherchons toujours le dialogue".  

L'UE pourrait taxer les jeans et le beurre de cacahuète

L'Union européenne est en effet prête à organiser la riposte, comme l'a confirmé le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen. "Nous sommes prêts et serons prêts à utiliser si besoin des mesures de rééquilibrage" sur des produits américains emblématiques comme les jeans ou le beurre de cacahuète, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles. "Nous espérons que nous ne serons pas contraints de le faire", a-t-il ajouté, expliquant que le "premier objectif" de l'UE restait de "dialoguer avec les États-Unis pour éviter tout dommage collatéral". 

L'UE a préparé depuis plusieurs jours une liste comprenant plusieurs dizaines de produits en acier, ainsi que du maquillage, des vêtements, des aliments ou des véhicules, qu'elle pourrait décider de taxer lourdement. 

Le parti de Trump mécontent

Mais la mise en place de ces taxes provoque également d'importants remous sur la scène politique américaine, où Donald Trump doit faire face à une fronde venue de son propre camp. Allié proche et jusqu'ici fidèle du président, le président de la Chambre des représentants Paul Ryan a exprimé son "désaccord" avec cette décision.  

Un sénateur républicain, Jeff Flake, a lui immédiatement annoncé le dépôt prochain d'une proposition de loi visant à annuler ces taxes. "Les guerres commerciales ne sont jamais gagnées, elles sont toujours perdues", a-t-il prévenu.  

Les Républicains s'inquiètent en effet de la hausse prévisible des coûts pour les fabricants américains ayant recours à de l'acier étranger, et donc de la hausse des prix pour les consommateurs aux États-Unis. Sans compter les risques de guerre commerciale et d'impact négatif sur la croissance économique du pays. 

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/guerre-commerciale-trump-a-signe-le-decret-l-europe-prete-a-riposter_1991169.html

Episode 9 "Sauver RUSAL"

Voici pourquoi les États-Unis pourraient lever leurs sanctions sur l'aluminium russe

24 AVRIL 2018 : Les États-Unis ont annoncé qu'ils pourraient peut-être lever les sanctions sur l'aluminium en provenance de Russie mais à une condition: il faut que le directeur de la principale entreprise exportatrice d'aluminium russe quitte son poste. 

Le Département du Trésor américain a annoncé lundi qu'il pourrait lever les sanctions imposées à la Russie sur ses exportations d'aluminium si Oleg Deripaska renonce "au contrôle de Rusal". Le milliardaire Oleg Deripaska, proche de Poutine, est le fondateur et le président de Rusal, la deuxième plus grande société exportatrice d'aluminium au monde.

Rusal produit 7% de l'aluminium vendu dans le monde et emploie plus de 52.000 individus en Russie. Depuis que les États-Unis ont imposé leurs sanctions, plusieurs membres du conseil d'administration ont déjà claqué la porte. Oleg Deripaska est accusé d'avoir joué un rôle dans l'ingérence russe sur les élections américaines.

OFAC

"Conformément aux règlements de l'OFAC [l'organisme de contrôle financier du Trésor, ndlr], les parties peuvent être retirées en démontrant un changement dans les circonstances qui ont mené à leur désignation. Dans le cas de RUSAL, en l'absence d'autres informations défavorables et conformément aux faits et circonstances de toute demande de radiation, la voie à suivre pour que les États-Unis accordent un allègement des sanctions est le désinvestissement et la renonciation au contrôle de RUSAL par Oleg Deripaska", écrit le Département du Trésor.

Suite à cette annonce, les valeurs en bourse de plusieurs grands producteurs d'aluminium ont chuté tandis que celles de Rusal sont remontées en flèche. Les déclarations des autorités américaines concernant une éventuelle levée des restrictions ont fait que le coût d'un titre de Rusal vaut actuellement 2,18 dollars. Soit une augmentation de 43,42% en une journée.

*          *          *

Russie/Sanctions: Washington accorde un sursis à Rusal

23.04.2018 : WASHINGTON (Reuters) - Washington a ouvert la porte lundi à un allègement des sanctions contre le géant russe de l'aluminium Rusal, au vu notamment de leur impact potentiel sur les entreprises américaines ou sur celles des pays alliés des États-Unis

Le cours de l'aluminium a perdu jusqu'à 10% après l'annonce du département du Trésor américain.

Le titre du groupe russe coté à Moscou gagnait plus de 20% à Moscou vers 15h25 GMT, alors que l'action cotée à Hong Kong a terminé en baisse de 8,43%. Au même moment, le titre de son concurrent américain Alcoa perdait 12,10% à New York.

Dans un communiqué le département du Trésor précise que les entreprises américaines ont jusqu'au 23 octobre pour mettre un terme à leurs activités avec Rusal et que les États-Unis n'entendent pas porter préjudice qui en dépendent. Cette date était auparavant fixée au 5 juin.

Le Trésor a ajouté qu'il n'imposerait pas de sanctions connexes aux entreprises non américaines qui travaillent avec Rusal ou avec ses filiales.

"Rusal est touché par les sanctions américaines en raison de ses liens avec Oleg Deripaska mais le gouvernement américain ne vise pas les salariés qui dépendent de Rusal ou de ses filiales", a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Les États-Unis pourraient alléger les sanctions si l'homme d'affaires cédait le contrôle de la société, a en core dit le département.

Oleg Deripaska fait partie des sept oligarques russes sanctionnés par Washington en réponse à ce que le gouvernement américaine qualifie d'"activités malveillantes" de Moscou visant à déstabiliser les démocraties occidentales.

Ni Rusal ni l'entourage d'Oleg Deripaska n'étaient disponibles dans l'immédiat pour commenter ces informations. Le Kremlin n'a pas non plus souhaité s'exprimer.

Cette annonce intervient alors que les dirigeants européens tentent de persuader le président américain Donald Trump d'alléger les sanctions contre la Russie, dont celles affectant les producteurs russes d'aluminium.

"Au vu de l'impact (de ces sanctions) sur nos partenaires et nos alliés, nous prolongeons la période de maintenance et de dénouement tandis que nous étudions la requête de Rusal (visant à être retirée de la liste des entreprises sanctionnées)", poursuit Steven Mnuchin.

Episode 10, 2018 : « Frapper là où ça fait mal »

04/04/2018 : «La Chine a frappé les Etats-Unis là où ça fait mal»

Ancien diplomate américain et désormais professeur à Genève, Richard Baldwin estime que le président Trump se trompe dans sa stratégie protectionniste mais qu’il peut encore sortir gagnant de cette crise. Comme le président Reagan, en son temps, contre le Japon

Œil pour œil, dent pour dent. Quelques heures après la publication par l’administration Trump d’une nouvelle liste de produits chinois qui seraient frappés par des droits de douane punitifs, Pékin a donné la réplique mercredi. C’est désormais l’escalade dans la guerre commerciale entre les deux premières puissances. Le montant cumulé des produits visés par des mesures anti-dumping des deux côtés atteint 100 milliards de dollars. L’an dernier, les échanges entre les premières puissances commerciales totalisaient 580 milliards.

Avec sa propre liste de produits américains qu’elle entend cibler, Pékin a frappé fort. Le soja américain par exemple, dont elle est le premier client, serait surtaxé de 25%. En 2017, elle en avait acheté pour 14 milliards de dollars. Les avions Boeing, qui constituent plus de 50% de la flotte civile en Chine, sont aussi visés.

Richard Baldwin, ancien diplomate américain et professeur d’économie à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève, offre une perspective historique à cette crise et affirme que des voix de l’économie américaine feront entendre raison au président Donald Trump. «La Chine ne veut pas de conflit parce que le système commercial actuel lui sied bien. Mais elle ne se laisserait pas faire», dit-il.

Le Temps: Y a-t-il des précédents à la crise actuelle?

Richard Baldwin: Dans les années 70-80, les Etats-Unis accusaient le Japon de concurrence déloyale et avaient surtaxé ses exportations, notamment des voitures. Et effet, les supermarchés japonais discriminaient les produits étrangers en les exposant dans des espaces limités. Les présidents Reagan et Bush étaient des libéraux et avaient réussi à transformer le conflit en opportunité en négociant un plus grand accès au marché japonais pour les produits américains. L’administration Reagan avait aussi réussi à obtenir un accord de restriction volontaire des exportations automobiles.

Qu’en est-il des mesures protectionnistes en 1929?

Les Etats-Unis avaient imposé des droits de douane sur les produits agricoles à l’importation dans le but de protéger ses agriculteurs. Ses partenaires avaient immédiatement pris des mesures de rétorsion. Ce conflit commercial avait sans doute exacerbé la Grande Dépression. En 1933, les Etats-Unis ont réalisé leur tort et conclu des accords bilatéraux pour réduire les droits de douane.

Il y a aussi eu la guerre des bananes, de coton, de l’acier ou encore celle entre Boeing et Airbus…

Bien sûr. Mais dans tous ces cas, les Etats concernés avaient engagé les procédures établies à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). On ne peut pas donc vraiment parler de guerre. Le conflit Boeing contre Airbus était différent dans la mesure où les deux entreprises étaient clairement subventionnées par les deniers publics. Dans la première crise de l’acier en 2002, l’OMC a condamné les Etats-Unis, qui ont alors fait amende honorable.

Aujourd’hui, la guerre est bel et bien engagée, n’est-ce pas?

Nous sommes effectivement au début d’une guerre commerciale. Mais celle-ci est différente de celle des années 80. Parce que désormais, la chaîne de production est mondiale. Les Etats importent pour pouvoir exporter. Sans les pièces importées à bas prix de Chine ou d’Inde, les exportations américaines ne seront pas compétitives. C’est pourquoi il y a une limite à toute guerre commerciale.

Comment interprétez-vous les mesures de rétorsion chinoises annoncées mercredi?

Après la publication de la liste américaine, c’était normal que Pékin révèle aussi la sienne. Les autorités chinoises ne se laisseront pas faire, mais cela ne veut pas dire qu’elles cherchent la bagarre. Au contraire. Le système actuel leur sied bien et elles ont intérêt à le maintenir. En publiant sa propre liste, la Chine a voulu se mettre dans une position d’égal à égal pour commencer tout dialogue avec les Etats-Unis. Mais elle a frappé là où ça fait mal aux Etats-Unis.

Il est intéressant de noter qu’elle a ciblé des produits sensibles, comme le soja, qui est produit dans les Grandes Plaines, au centre des Etats-Unis. Electorat acquis au président Trump et au Parti républicain, les agriculteurs seraient frappés de plein fouet si la surtaxe chinoise devenait effective. Les Chinois ont en tête les élections de mi-mandat dans quelques mois et jouent une carte qui peut faire mal aux républicains. Une victoire des démocrates serait de mauvais augure pour l’administration Trump. Pékin espère aussi que des voix se lèvent aux Etats-Unis et contestent la stratégie belliqueuse de leur président.

L’administration Trump sera-t-elle forcément perdante?

Le président américain a tout faux dans sa stratégie. Il réalise que l’économie s’enfonce dans le déficit et dans la dette. Il use du protectionnisme pour réduire les importations, et par conséquent, le déficit. Le président Trump ne réalise pas que le déficit est le résultat de sa propre politique d’expansion économique et monétaire. Les Etats-Unis consomment plus qu’ils ne produisent et s’enfoncent ainsi dans la dette.

Vous êtes pessimiste…

Non. On peut d’abord espérer que le président Trump ne fera pas exactement tout ce qu’il a dit. Par exemple, il avait fait comprendre que tous les exportateurs d’acier seront touchés par les mesures antidumping. Par la suite, il a admis des exceptions. Dans le même registre, il voulait cibler la Chine. Mais il a fini par réaliser que la Chine n’est pas parmi les plus grands exportateurs.

Quel pourrait être alors l’épilogue de cette crise?

Je suis plutôt optimiste. L’administration Trump vient de négocier un accord avec la Corée du Sud, qui a accepté d’ouvrir davantage son marché aux produits américains. Elle pourrait faire de même avec la Chine. Les Chinois ne veulent pas être humiliés par les Etats-Unis, mais accepteraient d’acheter plus de produits américains. Donald Trump pourrait ainsi sortir gagnant. Comme le président Reagan à l’époque.

https://www.letemps.ch/economie/chine-frappe-etatsunis-ca-mal?utm_source=Newsletters&utm_campaign=b4cfed2942-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_56c41a402e-b4cfed2942-109991953

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