Opinion : Henry Kissinger

Je trouve le point d'interrogation est parfaitement supperflu. 

Certes, lorsque la question lui a été posée récemment, il a répondu : « à mon âge, je ne cherche pas un emploi ». 

Mais il sffit de regarder la carte du monde "by Henry Kissinger" :

→ Le 2 décembre 2016, Kissinger rencontre Xi Jinping, à Pékin. La porte, en Chine, est toujours ouverte pour le vieil Henry.

→ Le 20 janvier, jour de la prise de fonction de Trump à Washington, Kissinger était au Forum de Davos, lieu de rendez-vous de tout le gratin financier mondial.

→ Le 25 avril il était à Berlin, reçu par Angela Merkel.

→ Le 10 mai, il est reçu par Trump à la Maison Blanche.

→ Le 30 juin, par Poutine au Kremlin.

...il n’est un secret pour personne à Washington que le monde diplomatique américain est sur sa réserve. Trump n’a procédé qu’à de rares nominations au département d’Etat. De nombreux postes d’Ambassadeur (en France notamment) sont toujours vacants. Et dans les rangs républicains, les diplomates de carrière se montrent souvent prudents avant de « salir » leur parcours par une trop grande proximité avec le cœur de l’administration Trump.

Un espace est manifestement laissé vacant, et Kissinger n’a pas ce type d’état d’âme lorsqu’il estime pouvoir encore jouer un rôle d’influence sur la politique étrangère américaine. « L’ancien Secrétaire d’Etat n’était pas un fan d’Obama et de sa politique de retrait du leadership mondial américain », affirme le quotidien The Times de Londres, qui souligne qu’Henry Kissinger, attaché au concept « d’ordre  global » et depuis toujours hostile aux tendances isolationnistes dont la politique américaine est régulièrement l'objet,  n’en était pas moins un proche d’Hillary Clinton.  Le quotidien britannique rappelle qu’il a rendu plusieurs visites à Donald Trump durant la période de transition, entre l’élection du 8 novembre et la prise de fonction du 20 janvier.

« M. Kissinger », poursuit le quotidien de Londres, «  comme cela est apparu depuis quelques mois, essaye de jouer un rôle semblable entre M. Trump et M. Poutine à celui qu’il assuma entre Washington et Pékin » lorsqu’il dirigeait la diplomatie américaine.

Le 10/05/2017 président Trump a reçu à la Maison Blanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

D’après les médias, Donald Trump a toutefois demeuré avare de détails sur la nature des discussions (qui devaient être dominées par les conflits en Syrie et en Ukraine). Il a dit avoir eu une « très bonne rencontre » avec le ministre Sergueï Lavrov.

La presse américaine a été tenue à l'écart de la rencontre entre MM. Trump et Lavrov, de sorte qu'aucun média n'a pu diffuser de photo des deux hommes. Seuls exceptions : le photographe officiel de la Maison-Blanche et un photographe de l'agence officielle russe Tass. (NB : tout un scandal autour de cela ! 

http://www.huffingtonpost.co.uk/entry/russian-photographer-at-white-house_uk_59144ecfe4b00b643ebb994f)

 

Le jour-même, président Trump a accueilli le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine Pavlo Klimkin.

 

Et oui; ce "vieux renard", "cette bonne vielle crapule » de Kissinger toujours capable de rappeler que « Une politique se juge à la façon dont elle se termine, non de la façon dont elle commence…»

M. Trump a déclaré à la presse à l'issue de la rencontre que leur conversation avait porté "sur la Russie et divers sujets".

"Nous avons parlé de la Syrie et je pense que nous allons réussir sur ce sujet et que les choses qui se passent sont vraiment, vraiment positives", a dit M. Trump.

"Nous allons mettre fin aux tueries", a-t-il ajouté.

M. Trump a indiqué que M. Kissinger était un ami de longue date et que c'était un honneur pour lui de discuter de ces questions avec l'ancien chef de la diplomatie de Richard Nixon et Gerald Ford.

http://french.cri.cn/621/2017/05/11/301s512303.htm

Traduction : http://www.les-crises.fr/paracheverons-nous-lordre-mondial-par-le-chaos-ou-la-reflexion-par-henry-kissinger/

Original : http://www.spiegel.de/international/world/interview-with-henry-kissinger-on-state-of-global-politics-a-1002073.html

 

5 Déc 2014 : « Parachèverons-nous l’Ordre Mondial par le chaos ou la réflexion ? » par Henry Kissinger

Interview réalisée par Juliane von Mittelstaed et Erich Follath pour Spiegel

…SPIEGEL : Mais l’annexion de la Crimée par la Russie n’a-t-elle pas forcé l’UE et les États-Unis à réagir en imposant des sanctions ?

Kissinger : D’abord, l’Ouest ne pouvait pas accepter l’annexion ; certaines mesures étaient nécessaires. Mais personne à l’Ouest n’a proposé de programme concret pour restaurer la Crimée. Personne ne souhaite se battre à l’est de l’Ukraine. C’est un fait. On pourrait dire que nous n’avons pas à accepter cela et que nous ne traitons pas la Crimée comme territoire russe au regard des lois internationales – tout comme nous avons continué à traiter les états baltes comme indépendants pendant la période soviétique.

SPIEGEL : Ne serait-il pas mieux d’arrêter les sanctions, même sans aucune concession des Russes ?

Kissinger : Non, mais j’ai quelques problèmes avec les sanctions. Lorsque nous parlons d’une économie globale et qu’ensuite nous usons de sanctions à l’intérieur de l’économie globale, on induit la tentation pour les grands pays, qui pensent à leur avenir, d’essayer de se protéger contre des sanctions potentielles, et ce faisant, ils créeront une économie globale mercantiliste. Et j’ai un problème particulier avec cette idée de sanctions personnelles. Et je vais vous dire pourquoi. Nous publions une liste de personnes qui sont sanctionnées. Ensuite, quand le temps viendra de lever les sanctions, qu’allons-nous dire ? « Les quatre personnes suivantes sont maintenant libres de toute sanction, et les quatre autres non. » Pourquoi ces quatre-là ? Je pense que l’on doit toujours réfléchir, lorsque l’on commence quelque chose, à ce que l’on cherche à faire et comment cela devrait finir. Comment cela finit-il ?

SPIEGEL : Cela ne s’applique-t-il pas également à Poutine qui s’est isolé tout seul ? Est-ce plutôt un signe de force de sa part, ou au contraire de faiblesse ?

Kissinger : Je pense qu’il s’agit d’un signe de faiblesse stratégique, qu’il chercher à faire passer pour de la force tactique.

SPIEGEL : Qu’est-ce que cela implique lorsque l’on traite avec lui ?

Kissinger : Il faut garder à l’esprit que la Russie joue un rôle important sur la scène internationale, et qu’elle est donc utile dans la résolution de toutes sortes de conflits, comme nous l’a démontré l’accord sur la prolifération nucléaire avec l’Iran, ou avec la Syrie. Cette capacité de résolution doit avoir priorité sur toute escalade tactique d’un conflit donné. D’un côté il est important que l’Ukraine reste un état indépendant et qu’elle ait le droit de choisir ses alliances économiques et commerciales. Mais d’un autre côté je ne pense pas qu’il y ait une loi naturelle impliquant que chaque État doive avoir le droit d’intégrer l’OTAN pour être un allié. Vous savez comme moi que l’OTAN ne votera jamais l’entrée de l’Ukraine à l’unanimité.

SPIEGEL : Mais on ne peut pas dire aux Ukrainiens qu’ils ne sont pas libres de choisir leur avenir.

Kissinger : Pourquoi pas ?

[NB : c'est amusant, quand l'UE a refusé la demande d'adhésion du Maroc en 1987, personne n'a dit qu'on l'empêchait de choisir son avenir...]

...

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
©Sanctions-Forever.fr