COREE DU NORD

25 avril 2019 : A Vladivostok, Kim et Poutine affichent leur bonne entente, par Léo Vidal-Giraud

…Changement de ton, de style et de lieu. Deux mois après le fiasco de Hanoi avec Donald Trump, Kim Jong-un a pu trinquer et s’entretenir pendant cinq heures avec Vladimir Poutine à Vladivostok, «capitale» de l’Extrême-Orient russe. Pour leur premier sommet, les leaders nord-coréen et russe ont eu deux heures de tête-à-tête suivies d’entretiens entre leurs délégations, puis un dîner.

Poutine a présenté la rencontre comme visant à «comprendre […] ce que la Russie peut faire pour soutenir les tendances positives qui ont lieu actuellement». En refusant que ne s’instaure «le droit du plus fort», le président russe s’est dit, lui aussi, favorable à une «dénucléarisation totale» de la péninsule. Il a estimé qu’un règlement était «possible», à condition de faire «des premiers pas» et d’offrir à Pyongyang des «garanties de sécurité et de souveraineté» de la communauté internationale.

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d’une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les Etats-Unis l’ont accusée d’aider Pyongyang à les contourner. C’est sur cette question des sanctions que le sommet de Hanoi avait achoppé. Depuis, le dialogue Etats-Unis - Corée du Nord s’est tendu, Pyongyang allant jusqu’à demander le remplacement du secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, par un négociateur «plus prudent et plus mûr».

Guerre froide et tapis rouge

Kim est en quête de soutien. Son voyage à Vladivostok permet dans un premier temps de raviver «les liens historiques» avec Moscou pour arriver à une «relation plus stable et plus solide», selon les mots du leader nord-coréen.

Son éternel train blindé était entré la veille en gare de Vladivostok pour un accueil avec tapis rouge, garde d’honneur et tenues folkloriques. Vladimir Poutine n’était pas présent : le président russe est arrivé plusieurs heures plus tard… en avion. Il s’agit de la première rencontre entre Poutine et Kim Jong-un, alors que ce dernier a déjà rencontré Donald Trump par deux fois, au sommet de Singapour en juin et à celui de Hanoï en février. Le président russe a donc rejoint le club des rares dirigeants de la planète qui ont échangé avec Kim Jong-un (après le Chinois Xi Jinping, le sud-coréen Moon Jae-in et Donald Trump).

Le dernier sommet officiel entre la Russie et la Corée du Nord remonte à la rencontre entre Dmitri Medvedev et Kim Jong-Il en 2011. «Nous avons parlé de l’histoire de nos relations, du développement de la coopération bilatérale et de ses perspectives de développement», a déclaré le président russe à la presse après un tête-à-tête de deux heures. Les deux leaders ont voulu afficher une bonne entente.

Une bonne entente qui doit avant tout à l’histoire : à l’époque de la guerre froide, l’URSS était l’allié numéro 1 de la Corée du Nord, qui savait jouer de la rivalité entre Chine et Russie pour obtenir de l’aide de chacune des deux puissances. La coopération bilatérale et les convergences idéologiques ont disparu, mais la bonne volonté demeure. La Russie reste l’un des rares pays au monde à entretenir des relations diplomatiques apaisées avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC), et même à y envoyer des touristes par le biais d’une agence de voyages agréée par le gouvernement nord-coréen. Quoique très loin derrière la Chine, le pays est le second partenaire commercial de la Corée du Nord, qui importe charbon et pétrole russe et dont environ 10 000 de ses ressortissants sont employés en Russie, principalement dans le secteur minier, l’exploitation forestière et le BTP.

Déconfiture

Le dernier sommet russo-nord-coréen de 2011 avait aussi donné le coup d’envoi de plusieurs projets d’infrastructures conjoints : la construction d’un nouveau pont sur le fleuve frontalier Tumen, la restauration de l’extension de 54 kilomètres de voie ferrée, et même la construction d’un gazoduc qui aurait relié la Russie à la Corée du Sud. Autant de projets importants pour le désenclavement de la Corée du Nord, mais aussi pour le développement de l’Extrême-Orient russe, en pleine déconfiture économique et en voie de dépeuplement accéléré.

Les experts russes se veulent néanmoins prudents sur les retombées économiques potentielles du sommet Kim-Poutine de ce jeudi. «Il n’y a pas de grands résultats à attendre, car il y a très peu de marge de manœuvre, explique Konstantin Asmolov, directeur du Centre des études coréennes de l’Académie russe des sciences. Tous les projets sont verrouillés par le niveau actuel des sanctions.

La Russie réclame justement l’allègement de ces sanctions. «La Russie est le défenseur le plus actif de la normalisation intercoréenne et souhaite sincèrement que le dialogue américano-nord-coréen soit couronné de succès», expliquait en février Alexandre Matsegora, ambassadeur russe en Corée du Nord, cité par RIA Novosti, rappelant les «avantages économiques tangibles» que représenterait pour la Russie un apaisement des tensions dans la péninsule.

Pourparlers à six

Surtout, au-delà de ces enjeux économiques relativement faibles (le volume total des échanges russo-coréens s’élevait à peine à 34 millions de dollars en 2018, en baisse de 56% par rapport à l’année précédente), cette rencontre permet à la Russie de se replacer au centre du jeu sur le dossier nord-coréen. Moscou participait aux pourparlers à six aux côtés des deux Corées, de la Chine, du Japon et des Etats-Unis. Depuis le départ de Pyongyang de ces négociations en 2009, Moscou, marginalisé, a toujours tenté de les faire revivre.

Après l’impasse des discussions directes entre Donald Trump et Kim Jong-un, rencontrer Vladimir Poutine est l’occasion pour Pyongyang de desserrer la double étreinte de la Chine et des Etats-Unis. Pour Moscou, l’occasion est belle de montrer son influence et de s’ériger en un partenaire plus fiable que le rival américain. «Kim Jong-un a été déçu par l’absence de résultats de ses discussions avec Trump à Hanoi, explique Pavel Feldman, directeur de l’institut des études stratégiques de RUDN, cité par la presse russe. C’est une chance pour la Russie de montrer que nous savons mieux négocier, que nous sommes un meilleur garant de la paix et de la dénucléarisation de la péninsule coréenne que les Etats-Unis.»

https://www.liberation.fr/planete/2019/04/25/a-vladivostok-kim-et-poutine-affichent-leur-bonne-entente_1723316

Corée du Nord : Trump annonce les sanctions « les plus lourdes » jusqu'ici

23/02/2018 : Trump annonce les sanctions « les plus lourdes » jusqu'ici. Ces mesures  visent plus de 50 sociétés de transport maritime et navires qui aident Pyongyang « à échapper aux sanctions ». Selon le Trésor américain, ces sanctions visent un individu, 27 entités et 28 navires localisés ou enregistrés en Corée du Nord, en Chine, à Singapour, à Taïwan, à Hong Kong, aux îles Marshall, en Tanzanie, au Panama et aux Comores.

Pour mémo : En 2017, le Conseil de sécurité a imposé trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord :

- le 5 août (fer, charbon, pêche...)

- le 11 septembre (textile, limitation de livraisons de pétrole) et

- le 22 décembre (produits pétroliers raffinés notamment).

D'après: http://www.lepoint.fr/monde/coree-du-nord-trump-annonce-les-plus-lourdes-sanctions-jusqu-ici-23-02-2018-2197483_24.php

«Nous savons comment survivre aux sanctions»

https://www.tdg.ch/monde/Nous-savons-comment-survivre-aux-sanctions/story/11809534

Pyongyang refuse de se laisser démonter et soutient malgré tout qu'il ne pliera pas aux nombreuses sanctions dont la Corée du Nord doit faire face.

A l'extrême nord-est de la Corée du Nord, là où le pays isolé fait frontière commune avec les géants russe et chinois, les sanctions infligées par l'ONU à cause de ses ambitions atomiques produisent leur effet.

Et avec la menace de nouvelles représailles suite au dernier tir par Pyongyang d'un missile balistique intercontinental, les choses ne devraient pas s'arranger dans la Zone économique spéciale (ZES) reculée de Rason.

Rason est l'un des projets de développement phares de Pyongyang, qui cherche à exploiter sa proximité géographique avec la Chine, la Russie et le Pacifique.

Lancée officiellement en 1991, la ZES, première du genre, n'a réellement décollé que ces dernières années. Mais face aux vents contraires, les autorités conservent une attitude de défi.

Les entreprises étrangères de la ZES sont attirées par des facilités de visa et des concessions fiscales ou juridiques. Les sociétés peuvent y créer des filiales à 100% sans être obligées de passer par la co-entreprise. C'est la politique du «byungin» du dirigeant Kim Jong-Un, le «développement simultané» de l'économie et des programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

Mais Pyongyang est sous le coup de huit trains de sanctions de l'ONU. Les exportations de charbon nord-coréen sont interdites - le combustible s'accumule sur les quais de Rason - de même que celles de minerai de fer et de produits de la mer.

Pendant des années, le charbon a rapporté beaucoup à Pyongyang. La Chine, principal allié et partenaire économique du Nord, en a importé 22 millions de tonnes en 2016 pour près d'1,2 milliard de dollars. Elle dit avoir cessé aujourd'hui.

La dernière résolution adoptée en septembre après le sixième essai nucléaire nord-coréen interdit à Pyongyang d'exporter ses textiles et réduit ses approvisionnements en pétrole.

Les gens touchés

«Il y a un impact», juge Han Yue, directeur adjoint de la cimenterie chinoise Rason Songsin Building Materials. «Il y a de nombreuses choses qu'on ne peut plus importer de Chine à cause des sanctions».

La Chine est accusée de longue date de ne pas appliquer les sanctions contre son voisin rétif. Mais pour M. Han, la politique de Pékin a bien ralenti le développement et la construction à Rason.

«Cela touche nos ventes. A cause des sanctions, on n'a réalisé pour l'instant cette année que 70% de notre production de 2016».

Sa société cherche désormais auprès de fournisseurs nord-coréens le calcaire et les matières premières qu'elle faisait venir jusqu'alors de Chine. Les sanctions sur le pétrole et le gaz naturel affectent la vie des gens, dit-il aussi. «On voit moins de voitures sur la route».

Cho Bong-hyun, directeur de l'Institut IBK de recherche économique de Séoul, juge probable que des sanctions de plus en plus dures portent «un gros coup» à la ZES de Rason. «Les projets nord-coréens pour développer ces zones vont être difficiles à mettre en oeuvre».

Plus de 5000 hommes d'affaires étrangers, dont 80% de Chinois, travaillaient à Rason mais certains sont partis, reconnaissent en privé des responsables.

Pai Yuenlong vend des chaussures en Corée du Nord depuis dix ans. «Bien sûr qu'il y a un impact. Les gens n'ont pas d'argent, ils consomment peu. J'ai des stocks énormes, je ne pourrais pas changer d'activité même si je le voulais».

Pyongyang soutient malgré tout qu'il ne pliera pas et travaille dur pour minimiser l'effet des sanctions.

Pour l'instant, environ 500 millions d'euros ont été investis dans la ZES, un tiers par la Corée du Nord, le reste par des investisseurs étrangers, selon Kim Yong-Nam, directeur du bureau de coopération économique du gouvernement local de Rason.

Une «canette écrasée»

«Bien sûr, (les échanges avec la Chine) sont plus pauvres qu'avant. Mais seules les pêcheries ont été touchées» et l'impact «n'est pas si grand».

S'agissant du textile, il souligne que l'interdiction n'entre en vigueur que le 11 décembre et n'a eu pour l'instant aucun effet.

«On peut fabriquer d'autres produits textiles avec nos usines de vêtements alors nous faisons des ajustements à cet effet. Cela pourrait être des choses comme des sacs ou des gants».

D'après la mission américaine auprès des Nations unies, les exportations textiles nord-coréennes représentent près de 800 millions de dollars par an.

La ZES veut développer les activités de transbordement, en important davantage de marchandises chinoises et russes pour les réexpédier à partir du port rénové de Rajin. Le tourisme constitue également un moteur potentiel pour les autorités, malgré des températures hivernales pouvant descendre à moins 30 degrés Celsius, suffisamment basses pour faire geler la mer, de même que les services.

«Les sanctions n'auront que peu d'impact», martèle M. Kim. «J'ai plus de 50 ans et j'entends le mot sanction quasiment depuis que je suis né mais on est toujours en vie et en bonne santé».

«Nous les Coréens, on sait comment survivre aux sanctions», poursuit-il. «Nous sommes loin d'être une canette qu'on écrase. Nous sommes plus comme l'acier qui se renforce quand il est battu». (afp/nxp)

29/08/2017 : Pourquoi les sanctions de l’ONU sont inefficaces contre la Corée du Nord ? (Dorian Malovic)

 

qui a survolé le Japon pour s’abîmer dans le Pacifique : un pas supplémentaire dans l’escalade des tensions autour des ambitions militaires de Pyongyang.

 

BEIJING INTERDIT LA CRÉATION DE NOUVELLE COENTREPRISE IMPLIQUANT PYONGYANG

Août 27, 2017 : Le gouvernement a annoncé l’interdiction aux firmes et ressortissants nord-coréens d’établir de nouvelles entreprises en Chine.
Cette annonce entre dans le cadre des récentes sanctions internationales adoptées par l’ONU contre la Corée du nord, dirigée par Kim Jong-Un.

Ce nouveau durcissement intervient après le tir de trois missiles à courte portée par Pyongyang en mer du Japon, et au moment où se déroulent d’importantes manœuvres des armées américaines et sud-coréennes dans la péninsule.

La semaine dernière, Beijing avait annoncé la suspension de ses importations de fer, plomb et produits de la mer en provenance de Corée du Nord, après l’arrêt mi-février de ses achats de charbon.

Désormais, il sera interdit aux investisseurs ou entrepreneurs nord-coréens d’établir en Chine toute nouvelle société, qu’il s’agisse d’une coentreprise avec un partenaire chinois ou d’une firme à capitaux étrangers, précise la directive du ministère du commerce.

Le texte, dont l’application est immédiate, interdit également toute expansion des coentreprises existantes. De plus, les demandes d’autorisations pour toutes nouvelles demande d’investissements chinois en Corée du nord seront rejetées, ajoute le ministère.

Les entreprises établies par Pyongyang à l’étranger représentent une manne financière importante pour les autorités nord-coréennes. Ces différentes mesures chinoises s’inscrivent dans le cadre des nouvelles sanctions économiques internationales contre Pyongyang, adoptées début août par le Conseil de sécurité des Nations Unies et soutenues par le gouvernement chinois.

Ces sanctions devraient priver le pays d’un milliard de dollars (plus de 890 millions d’euros) de recettes annuelles et freiner le financement de son programme nucléaire et balistique. Or, la Chine reste un allié de Pyongyang, en étant destinataire l’an dernier de plus de 90% des exportations nord-coréennes, à cela s’ajoute un soutien financier vital pour la Corée du nord.

Face à la pression internationale, les autorités chinoises ont réduit leurs importations en provenance de Corée du Nord, qui ont ainsi chuté de 16% sur un an entre janvier et juillet 2017, selon les douanes chinoises.

http://www.chine-magazine.com/beijing-interdit-creation-de-nouvelle-coentreprise-impliquant-pyongyang/

OPINION 

24/08/2017 : POURQUOI LA CORÉE DU NORD EST TOUT SAUF "IMPRÉVISIBLE"

Pas un iota de changement depuis vingt ans.

  • Patrick Maurus Directeur de la revuetangun.com, spécialiste de la Corée du Nord

KCNA KCNA / REUTERS

Une crise chassant l'autre, il est facile d'oublier les innombrables épisodes de tension qui ont émaillé l'histoire de la péninsule coréenne depuis 72 ans. Dont 67 ans de guerre, déclarée ou froide.

La guerre civile de Corée s'est arrêtée en 1953 sur l'armistice de Panmunjom, qui n'a rien réglé et laissé des bombes à retardement, comme l'absence des frontières maritimes. Depuis, les deux moitiés de Corée, qui tendent chaque jour davantage à devenir deux Corées, c'est-à-dire deux pays foncièrement différents, n'ont cessé de se heurter, en fonction des changements politiques au Nord, des changements de gouvernements au Sud et aussi, bien sûr, aux USA.

L'arrivée de Donald Trump a semblé changer la donne, et il est surprenant de voir à quel point elle a été bien accueillie en RPDC. Par rejet absolu de madame Clinton, qui résumait toutes les politiques anti-coréennes, mais aussi pour la petite musique nationaliste jouée par Trump, un jour sur deux.

Il n'aura pas fallu bien longtemps pour que les choses dégénèrent et que la presse nous réserve au kilomètre les "dangers", "provocations", "irrationnel", "imprévisible" qui sont d'usage dès que ce sujet est abordé. Rien de nouveau donc. Ce qu'on a voulu voir de nouveau concerne la cristallisation d'un certain nombre de projets militaires et nucléaires, tous sortis faut-il le croire du cerveau d'un jeune dirigeant qu'on nous dit, donc 'imprévisible'.

Un bref regard sur la RPDC suffit pourtant à comprendre à quel point sa politique étrangère et militaire est "prévisible". Pas un iota de changement depuis vingt ans. De son point de vue (et toute analyse se doit de commencer par comprendre le point de vue de "l'autre"), elle est en guerre depuis plus d'un demi-siècle avec la plus grande puissance mondiale, elle n'a rien à attendre de ses alliés, et surtout, notre XXIème siècle débutant est déjà fait de multiples interventions américaines 'dans les affaires intérieures' d'autres pays. Le cas de l'Irak a laissé de profondes traces dans de nombreux pays, avec le sentiment que les USA pouvaient fabriquer n'importe quelle excuse pour agresser et détruire. Dans des pays aussi nationalistes, parfois jusqu'à l'extravagance, que la République populaire de Chine ou la République populaire de Corée (RPDC), cet argument porte. Si l'on veut bien tenir compte de contingences et de représentations locales, comme l'absence symbolique de troupes étrangères sur le sol nord-coréen, on aura une petite idée du caractère consensuel de la remarque.

En tout état de cause, et c'est ce que les promoteurs des sanctions économiques (de plus en plus contournées, un simple visite à la frontière le montre) n'ont pas compris, la question n'est pas négociable en RPDC. Nucléaire = indépendance nationale = légitimité du régime. En discuter même serait déjà reculer. Sanctions de l'ONU et conditions préalables n'ont jamais fonctionné et ne fonctionneront jamais. Ce qui n'absout pas la RPDC de sa part de responsabilité dans la montée de la tension.

Pour se rassurer, on peut aussi se souvenir des crises précédentes. On a par exemple oublié la tension provoquée par l'arraisonnement du vaisseau espion américain Pueblo en pleine guerre du Vietnam. On s'en souvient à Pyongyang, où il se visite encore, pour la plus grande joie des enfants. Il est facile de retrouver les articles de l'époque évoquant déjà les risques d'une nouvelle guerre mondiale. De mémoire, elle n'a pas eu lieu.

En prenant un peu de recul, la crise actuelle révèle une fois de plus une profonde méconnaissance de la RPDC, qui ne semble pas digne d'être étudiée. Tout cela cache l'essentiel, le début d'un réel boom économique, que peut aisément constater n'importe quel visiteur. Sauf à croire que couvrir la capitale (mais cela commence aussi en province) de gratte-ciels, de parcs d'attraction et de lieux culturels relève de la propagande pure, la RPDC depuis qu'elle s'est sortie de sa crise énergétique a réussi à relancer son économie. Cela seul fait d'elle un cas particulier, surtout sous embargo. En attendant, le won local en change libre ne cesse de monter par rapport à l'euro, devise officielle.

En première ligne des réformes efficaces, on trouve l'autonomie des structures économiques qui sont autorisées à choisir leurs productions et à opter pour un mode de gestion particulier. L'exemple le plus spectaculaire se trouve dans les fermes coopératives, qui ont perdu la dimension pléthorique des communes populaires (sauf pour les grands travaux), et qui travaillent désormais au rendement et par équipes.

Politiquement, les changements fondamentaux datent du dernier congrès d'un parti quasi effacé par la famine: la transformation de ce parti en 'parti du leader' et la transformation totale de la structure du pouvoir en trois entités, armée (qui est retournée dans ses baraques), gouvernement, parti, sous la direction unique de Kim Jong Eun. La réalité politique a placé le centre de décision dans le conseil des ministres, au sein duquel les techniciens occupent une place sans cesse accrue.

Un des arguments les plus utilisés contre la RPDC et sa bombe est le fait qu'elle pourrait se lancer dans une tentative apocalyptique. C'est probablement la meilleure nouvelle de ces dernières années: aujourd'hui la RPDC et ses dirigeants auraient - économiquement - trop à perdre à un tel scénario.

http://www.huffingtonpost.fr/patrick-maurus/pourquoi-la-coree-du-nord-est-tout-sauf-imprevisible_a_23159886/

http://www.planet.fr/videos-a-la-une-coree-du-nord-le-double-jeu-chinois.1387577.12214.html

Corée du Nord : le double-jeu chinois

La Chine joue-t-elle un double-jeu dans ses relations avec la Corée du Nord ? Les échanges commerciaux entre les deux pays ont en effet progressé de 10% depuis l'an dernier. Une évolution étonnante, alors que Pékin avait promis aux Nations unies d'appliquer les sanctions en vigueur contre son voisin nord-coréen.

Mais la Chine se défend de tout manquement aux règles édictées par l'ONU : " Je veux rappeler que la Chine a toujours appliqué pleinement, strictement, et avec soin les résolutions du Conseil de Sécurité. Mais toutes les parties doivent savoir que ces résolutions ne sont pas des sanctions économiques globales. Pour la Chine, maintenir des relations économiques normales avec la Corée du Nord ne violent en rien les résolutions ", a déclaré le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères chinois.

Si la Chine a décidé de suspendre ses importations de charbons nord-coréens, ses exportations en revanche ont augmenté de 30% en un an : textiles, et autres marchandises non-concernées par les restrictions de l'ONU. Au risque de froisser les États-Unis et son président, pour qui la Chine, joue la carte de l'hypocrisie...

13/07/2017 : Chine: le commerce avec la Corée du Nord progresse au 1er semestre

http://www.lepoint.fr/economie/chine-le-commerce-avec-la-coree-du-nord-progresse-au-1er-semestre-13-07-2017-2142805_28.php

La Chine a assuré jeudi qu'elle appliquait les sanctions internationales contre la Corée du Nord, malgré de nouveaux chiffres révélant une hausse de 10,5 % de ses échanges avec le régime de Kim Jong-Un au premier semestre.

Alors que le président américain Donald Trump a accusé Pékin de renforcer son commerce avec Pyongyang, les exportations chinoises en direction de son voisin, calculées en dollars, ont augmenté de 29,1 %, tandis que les importations reculaient de 13,2 % sur un an, a annoncé le porte-parole de l'administration des douanes lors d'un point de presse.

Le porte-parole, Huang Songping, a toutefois souligné que les importations avaient fortement diminué ces derniers mois après avoir augmenté au premier trimestre.

La Chine observe en effet depuis le 18 février une suspension de ses importations de charbon de Corée du Nord, conformément aux sanctions prises par l'ONU pour contrer le programme nucléaire nord-coréen.

Les importations chinoises totales de Corée du Nord ont baissé de 41,6 % en avril, de 31,6 % en mai et de 28,9 % en juin, a déclaré M. Huang.

Les chiffres globaux du premier semestre "ne peuvent pas être utilisés comme preuve pour mettre en cause l'application résolue par la Chine des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il lancé.

Ces sanctions "ne constituent pas une interdiction totale des échanges. Le commerce lié à la vie quotidienne des habitants de la Corée du Nord, particulièrement les biens qui relèvent de l'humanitaire, ne doit pas être touché par les sanctions", a-t-il dit.

En ce qui concerne les importations chinoises de charbon nord-coréen, une source de revenus considérable pour Pyongyang, elles ont plongé de 74,5 % sur un an au premier semestre, a souligné le porte-parole. La Chine est de très loin le premier partenaire commercial de Pyongyang.

Dans un tweet début juillet, Donald Trump avait accusé Pékin de saper les efforts des Etats-Unis en renforçant ses échanges avec Pyongyang.

"Le commerce entre la Chine et la Corée du Nord a augmenté d'au moins 40 % au premier trimestre. Et après on dit que la Chine travaille avec nous. Mais on se devait d'essayer !", avait alors écrit le président américain.

Les chiffres publiés précédemment par Pékin pour le premier trimestre révélaient une hausse de 37,4 % du commerce bilatéral avec la Corée du Nord calculé en yuans, et de 30,6 % en dollars.

Les Etats-Unis veulent accentuer leur pression sur la Chine afin qu'elle mette en place des sanctions supplémentaires contre la Corée du Nord en réponse à la poursuite de son programme nucléaire, a indiqué dimanche l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley.

"Nous allons mettre la pression, pas seulement sur la Corée du Nord, (mais aussi) sur les pays qui ne respectent pas les résolutions (des Nations unies) et n'appliquent pas les sanctions contre la Corée du Nord", a-t-elle affirmé lors d'un entretien sur la chaîne CBS.

Parmi eux, la Chine, "parce que 90 % des échanges nord-coréens se font avec la Chine et, même s'ils ont collaboré, ils doivent faire davantage", a-t-elle déclaré.

Les autorités chinoises "ont agi sur ce que nous leur avons demandé", a reconnu Nikki Haley, notamment en suspendant les importations de charbon nord-coréen, mais "aujourd'hui, nous devons dire: +Ce n'est clairement pas suffisant+."

Les Etats-Unis ont coup sur coup sanctionné ces dernières semaines une banque chinoise accusée de blanchir de l'argent nord-coréen et autorisé une vente d'armes à Taïwan, une île de facto indépendante mais considérée par la Chine comme une de ses provinces.

En réponse, le président chinois Xi Jinping a reproché à son homologue américain l'apparition de "facteurs négatifs" assombrissant les relations entre les deux pays.

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